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Roger Planchon : "C'est souvent évidemment le comédien qui porte le théâtre"

Charles Dullin dans "Mamouret" de Jean Sarment - 1941
Charles Dullin dans "Mamouret" de Jean Sarment - 1941
© Sipa - Lido

1989. Dans ce troisième entretien de la série "A voix nue" enregistrée en 1989, le metteur en scène Roger Planchon insiste sur le côté éphémère du théâtre et sur son aspect singulier, incarné. Il rend ensuite hommage à des grands noms du milieu théâtral comme Louis Jouvet ou Charles Dullin.

Troisième volet de la série "A voix nue" de 1989 avec le metteur en scène Roger Planchon qui affirme avec autorité : "Je suis d'avis personnellement que les spectacles, meurent, meurent vraiment"_. _Il est fasciné par cet aspect du théâtre, par ces "rencontres éphémères" que sont les pièces.

Le grand metteur en scène rend hommage au travail des comédiens lorsque pour les plus grands "la respiration de l'acteur rejoint la respiration du poète". Il se dit toujours autant transporté par ce mystère qu'apporte le théâtre à travers le corps particulier de l'acteur : "_Une des raisons qui fait que j'ai aimé le théâtre c'est justement que ça n'a rien d'abstrait, c'est complètement singulier."  _Quant au cinéma, si "ça pousse dans la même terre que le théâtre", il ne pense pas que l'on puisse comparer les deux formes de récits.

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Au cours de l'entretien, Roger Planchon évoque deux grands noms du théâtre. Il se souvient avoir vu la pièce Knock avec Louis Jouvet :"Je dois dire, ça m'a fait gerber, je n'aimais pas ça du tout."  Par contre il a été enchanté par son jeu dans L'Ecole des femmes, c'est un acteur auquel il doit beaucoup dans sa façon de monter les classiques. Puis il évoque la gorge nouée le dernier spectacle de Charles Dullin avant son départ pour l'hôpital : "Rarement un acteur m'a donné le sentiment de vérité que donnait Dullin sur un texte."

Roger Planchon "A voix nue" 3/10 le 04/10/1989

27 min

Pour moi le théâtre est une chose tout à fait éphémère, et j'aime moi personnellement le théâtre pour cette raison, c'est-à-dire que c'est une chose qui meure. Le théâtre meurt, enfin il a l'élégance de mourir avant ce qu'ils le font, c'est fini, c'est comme une espèce de moineau qui se met sur un fil de téléphone et puis qui chante un petit peu et qui s'en va et s’est terminé, c'était ça le spectacle, c'était ça le théâtre. C'est pas plus.

  • "A voix nue" avec Roger Planchon 3/10
  • Première diffusion le 04/10/1989
  • Producteur : Jean Mambrino
  • Réalisation : Anne Kobilak
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA - Radio France