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Six émissions qui répondent aux dires de Vladimir Poutine à Oliver Stone

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Capture d'écran d'un des épisodes dans la salle du trône du Kremlin
Capture d'écran d'un des épisodes dans la salle du trône du Kremlin
- France 3 / Showtime Documentary Films

Diffusées actuellement sur France 3, les "Conversations avec monsieur Poutine" d'Oliver Stone font polémique. Le président russe y serait trop bien traité par le célèbre et controversé réalisateur américain. Voici six de nos émissions qui répondent au maître du Kremlin.

Habitué aux critiques, Oliver Stone y est largement confronté pour son document The Putin Interviews / Conversations avec monsieur Poutine. Les deux hommes se sont rencontrés douze fois entre 2015 et 2017 pour aborder de très nombreux sujets : l'évolution de la Russie, son rôle géopolitique, Poutine lui-même, sa gouvernance, ses relations avec les États-Unis, l'Ukraine, la Syrie ou encore la situation d'Edward Snowden. Vingt heures d'entretien présentées en 4 épisodes actuellement diffusés sur France 3. Le célèbre réalisateur et documentariste américain est accusé par beaucoup de complaisance avec le président russe. Il y a répondu sur notre antenne dans "La Grande table" de ce lundi et sur France 3 dans un débat. Voici en six points comment nos émissions ont, elles, répondu au maître du Kremlin.

Les bombardements russes en Syrie

Nous agissons en Syrie à la demande du gouvernement syrien, légitimement. Cela veut dire que nous agissons en accord avec les règles internationales édictées par la charte des Nations Unies.

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- Alep, l’apocalypse. Le Journal des idées. Septembre 2016. Jacques Munier cite Jean-Pierre Filiu, qui s'exprime sur le site du Monde :

Il semble de plus en plus évident que le despote syrien n’est plus maître des opérations menées en son nom sur le territoire qu’il prétend gouverner. Ce sont les militaires russes, en coordination avec les "conseillers" iraniens, qui décident au premier chef.

L'annexion de la Crimée

Nous n'avons pas décidé d'annexer la Crimée. Les citoyens de la Crimée ont décidé de rejoindre la Russie. Le parlement légitime de Crimée qui a été élu sur la base des lois ukrainiennes a annoncé un référendum. Nous avions le droit d'avoir 20 000 hommes dans notre base militaire en Crimée. Nous devions faciliter le travail du Parlement de Crimée pour qu'il puisse se réunir et travailler dans le cadre de la loi. Les citoyens devaient se sentir en sécurité.

- L'emprise russe en Crimée. 23 février 2014. Eric Biegala, grand reporter et chef du service Politique étrangère de France Culture, de retour de reportage en Crimée.

Il s'agit évidemment d'une occupation militaire, la Russie est en train de prendre la Crimée.

Les lois homophobes

La loi contre la propagande de l'homosexualité permet de protéger les enfants (…) Une fois que l'enfant est grand, il peut choisir librement sa vie privée et sexuelle. De façon générale, il n'y a aucune restriction sur l'homosexualité et notre société est assez libérale.

Galia Ackerman, historienne, journaliste et traductrice franco-russe spécialiste du monde russe et ex-soviétique, répond dans Au lendemain des manifestations de l'opposition, enjeux politiques russes ? CulturesMonde. Février 2013

Il y a toute une campagne de haine conte les homosexuels, avec des lois passées dans des parlements régionaux, puis au niveau fédéral. Des campagnes soutenues par l'église orthodoxe. Sur les réseaux sociaux, des activistes orthodoxes invitent à passer à tabac les hommes homosexuels et à défigurer les femmes.

L’interventionnisme

Contrairement à beaucoup de nos partenaires, nous n'interférons jamais avec les affaires intérieures d'autres pays.

