Publicité

Sida dans le monde : moins de morts mais un mal persistant

Par
Depuis sa découverte, le sida a causé la mort de 35 millions de personnes à travers le monde
Depuis sa découverte, le sida a causé la mort de 35 millions de personnes à travers le monde
© AFP - SONALI PAL CHAUDHURY / NURPHOTO

CARTE. Les soins progressent, avec un test de vaccin ou l'autodépistage. Mais 1,1 million de personnes sont encore décédées du virus l'an passé et 2,1 millions de personnes ont été nouvellement infectées. Et près de la moitié des séropositifs ne le savent pas d'après l'Organisation mondiale de la Santé !

Depuis la découverte et l'identification du Virus d’Immunodéficience Humaine (VIH) en 1983, aux États-Unis, le virus a fait près de 35 millions de morts dans le monde. Même si, depuis, la recherche a fait d'énormes progrès dans la compréhension de la maladie et des réponses à apporter, seule la moitié des 35 millions de personnes qui sont aujourd’hui séropositives sont sous-traitement antirétroviraux.

A écouter : Lutte contre le sida : où en est-on ?

Publicité

Pour Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherches sur le sida, invité des Matins de France Culture :

Les données montrent qu’à la fois, on est dans un message d’espoir sur l’aspect individuel. Alors que d'un point de vue sociétal, cela reste une catastrophe sanitaire qui n’est pas contrôlée actuellement. Mais sur lequel on a des espoirs de contrôle si l’effort se poursuit.

L'année passée, près de 2,1 millions de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH. Un chiffre constant depuis 2010. Même si les morts liées au virus sont en forte diminution dans le monde comparées à l'année noire de 2005 où plus de 2 millions de personnes sont décédées d'une mort liée au sida. Pour accentuer la tendance actuelle, l’ONUSIDA a engagé un plan d'action avec ambition de fixer à 2030 l’horizon de la fin de l’épidémie.

A écouter : Avoir 18 ans avec le VIH et Retour sur "Avoir 18 ans avec le VIH"

Depuis 2005, le nombre de personnes qui meurent du sida est en baisse dans le monde

Depuis sa découverte, le virus du sida a suscité nombre de fantasmes auprès de la population. Inconnu du monde médical jusqu'alors, les réponses vont tarder et sèment un vent de panique dans le pays, comme l'illustre le reportage de l'époque.

Les patients séropositifs d'alors, à défaut de traitement adapté, succombent rapidement à la maladie. Et faute d'identification du virus, la transmission entre les individus explose. Tout comme les vagues de décès liées au virus jusqu'en 2005.

Néanmoins, avec l'apparition des premiers traitements et des antirétroviraux, l'espérance de vie des patients augmentent au fur et à mesure que la science adapte ses soins. Ce qui engendre de facto, une hausse des personnes séropositives dans le monde.

Ainsi, en 2015, les plus de 50 ans représentaient 17% de la population adulte vivant avec le VIH. Dans les pays à revenus élevés, ce pourcentage atteint même 31%. Ces progrès se traduisent encore aujourd'hui par la mise au point d'un vaccin, actuellement en phase de test, en Afrique du Sud, pays fortement touché par l'épidémie, qui compte plus de 19% de séropositifs, un des taux les plus élevés au monde.

Les chercheurs espèrent obtenir un vaccin fiable à 50%

1 min

A écouter : Vieillir avec le sida, l'épidémie silencieuse

Depuis 1997, les infections du VIH sont en baisse

Au delà de la solution médicale, attendue de tous, la prévention, l'éducation et la pédagogie ont commencé à porter leurs fruits auprès du grand public et des populations à risques. Depuis 1997, le nombre de nouvelles infections du VIH dans le monde est passé de 3 500 000 à 2 100 000, l'an dernier. Soit une baisse de 40% des cas de contamination.

Le rapport de l'Onusida met toutefois en garde les populations toxicomanes qui connaissent une hausse des contaminations au VIH de 36% entre 2010 et 2015. Les homosexuelles et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes connaissent, eux aussi, une augmentation de 12% des cas de séropositivité entre 2010 et 2015. De même pour les professionnels du sexe ou les personnes transgenres qui ne connaissent pas de baisse des contaminations. Par exemple, en Côte d’Ivoire, où 3,7% des adultes sont séropositifs, les risques d’infection sont particulièrement élevés parmi les prostituées : elles sont 3 fois plus touchées que l’ensemble de la population.

Et cette population particulièrement exposée au risque cumule parfois toxicomanie et prostitution, notamment dans les pays pauvres comme l'illustre ce reportage au Sénégal de Véronique Julia :

La démarche très audacieuse du Sénégal, pour un pays d'Afrique de l'ouest où l'on entretient encore une sorte de déni vis-à-vis des toxicomanes, ignorés donc pas soignés

3 min

C'est d'ailleurs dans ces pays que les nouvelles infections ont lieu. Notamment en Afrique du Sud, en Inde et au Brésil.

L'Afrique du Sud et de l'Est reste toujours la région du monde ou les cas d'infection du VIH sont les plus importants. Mais la situation en Russie est aussi inquiétante selon le directeur du Centre fédéral russe de lutte contre le sida. Le nombre de séropositifs y augmente en effet de 10% chaque année et a déjà dépassé la barre du million de personnes contaminées.

A écouter : VIH : peut-on imaginer la fin de l’épidémie ?