Simon Nogueira, l'art du parkour sur les toits de Patis

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Simon Nogueira, l'art du parkour sur les toits de Paris

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Sensibles au vertige, s’abstenir… Simon Nogueira défie la gravité pour explorer les toits de Paris. Grâce à sa pratique du “parkour”, il a même pu accéder à certains des monuments les plus prestigieux de la capitale. Il nous raconte.

De la haute voltige en plein Paris... Simon Nogueira défie les lois de la gravité en adaptant sa pratique du "parkour" sur les toits de la capitale.

Simon Nogueira, traceur (adepte de "parkour") : "Qu'est-ce qui se passe dans ma tête quand je franchis un précipice et que je sais que la mort me guette. La seule sécurité que j'ai de réussir ce saut, c'est la certitude que j'ai dans la projection que je me fais du saut. Si je sens que le saut est trop loin ou que je ne suis pas capable d'aller à cette distance, je change de chemin et je reste dans le spectre de mes compétences."

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C'est en s'inspirant des vidéos de "parkour" sur Internet que Simon commence à pratiquer à l'adolescence. Cette discipline acrobatique mêlant gym et escalade en milieu urbain est née dans les années 1990. Elle a été popularisée par le groupe des Yamakasis.

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Après un entraînement au sol, Simon décide de prendre de la hauteur et d'expérimenter un autre terrain de jeu, plus aérien et plus risqué.

Simon Nogueira : "Architecturalement parlant, Paris a de spécifique l'idée que les toits sont très connectés les uns avec les autres. C'est ce qui permet d'arpenter pendant longtemps les sentiers sinueux qui se dessinent sur le zinc. Les toits haussmanniens sont constitués de 'réglettes', des petites bordures qui dépassent du zinc. Si je ne fais pas attention, quand je lève le genou, je peux me prendre ces réglettes dans le coin de l'orteil parce que ce n'est pas naturel de lever le pied comme ça. Il y a forcément un état de concentration où on est en train de faire ce geste du pied."

Une autre expérience de la ville

Ces explorations permettent à Simon et aux "traceurs" d'avoir une autre expérience de la ville, avec une réappropriation de certains quartiers et un sentiment de liberté inouï.

Simon Nogueira : "Je voyage dans la ville, je ne sais pas où je me rends. À l'intérieur de ce trajet, je croise des gens qui sortent ou qui rentrent chez eux. Je décide de les suivre ou non. Je tombe sur un bâtiment accessible par sa façade, alors je décide de l'entreprendre. S'il ya des échafaudages sur le bâtiment, ça rend plus facile l'escalade de la façade."

Ces escapades furtives permettent de visiter certains monuments en privilégié, comme la cathédrale Notre-Dame, quelques mois avant l'incendie. Souvent, ces balades révèlent leur lot de découvertes et de curiosités.

Simon Nogueira : "Par exemple, on a trouvé des drones, des chats, des animaux en tout genre. Moi j'aime beaucoup prêter attention aux excentricités architecturales qui créent d'un coup quelque chose d'étonnant. Moi qui me suis acoquiné à l'image et la vidéo, c'est chouette de trouver ces endroits exceptionnels."

Une activité qui reste dangereuse

Mais la pratique du "parkour" sur les toits reste une activité très risquée, qui nécessite une grande maîtrise et un entraînement sérieux.

Simon Nogueira : "Les règles de base du parkour, c'est de n'entreprendre que ce qui est en adéquation avec les compétences de chacun. L'entraînement, c'est de la répétition en fait, c'est simplement définir des gestuelles. L'esprit arrive à visualiser les gestes et le corps doit passer par la répétition pour les intégrer."

Si la pratique du "parkour" n'est pas en soi interdite, l'ascension de certains lieux privés ou monuments historiques peut être punie d'une amende.

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