- Quand la Russie "trolle" les démocraties. CulturesMonde. 9 janvier 2017.
Julien Nocetti, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) spécialiste de la Russie et des questions liées à la gouvernance du Web :

Les autorités russes ont développé un appareil à la fois cyber et d'influence (propagande, subversion) assez sophistiqué depuis une dizaine d'années (…) Aujourd'hui, dans un contexte de très fortes tensions avec les pays occidentaux, cet appareil joue à plein en faveur des objectifs de politique étrangère du Kremlin".

La "souplesse" de Poutine

Le principe essentiel dans le judo est ce que l'on appelle la voie de la souplesse. On peut et on doit être souple. Parfois, il faut savoir céder. Mais seulement si cela vous assure la victoire, assure celui qui se dit maître de judo, sans avoir besoin d'entraîneur depuis longtemps. Lui qui pratique depuis l'âge de 13, 14 ans.

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- Andreï Gratchev : "Poutine est avant tout un pragmatique froid". Les Matins, 19 septembre 2016.

La scène est mémorable et avait fait beaucoup jaser. Nicolas Sarkozy défait, tremblant, presque titubant, au sortir de son premier entretien avec Vladimir Poutine. Au point que beaucoup s'étaient demandé si les deux hommes n'avaient pas bu. Problème : ils ne boivent pas ! Dans l'émission de Guillaume Erner, le journaliste Nicolas Hénin apporte la réponse. L'auteur de « La France Russe, enquête sur les réseaux Poutine », chez Fayard, explique :

Nicolas Sarkozy lui parle de tout ce qu'il a listé. Sauf qu'il en parle face à un Poutine impassible, qui le laisse dérouler tous les sujets qui fâchent. Et puis à la fin de l'entretien, Poutine le regarde, se recule un petit peu et lui dit : ça va là, tu as fini, c'est bon ? Euh, oui. Bon, je vais t'expliquer. Ton pays (en rapprochant ses mains), il est comme ça : tout petit ! Et le mien - et là il écarte largement les bras - il est comme ça. Donc, maintenant, il y a deux possibilités. Ou tu continues sur ce ton et je t'écrase. Ou tu changes et je peux te faire roi d'Europe.

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"L’État ne contrôle absolument pas les médias"

Vous avez parlé de l'accès aux médias (Olivier Stone vient de lui faire remarquer que selon des critiques récurrentes les partis d'opposition avaient un accès restreint à la télévision et que son parti les dominait). On a des centaines de chaînes de télévision et de radio. L’État ne les contrôle absolument pas ! C'est tout simplement impossible.

- Le soft power russe. Soft Power. 19 avril 2015.

Notre correspondant de l'époque à Moscou, Marc Crépin, explique à propos de "Ligne directe", une émission de Vladimir Poutine de près de quatre heures sur plusieurs chaînes de télévision et de radio :

Il était impossible de le rater. En plus, l'heure avait été bien choisie, à la mi-journée. Ce qui permet d'être vu et entendu aussi bien dans l'extrême Orient russe, à Vladivostok, qu'à l'ouest du pays. On comptait à peu près 60 millions de téléspectateurs. Ce sont des statistiques disons théoriques, issus des milieux officiels. En tous cas, c'est un show. Un show très habilement organisé, dans la mesure où Vladimir Poutine ne peut à aucun moment recevoir la contradiction. Ajoutez à cela, on commence à avoir l'habitude maintenant, il était assez bon sur le plan télévisuel : dans son jeu de président qui a réponse à tout pour ses concitoyens. 3 millions de questions ont été posées la semaine précédente par sms, mails. Et ces questions sont habilement choisies pour faire progresser ces quatre heures de discours poutinien et lui permettre de traiter tous les événements qui lui tiennent à coeur.

Vidéo de la "Ligne directe" d'il y a quelques jours

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A noter que le fils d'Oliver Stone, Sean, travaille pour la chaîne RT, Russia Today. Dans un très récent entretien avec le journal russe Komsomolskaïa Pravda, le présentateur et acteur a notamment déclaré : "Comment pourrais-je être un agent du Kremlin si je n'ai jamais reçu d'instruction du genre "parle de cela, mais jamais de cela" depuis que je travaille à RT ?"