Sherlock Holmes : l'homme derrière le détective

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Sherlock Holmes : l'homme derrière le détective

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Il est certainement le détective le plus célèbre au monde. Mais qui était réellement Sherlock Holmes ? En 1927, dans une archive exceptionnelle, Conan Doyle révélait qui l’avait inspiré.

Détective privé adulé depuis plus de 130 ans, Sherlock Holmes a pour modèle un personnage réel : le professeur de médecine de son auteur, qui l’impressionnait pour ses déductions étonnantes.

1h 19

Un médecin est toujours un peu détective

Au milieu des années 1870, le jeune Arthur Conan Doyle entre à l’université d'Edimbourg. Il y étudie la médecine sous la tutelle d’un professeur de chirurgie insolite, inhabituel. Arthur Conan Doyle lui-même revenait sur cette rencontre dans un entretien exceptionnel en 1927 : "J'avais un vieux professeur, il s'appelait Joseph Bell, qui était extraordinairement brillant pour le travail déductif. Il regardait le patient, il l’autorisait à peine à ouvrir la bouche qu’il établissait le diagnostic de la maladie. Il a également très souvent trouvé la nationalité du patient et sa profession (...), entièrement par son art de l'observation. Donc, je me suis dit : "Un homme aussi scientifique que lui devrait être détective. Il n'aurait pas fait ces choses par hasard. Il a obtenu ces réponses en les construisant, scientifiquement."

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Étudiant, Dyole devient l’assistant de Joseph Bell, et reste un lecteur assidu de romans policiers. Mais il sort toujours frustré de ses lectures : "J'avais l'habitude de lire des histoires de détectives. Mais souvent, il s'agissait de romans policiers à l'ancienne. Le détective semblait toujours trouver son résultat avec une sorte de chance ou de hasard." Plus qu’un mentor, le Dr Bell devient sa source d’inspiration. "J'ai eu, pour ainsi dire, une nouvelle idée du détective. Une idée qui m'intéresserait pour travailler. J'ai pensé à 100 petites esquives, par lesquelles il pouvait construire ses conclusions. Et donc j'ai commencé à écrire des histoires.

Un démarrage laborieux

En 1879, Conan Doyle publie sa première nouvelle. Il aura besoin de sept années de travail pour publier son premier roman “Une étude en rouge”, dans lequel apparaît pour la première fois le personnage de Sherlock Holmes. Mais ce roman ne rencontre aucun succès. Un dîner, que Conan Doyle appellera “golden evening”, lui redonne la confiance d’écrire. À ses côtés : Oscar Wilde et l’éditeur de l’hebdomadaire américain Lippincott Magazine, qui l'encouragent. Conan Doyle décide d’y publier de nouvelles aventures de Sherlock Holmes, comme “Le signe des quatre”. Peu à peu, publié en feuilleton à partir de 1891, le détective gagne en notoriété : "Quand j’ai commencé avec ces nouvelles, elles ont été publiées l’une après l’autre une fois par mois dans le Strand magazine. J'en ai écrit beaucoup plus que je n'avais l'intention, car mes amis m'ont poussé à en savoir plus."

Même l'écrivain et ami d’Arthur Conan Doyle, Robert Louis Stevenson, ne se trompe pas sur le modèle de son héros. Il lui écrit : "Tous mes compliments pour vos ingénieuses et intéressantes aventures de Sherlock Holmes. Une chose me trouble, pourrait-il s’agir de notre vieil ami Joe Bell ?" Mais c’est aussi la ressemblance physique des deux homme qui interpelle : Holmes et Bell sont tous deux minces, nerveux, sombres, avec un nez aquilin, des yeux gris pénétrants, des épaules angulaires, et partagent une façon saccadée de marcher, ainsi qu’une voix haute et discordante. 

Un réalisme troublant 

Le réalisme finit même par en tromper le public. Arthur Conan Doyle, 1927 : "De nombreuses personnes dans le monde étaient parfaitement convaincues pendant des années que Sherlock était un véritable être humain. J'ai même reçu des lettres qui lui étaient adressées. D’autres demandant son autographe, ou encore certaines adressées à son stupide ami Watson. J'en ai lu une d’une vieille dame qui avait écrit qu'elle serait heureuse de devenir sa gouvernante." Le 4 octobre 1911, le New-York Times annonce la mort de Dr. Bell, celui sans qui Sherlock n’aurait sûrement pas vu le jour.  

Malgré la disparition de son modèle, Sherlock Holmes a continué ses enquêtes et laisse derrière lui un immense héritage qui transcende les générations. Les passionnés se regroupent aujourd'hui encore par milliers en société. Une science a été créée en l'honneur d'Holmes : l’holmésologie, qui consiste à établir la vérité et une chronologie sur les aventures de leur personnage fétiche. 

Au 221b Baker Street à Londres, appartement originel du personnage, siège un musée en son honneur. Encore aujourd’hui, le musée reçoit environ cinquante lettres par semaine venant du monde entier, adressées à un Holmes qui est dans le coeur des lecteurs repassé du statut de personnage à celui de personne. 

58 min
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