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Rome veut attirer le tourisme de luxe

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Via Condotti, la rue des boutiques de luxe à Rome qui donne sur la place d’Espagne et l’église française de la Trinité-des-Monts
Via Condotti, la rue des boutiques de luxe à Rome qui donne sur la place d’Espagne et l’église française de la Trinité-des-Monts
© Radio France - Bruce de Galzain

Depuis la fin des restrictions liées au Covid, les touristes sont revenus en masse à Rome au point que certains hôtels sont complets jusqu’en 2023. Mais un autre genre de tourisme est en pleine renaissance aujourd’hui : des palaces de luxe fleurissent un peu partout en ville.

Dans le centre historique de la cité romaine les travaux sont légion. Entre la place d’Espagne et la place du peuple Bulgari va bientôt inaugurer son palace : 18 000 m2, 114 chambres la plupart des suites, un SPA ou plutôt des thermes romains de 1 000 m2 les plus grands du centre historique. Et l’on parle déjà dans tout Rome du palace le plus luxueux de la ville, Vincenzo Falcone en est le directeur général.

"Avant tout il sera magnifique ! Le bâtiment a une valeur historique, construit entre 1936 et 1938 de style rationaliste, il donne sur deux des monuments les plus importants de Rome l’Ara Pacis édifié par l’empereur Auguste le premier empereur de la Rome antique et son mausolée que la ville vient de restaurer. Nous avons l’ambition d’ouvrir le temple de l’hospitalité de Bulgari dans la ville où tout est né ! Nous croyons fortement dans la renaissance et le repositionnement de Rome. Ce n’est pas seulement un projet hôtelier : nous allons contribuer à élever le niveau du tourisme ici à Rome."

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Vincenzo Falcone le directeur général de l’hôtel Bulgari encore en travaux
Vincenzo Falcone le directeur général de l’hôtel Bulgari encore en travaux
© Radio France - Bruce de Galzain
Projection de l’hôtel Bulgari le soir lorsque les travaux de rénovation seront terminés d'ici mai 2023.
Projection de l’hôtel Bulgari le soir lorsque les travaux de rénovation seront terminés d'ici mai 2023.
- Bulgari

A moins de 200 mètres deux autres palaces cinq étoiles sont encore en travaux. C’est le revers de la médaille des forts investissements à Rome, plus de la moitié des chantiers qui ont débuté il y a 10 ans ne sont pas encore terminés. Mais en 10 ans, les prix de l’immobilier ont augmenté de 13% à Rome alors qu’ils ont baissé de près de 16% en Italie selon le cabinet d’étude Scenari Immobiliari. Pour les hôtels de luxe, les prix ont même augmenté de 20%.

Les investisseurs sont de retour à Rome

En place depuis à peine un an, la nouvelle administration à la mairie de Rome est confiante. Le centre-gauche avec Roberto Gualtieri du Parti démocrate a remporté les élections et depuis cherche à rassurer les investisseurs. Alessandro Onorato est en charge du tourisme, des grands événements, de la mode et du sport à la mairie de Rome, il veut attirer tous les touristes et notamment les plus riches. Chiffres à l’appui, il estime que désormais les investisseurs font confiance à son administration.

"Aujourd’hui, nous avons seulement un tiers des capacités de Milan en hôtel cinq étoiles luxe, dans trois ans nous aurons 30% de lits de plus que Milan et dans cinq ans le double des lits cinq étoiles luxe de Milan ! Les investisseurs ont compris que désormais nous sommes une garantie pour leurs investissements et que nous voulons une ville plus moderne. Nous ne pouvons plus compter uniquement sur l’extraordinaire patrimoine archéologique et monumental que nous avons."

Alessandro Onorato sur la fenêtre de son bureau dans la tour du Capitole, la mairie de Rome qui donne sur le Forum romain
Alessandro Onorato sur la fenêtre de son bureau dans la tour du Capitole, la mairie de Rome qui donne sur le Forum romain
© Radio France - Bruce de Galzain
Il faut monter quelques marches avant d’arriver au Capitole, la mairie de Rome, et apercevoir sa tour
Il faut monter quelques marches avant d’arriver au Capitole, la mairie de Rome, et apercevoir sa tour
© Radio France - Bruce de Galzain

Pas moins de 15 palaces seront construits ou rénovés ces trois prochaines années. Celui qui voit aussi venir les touristes argentés c’est le patron historique de l’association Via Condotti, la rue des boutiques de luxe qui rejoint la place d’Espagne. Selon Gianni Battistoni, la clientèle américaine est présente depuis les années 70 grâce aux films qu’Hollywood a produit en Italie. Mais aujourd’hui la clientèle évolue.

"Hier, je suis allé prendre l’apéritif et à côté de moi il y avait Jeff Bezos et toute sa famille : Rome est devenu le lieu où il faut venir, transiter ou rester. Et les nouveaux palaces ont bien compris cela, ils proposent de longs séjours surtout pour les arabes saoudiens, qataris qui ne se satisfont plus de la suite d’autrefois dans les hôtels mais souhaitent de grandes superficies. Les palaces s’organisent donc pour accueillir ce nouveau tourisme de luxe : ils créent des villas à l’intérieur même de l’hôtel !"

Gianni Battistoni, président historique de l’Association Via Condotti devant son magasin homonyme
Gianni Battistoni, président historique de l’Association Via Condotti devant son magasin homonyme
© Radio France - Bruce de Galzain

Rome regorge de lieux secrets et cachés

Direction la bibliothèque Angelica à deux pas de la place Navone. C’est par un ascenseur en verre transparent que nous accédons au salon monumental de la plus ancienne bibliothèque ouverte au public. Marco Corcia nous y accueille : "Cette bibliothèque est née en 1604 et a été ouverte au public, à tous les publics, riches et pauvre, hommes et femmes." Cette bibliothèque c’est un trésor caché que la société romaine If Expérience propose à des clients privilégiés, des visites privées dans des lieux uniques. Depuis qu’il a créé sa société en 2006, Filippo Cosmelli voit Rome évoluer et s’attend à de réels changements.

"Rome est encore aujourd’hui une capitale où l’on vient une fois seulement contrairement à Paris ou Londres. On vient découvrir Rome parce que cela se fait mais on ne n’y revient pas pour un week-end ou pour voir une exposition. Cela va changer grâce à toutes les nouvelles structures et Rome pourrait devenir comme Londres ou Paris, une ville dans laquelle on vient une fois par an."

Un ascenseur en verre transparent nous amène dans le salon monumental de la bibliothèque Angelica la plus ancienne ouverte au public à Rome
Un ascenseur en verre transparent nous amène dans le salon monumental de la bibliothèque Angelica la plus ancienne ouverte au public à Rome
© Radio France - Bruce de Galzain
La bibliothèque possède plus de 200.000 volumes dont 100.000 datant du XVème au XVIIIème siècle
La bibliothèque possède plus de 200.000 volumes dont 100.000 datant du XVème au XVIIIème siècle
© Radio France - Bruce de Galzain

La mairie de Rome veut elle aussi diversifier l’accueil touristique et augmenter les expériences autres que la visite du Colisée, du Panthéon ou de la chapelle Sixtine.