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Sarkozy, Hollande et Macron face à la guerre en Syrie

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Bachar el-Assad à son arrivée à l'Elysée en juillet 2008, en vue d'une rencontre avec Nicolas Sarkozy
Bachar el-Assad à son arrivée à l'Elysée en juillet 2008, en vue d'une rencontre avec Nicolas Sarkozy
© AFP - GERARD CERLES

La Syrie entre ce jeudi dans sa huitième année de guerre. Au delà des belligérants syriens, au moins quatre autres pays sont entrés directement dans ce conflit. La France oscille depuis le début entre possible intervention de ses forces militaires et encouragements aux pourparlers.

La guerre en Syrie entre ce jeudi dans sa huitième année. Le conflit a fait plus de 350 000 morts et provoqué la fuite de plusieurs millions de réfugiés. La posture de la France face à ce conflit n'a pas vraiment évolué, malgré trois chefs de l'exécutif très différents à la tête du pays. De Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron, passage en revue de la politique syrienne de la France.

Tous d'accord : Bachar el-Assad principal responsable

Sur un point au moins, les trois présidents français qui se sont succédés à la tête de l'Etat depuis le début de la crise n'ont guère varié : ils désignent tous Bachar el-Assad comme le principal responsable du conflit. En mars 2012, après un an de guerre, Nicolas Sarkozy encore président pour quelques mois, l'affirme clairement. Celui qui avait reçu le dirigeant syrien à l'Elysée en 2008 réagit alors à la mort de deux journalistes en Syrie : Mary Colvin et Rémi Ochlik, photographe français de 28 ans :

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Cela montre que maintenant ça suffit ! Ce régime doit partir.

Au printemps de la même année, c'est François Hollande qui prend le relais. Le nouveau président socialiste n'hésite pas à envisager une opération militaire pour arrêter le conflit. C'est ce qu'il explique lors d'un entretien sur France 2 le 29 mai :

Une intervention armée (en Syrie) n'est pas exclue à condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international, c'est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité.

Et à l'été 2013, il n'est plus question d'obtenir un un aval onusien pour passer à l'action. Après le bombardement de la Ghouta à l'arme chimique, la ligne rouge à été franchie. Devant la conférence des ambassadeurs, François Hollande parle d'aller "punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents".

Des menaces d'intervention militaire contre le régime, mais jamais abouties

Il n'y aura pas d'intervention militaire en 2013, ni française ni occidentale. D'autant que Barack Obama fera volte-face au dernier moment vis-à-vis de François Hollande. Il faudra attendre fin 2015 pour que la France lance ses avions en Syrie, mais uniquement sur les djihadistes de l'Etat islamique. Quant à une résolution politique du conflit, pour la France de François Hollande, elle passe nécessairement par le départ de Bachar el-Assad. Le président français le répète à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre 2015.

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Un an plus tard, au même endroit, François Hollande lance un appel à la communauté internationale, avec la même expression que son prédécesseur :

Je n'ai qu'un seul mot à dire : ça suffit ! 

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Les diverses négociations ne donneront rien et Bachar el-Assad est toujours en place. En janvier 2017, François Hollande répète que "Assad ne peut être la solution du problème dont il est la cause".

A son arrivée à l'Elysée, Emmanuel Macron réitère lui presque immédiatement des menaces d'interventions punitives contre le président syrien, si celui-ci continue d'utiliser des armes chimiques. Le nouveau président français s'exprimait aux côtés de Vladimir Poutine à la fin mai de l'année dernière, reprenant l'idée de la ligne rouge à son compte :

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Reste que depuis, aucune attaque chimique du régime n'a donné lieu à la moindre représaille française. Quant à Bachar el-Assad - et c'est la seule réelle évolution - Emmanuel Macron ne tient plus son départ pour un préalable à toute solution politique. Le président français le précisait en septembre, lors d'une conférence de presse aux Nations unies.

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Bachar el-Assad est un criminel, il devra être jugé et répondre de ses crimes devant la justice internationale. Mais je n'ai pas fait de sa destitution un préalable, par pragmatisme. Il revient au peuple syrien de choisir librement le dirigeant à venir.

N'empêche, préalable ou pas, l'heure n'est toujours pas aujourd'hui à la négociation, avec qui que ce soit. Bachar el-Assad semble vouloir terminer cette guerre en la gagnant, avec l'aide de la Russie, en défaisant l'un après l'autre tous ses adversaires.