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Savoir-faire et savoir-être du traducteur

Par
Fayza EL QASEM au CCIC, août 2020
Fayza EL QASEM au CCIC, août 2020
- CCIC Cerisy

À l'heure des bouleversements technologiques, faut-il repenser la formation ?

Cette communication a été enregistrée  dans le cadre du colloque intitulé La traduction dans une société interculturelle  qui s’est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 31 juillet  au 27 août 2020, sous la direction Niall BOND, Philiep BOSSIER et Dinah  LOUDA.

Une des questions majeures de nos sociétés contemporaines est le  maintien de la diversité linguistique. Or, à l'opposé des poncifs qui la  font passer pour chère, lente, voire superflue, de nombreuses raisons  conduisent à penser que la traduction constitue, pour le futur, un  formidable atout quant à la préservation du trésor de la culture  humaine. Loin d'être une banalité, la traduction est à la fois  omniprésente et indispensable, mais elle est souvent "invisible". Il  s'agissait donc de réaffirmer cette faculté inouïe de l'homme pour en  réhabiliter, dans un univers désormais hautement numérisé et mondialisé,  le caractère interculturel de tout premier ordre...

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Savoir-faire et savoir-être du traducteur à l'heure des bouleversements technologiques : faut-il repenser la formation ? ( Fayza EL QASEM)

41 min

Dans les écoles et instituts de formation à la traduction ou à  l'interprétation professionnelles, les cours sont assurés par des  interprètes ou des traducteurs, si possible en exercice, qui  transmettent leur savoir-faire et leur connaissance du terrain. Ce sont  eux qui amèneront les étudiants à dépasser l'exercice de style pour se  frotter aux exigences des discours et qui les recommanderont auprès des  recruteurs. En effet, des enseignants crédibles rendent la formation  crédible aux yeux du marché. Aujourd’hui, le champ de la traduction est  en profonde mutation et même si l'intelligence humaine, les savoirs et  les aptitudes restent des facteurs clés pour la fourniture de  traductions de qualité, les évolutions technologiques ont une influence  de plus en plus grande sur l'éventail croissant de services  linguistiques que les traducteurs et les entreprises de traduction  peuvent offrir. Dès lors, la planification curriculaire requiert un  effort de clarté et d'unification des critères et doit tenir compte d'un  renouvellement pédagogique (Kiraly, 2000 : 37). C'est là précisément  l'objectif du modèle de compétences EMT qui permet aux instituts de  formation de se doter d'une vision large du métier et qui est un outil,  si l'on peut dire, au service de la qualification. Il incombe aux  formations professionnelles de se tenir aux aguets des évolutions de la  technique, sans pour autant oublier de former à la nature de la  traduction, qui est d'être humaine et qui va générer des facteurs de  diversité qui sont la subjectivité interprétative et scripturale d'une  part et le parti pris des options d'autre part. Et quand bien même les  métiers de traducteur et d'interprète deviennent plus exigeants et se  diversifient, il importe de former les apprenants à l'intelligence  interculturelle comme compétence spécifique des traducteurs et  interprètes, "démarche de vigilance, d'une tentative de compréhension de  l'autre dont la culture, les modes de pensée, les façons de fonctionner  sont différentes des nôtres" (Michel Sauquet, Martin Vielajus : 16 :  2004).