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Rwanda, Algérie, services secrets et Vernon Subutex : la Session de rattrapage

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La Session de rattrapage
La Session de rattrapage

Sélection. Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à réécouter.

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Bonjour à toutes et à tous,

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25 ans après le génocide des Tutsi au Rwanda, la responsabilité de la France dans ces massacres de masse continue de poser question. Le Président de la République a ainsi annoncé vendredi la constitution d’une commission d'historiens qui aura pour mission d'étudier les archives relatives au rôle joué par la France dans ces exactions. Une décision qui prête d'ores et déjà à polémique du fait de l'absence de certains historiens spécialistes du Rwanda. Cinq ans après les faits, déjà, une série de documentaires, rediffusés cette semaine sur notre antenne, tentait d'apporter des réponses : où se trouvent les racines du mal ? Comment devient-on un assassin ? Comment vivre après ? Et comment, surtout, pardonner ? A partir du 7 avril, le Rwanda va observer 100 jours de deuil national en commémoration du million de victimes de ce génocide. Un quart de siècle après le traumatisme, le Rwanda s'affiche néanmoins comme l'un des pays les plus développés de la région, grâce à une modernisation à marche forcée, orchestrée par son président Paul Kagame, et dont la capitale, Kigali, se veut le modèle. Mais à quel prix pour les citoyens ? Bonnes écoutes. Pierre Ropert

COMPRENDRE

Une étudiante algérienne manifeste, 02/04/2019.
Une étudiante algérienne manifeste, 02/04/2019.
© AFP - RYAD KRAMDI

Le jour d'après Bouteflika. Après six semaines de protestation, de nombreux Algériens souhaitent maintenir la pression sur le régime et refusent la transition prévue par la Constitution qui maintient les mêmes acteurs aux commandes. L’Algérie pourra-t-elle se trouver une alternative politique à Bouteflika ? (L'Invité des Matins, 41 min)

Brexit : le prix de l'incertitude. Après le rejet par les parlementaires britanniques des alternatives à l’accord de Brexit conclu par Theresa May avec Bruxelles, un “no deal” est de plus en plus plausible. Quelles sont les prévisions pour l'économie britannique, si aucun accord n'est trouvé ? Les entreprises sont-elles prêtes ? (Entendez-vous l'éco ?, 59 min) 

Bac+10 pour Parcoursup. La fin de la procédure approche pour les candidats inscrits sur Parcoursup. La nouvelle plateforme d’orientation mise en place l’an passé n’a pas subi de bug majeur, mais elle s’est illustrée par sa complexité et a généré de l’anxiété. Les élèves les mieux accompagnés sont-ils les plus favorisés ? (Du Grain à Moudre, 39 min)

APPRENDRE

Un homme cachant son visage avec son chapeau à NY.
Un homme cachant son visage avec son chapeau à NY.
© Getty - Maciej Toporowicz, NYC

Au secret. "La crainte et la peur de l'enlèvement sont permanentes [...]car nous ne travaillons pas officiellement pour l’État Français. Il ne pourra pas nous échanger comme un otage ou un prisonnier de guerre." Au-delà des romans d'espionnage et du mythe de James Bond, quel est le quotidien d'un agent du service action de la DGSE ? Un ancien agent livre son témoignage. (Matière à penser, 44 min)

Le cas Violette Morris. Poids, boxe, foot… aucun sport ne résistait à Violette Morris, athlète hors norme, qui aimait les femmes et se fit couper les seins pour être à l’aise au volant. Abattue en avril 1944, cette femme à la personnalité atypique fut championne sportive avant de devenir collabo. (Une histoire particulière, 2 x 29 min)

De la notion de cause. Comme l’alpinisme, la causalité est une affaire de vertige surmonté. Car invoquer la causalité, c’est ipso facto convoquer l’infini, à cause de la régression interminable qu’elle implique : si tout a une cause, alors toute cause a une cause qui a elle-même une cause, etc, etc, etc… (La Conversation scientifique, 59 min)

(RE)DÉCOUVRIR

Des exemplaires du premier tome de "Vernon Subutex", à Paris le 26 janvier 2015.
Des exemplaires du premier tome de "Vernon Subutex", à Paris le 26 janvier 2015.
© AFP - JACQUES DEMARTHON

Despentes en série. Le sulfureux héros du best-seller de Virginie Despentes est adapté en série. Incarné par Romain Duris et plus policé que dans le roman, l’ex-disquaire nous entraîne dans sa vie mouvementée, peuplée d’une galerie de personnages aussi captivants que névrosés. (La Grande Table Culture, 28 min)

Assassiné mais toujours vivant. "Je savais que l’on pouvait porter atteinte à ma vie à tout moment. J’en ai pris conscience pour la première fois au moment du boycott de Montgomery." Le 4 avril 1968, Martin Luther King sort un instant sur le balcon de la chambre qu’il occupe au Lorraine Motel de Memphis. Un coup de feu retentit, il s’écroule. Une fiction en cinq épisodes pour découvrir cette figure de la lutte contre le racisme et la ségrégation. (Fictions / Le Feuilleton, 5 x 24 min)

L’Holocauste comme culture. L'écrivain juif hongrois Imre Kertész a transformé son témoignage de la déportation en fiction, car selon lui le vocabulaire ne peut rendre compte de la folie qu'il y a connue. Plongée dans une oeuvre clairvoyante et pessimiste, qui lui a valu le Prix Nobel de littérature en 2002. (Une Vie, une oeuvre, 59 min)

LA CITATION 

Cette semaine la citation est de l'écrivain et journaliste italien Roberto Saviano, poursuivi par la Mafia en Italie et qui vit sous protection policière : 

La force des intellectuels est devenue très fragile aujourd’hui : on vend moins de livres, il y a la crise des journaux et la vitesse, la rapidité des nouvelles aujourd’hui… Normalement, le travail de l’intellectuel est de ralentir… il s’agit d’approfondir. Avec la vitesse, l’immédiateté, la perception de l’intellectuel en Italie est celle d’un manipulateur. Le livre est perçu comme un objet à risque, comme un objet qui peut manipuler celui qui le lit.

C'est ici que se termine cette Session de rattrapage. On vous laisse avec de quoi agiter vos neurones : la légende raconte que nous n'utiliserions que 10 % de notre cerveau. Alors peut-on devenir polyglotte ou télépathe en poussant notre matière grise dans ses derniers retranchements ? Absolument pas. Mais à France Culture, faute de modestie, on ne doutait pas une seconde du fait que les auditeurs de la chaîne utilisaient d'ores et déjà 100 % de leur cerveau ! A la semaine prochaine.