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Second rôle éclectique, Etienne Chicot est mort

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Etienne Chicot au Festival de Chamrousse en mars 1993
Etienne Chicot au Festival de Chamrousse en mars 1993
© Getty - Patrice Picot / Gamma-Rapho

Disparition. Son nom était peu connu mais son visage, son jeu et sa voix familiers. Etienne Chicot avait multiplié les seconds rôles dans une centaine de films au cinéma et à la télévision. Comédien distingué aussi par un "Molière" et chanteur remarqué pour son rôle du milliardaire Zéro Janvier dans Starmania.

Etienne Chicot était un visage familier du cinéma français. Un jeu et une voix aussi, grave. Son nom était pourtant peu connu. Mort subitement à l'âge de 69 ans dans la nuit de lundi à mardi, à Paris, ce touche-à-tout de talent a eu une carrière prolifique en tant que second rôle au cinéma et à la télévision. Compositeur et chanteur, il a aussi joué au théâtre et a incarné le milliardaire Zéro Janvier dans Starmania.

Né à Fécamp avant de grandir au Cameroun, au Vietnam, puis en Côte-d'Ivoire, Etienne Chicot n'avait aucune intention d'être comédien. Renvoyé de l’école hôtelière de Paris, il entre par hasard au Cours Simon, avec Patrick Bouchitey ou Nathalie Baye. En 1976, il est déjà brièvement policier dans Monsieur Klein, de  Joseph Losey. Mais sa première apparition signifiante sur grand écran vient avec "Le Plein de Super", dont il a coécrit le scénario avec Alain Cavalier. Un road-movie irrévérencieux et fauché dont il signe la musique originale. Car Etienne Chicot chante également. On l'a découvert dès 1974 dans l'opéra-rock "Gomina", ambiance mobylette et blouson noir, composé en partie par William Sheller. Mais c'est bien dans Starmania deuxième distribution, en 1979, qu'il prend toute sa dimension musicale. Il y reprend le rôle de Zéro Janvier, l'affreux milliardaire qui deviendra président de l'Occident, et interprète le fameux "blues du businessman". Cette même année, il décroche un second rôle de flic qui en appellera d'autres, dans "La Guerre des polices", puis joue en 1980 dans "Un Mauvais fils" avec Patrick Dewaere et dans "Le Choix des armes" (1981) d'Alain Corneau.

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En avril 2013, Etienne Chicot s'était confié à Manou Farine, pour Le RenDez-Vous :

Autoportrait d'Etienne Chicot, avec Manou Farine

3 min

Un de ses meilleurs souvenirs de cinéma restera "Hôtel des Amériques" d'André Téchiné (1981) dans lequel il interprète un guitariste, et peut mêler ses deux passions, comme dans "Mort un dimanche de pluie" (1986) où il joue un responsable de maison de disques.

Sa voix et son visage, à force d'écumer les rôles dans les premières séries télévisées à succès des années 80 et 90, l'ont imposé comme une présence familière dans la société française. 

Etienne Chicot, en 1988, entre Gérard Depardieu et Fanny Ardant, avec Barbara et Elisabeth Depardieu, au théâtre des Bouffes-Parisiens, pour la première de la pièce 'Une Absence'
Etienne Chicot, en 1988, entre Gérard Depardieu et Fanny Ardant, avec Barbara et Elisabeth Depardieu, au théâtre des Bouffes-Parisiens, pour la première de la pièce 'Une Absence'
© Getty - Bertrand Rindoff Petroff

Etienne Chicot a aussi brillé au théâtre. Il a ainsi obtenu un Molière du meilleur second rôle, en 1989 pour "Une Absence", la pièce de Loleh Bellon, jouée aux côtés de Suzanne Flon

Mais à la fin des années 90, il revient au cinéma, la plupart du temps dans le registre du bourru tendre et gentiment largué, dans des dizaines de comédies. Il sera aussi un archétype de flic français dans la superproduction américaine "Da Vinci Code", en 2006.    

Etienne Chicot aura toujours considéré sa carrière comme un parcours initiatique, un apprentissage, au contact des plus grands interprètes. Il a réussi à imprimer sa patte, sa présence pourtant discrète, sur une centaine de films. Et ce matin, à l'annonce de sa mort, la jeune génération de la comédie lui rendait à son tour hommage. Lui dont le talent aura été mis en valeur ces dernières années par des humoristes devenus réalisateurs, comme Valérie Lemercier, Djamel Debbouze, Dany Boon ou Ramzy Bédia.

Celui qui chantait à ses débuts "J'suis qu'un ovni dans mon pays" est aussi resté dans les esprits pour son apparition dans le clip de chanson hommage à Daniel Balavoine de France Gall "Evidemment" :

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