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Roger Planchon : "Si on met une histoire d’amour sur scène, il faut que ça ressemble à nos histoires d'amour"

Scène de "La Surprise de l'amour" de Marivaux jouée en plein air (ca. 1820)
Scène de "La Surprise de l'amour" de Marivaux jouée en plein air (ca. 1820)
© Getty - DEA/G.Dagli Orti

1989. Sixième épisode de la série "A voix nue" consacrée à Roger Planchon en 1989 dans lequel le metteur en scène évoque le plaisir qu'il a eu à monter l'auteur irlandais John Synge, Marivaux ou encore Racine pour "Bérénice". Il apprécie la vérité des personnages qui se dégage de ces pièces.

Au cours de ce sixième entretien de la série "A voix nue" de 1989 avec Roger Planchon, le metteur en scène évoque le dramaturge irlandais John M. Synge dont le théâtre "sent la terre, il sent les choux, il sent quelque chose qui n'appartient pas à la bourgeoisie". C'est pourquoi son oeuvre lui parle tout particulièrement, lui l'enfant de paysans ardéchois.

Interrogé sur sa façon de monter les pièces de Marivaux, Roger Planchon explique pourquoi il a voulu s'écarter des chemins battus, ce qui lui a valu d'ailleurs des critiques acerbes : "Pour monter un classique, et j'ai toujours obéi à cette règle, la vérité n'est pas dans la tradition où on a joué le classique mais elle est dans la vie."S'il loue la bonté du regard de cet auteur pour ses personnages, il en apprécie aussi comme chez d'autres grands dramaturges une certaine cruauté nette : "Ce qui fait la valeur des pièces de Marivaux c'est qu'évidemment ce ne sont pas des mièvreries." Roger Planchon insiste ainsi sur la différence entre une tragédie et un mélodrame. Par la suite, il décrypte les mécanismes invraisemblables de manipulation à l'ouvrage dans Bérénice de Racine : "J'ai toujours été préoccupé dans ma vie par les manipulateurs."

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Roger Planchon "A voix nue" 6/10 le 09/10/1989

28 min

Moi je n'ai rien contre les femmes de chambre, ma mère l'a été donc je ne vois pas pourquoi je ferai rigoler avec une femme de chambre, en plus comme elle était très maligne j'ai plutôt tendance quand je mets une femme de chambre sur scène à me dire "Faut mettre une maligne là parce que sinon ma mère va me tirer les oreilles!" Donc les personnages secondaires n'ont jamais été ridicules dans mes spectacles, je l'ai toujours évité, et pour cause, je me sens fraternel avec eux.

  • "A voix nue" avec Roger Planchon 6/10
  • Première diffusion le 09/10/1989
  • Producteur : Jean Mambrino
  • Réalisation : Anne Kobilak
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA - Radio France