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Santé connectée : comment protéger les données ?

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Une brosse à dents connectée à votre smartphone
Une brosse à dents connectée à votre smartphone
© Reuters

La pratique de la médecine intègre de plus en plus internet. Et c'est le monde médical et les patients qui doivent s’adapter. Mais la protection de nos données de santé est-elle vraiment assurée ? Pour la première fois, des parlementaires étaient invités à en débattre ce mardi 29 mars, à Paris.

Une application qui fait office de stéthoscope, une autre qui vous permet d’analyser vous-même votre urine, un soutien-gorge capable de détecter la récidive du cancer du sein, une lentille qui mesure le taux de glucose dans les larmes... Tous les jours ou presque, de nouvelles applications voient le jour. Toutes ont le même credo : elles vous promettent d’anticiper une maladie, voire de vous guérir. La santé numérique est promise à un bel avenir en France, à tel point que c’est tout le parcours de soins qui va devoir être repensé. Qui fait quoi ? Qui a le droit de faire quoi ?  Ce mardi 29 mars, les acteurs de la filière se sont réunis à la Maison de la Chimie, dans le 7ème arrondissement de Paris. Autour de la table, des dirigeants de start-ups, des juristes, mais aussi des parlementaires engagés sur les questions de numérique et de santé. Tous ont bien compris que le marché qui se présente est énorme.

En plus des start-ups, la plupart des géants du numérique s’y mettent. Comme Phillips, pourtant plus connu pour ses produits d’électroménager. La marque s’est alliée à Google pour imaginer la « Google Glass IntelliVue ». Le principe : les données du patient sont directement transférées sur l’écran de la lunette que porte le chirurgien. Ce dernier a alors les mains libres pour continuer son intervention. Il ne s’agit pour l’instant que d’un concept.

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Regardez les images de la « Google Glass IntelliVue »

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Benjamin Pitrat, psychiatre, addictologue et fondateur de la start-up « Ad Scientam » parle de « révolution en marche. » Selon lui :

« Le patient pourra bientôt faire des électroencéphalogrammes ou des bilans sanguins à domicile, avec des périphériques, en se connectant avec son smartphone. »

Benjamin Pitrat, psychiatre et fondateur de la start-up "Ad Scientam"
Benjamin Pitrat, psychiatre et fondateur de la start-up "Ad Scientam"
© Radio France - Raphaël Godet

Les données de santé attirent les hackers

Mais pour être pleinement utilisables par les médecins, les données enregistrées doivent impérativement être partagées. Sauf qu’il s’agit là de données souvent sensibles. Qui y aura accès ? Qui pourra les utiliser ? Comment garantir la confidentialité ? Laure de La Raudière, député Les Républicains d'Eure-et-Loir, et très engagée sur les questions du numérique, met les pieds dans le plat : « La première chose que je demande, c’est que ces données soient traçables, elles doivent être hébergées sur le sol français. Aujourd’hui, quand vous avez vos données personnelles dans le Cloud, vous ne savez pas où elles sont hébergées. »

Laure de La Raudière, député Les Républicains

2 min

Salia Raimoura, juriste
Salia Raimoura, juriste
© Radio France - Raphaël Godet

Ces données représentent un potentiel non-négligeable pour les industriels. Il y a donc un risque qu’elles soient détournées, volées, hackées, ou utilisées à des fins commerciales. Salhia Rhaimoura, juriste chez CMS Bureau Francis Lefèbvre, garantit que le patient aura son mot à dire. C’est lui qui choisira s’il accepte ou non que ses données soient utilisées par ailleurs. « Si vous avez un patient qui est atteint du VIH, il est important de protéger ses données pour, par exemple, qu’elles ne soient pas divulguées à son employeur. »

Salhia Rhaimoura - juriste chez CMS Bureau Francis Lefèbvre

3 min

A ce jour, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) estime que la sécurité n'est pas encore suffisante. Aux États-Unis, des compagnies d'assurances ont déjà été victimes des hackers, et des millions de données privées se sont ainsi envolées dans la nature : noms, dates de naissance, numéros de sécurité sociale, adresses physiques ou électroniques. » Autant de renseignements précieux qui pourraient être utilisés dans le cadre d’un chantage, d’espionnage, et donc être monétisés.

Retrouvez notre dossier sur la santé connectée