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Souvenirs de la résistance avec Germaine Tillion

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L'ethnologue et résistante Germaine Tillion fait son entrée au Panthéon ce 27 mai, aux côtés de Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. L'occasion d'exhumer l'archive d'un entretien avec cette grande humaniste qui, de l'Occupation à la Guerre d'Algérie, a bataillé ferme pour la liberté et la dignité de l'homme. Une émission de 1987 à réécouter à l'aune de "La Fabrique de l'Histoire" du 27 mai dédiée aux mémoires françaises de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre d'une semaine de diffusions consacrées aux révisions du bac.
A écouter sur France Culture
Emissions :

- "Les honneurs du Panthéon pour une ethnologue : Germaine Tillion", dans La Marche des sciences du 21 mai

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- Emission spéciale à l’occasion des cérémonies au Panthéon du 27 mai dans Les Matins du 26 mai

Fictions :

  • Souvenirs et solitude de Jean Zay dans un Feuilleton de mars 2013, volet 1| 2| 3| ** 4| ** 5

Et sur France Culture Plus :

Germaine Tillion, une ethnologue à Ravensbrück (conférence)

Des femmes prisonnières à Ravensbrück
Des femmes prisonnières à Ravensbrück

Elle entre au Panthéon aux côtés de la résistante et ancienne présidente de ATD Quart Monde, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, du journaliste et résistant Pierre Brossolette et de l'homme politique Jean Zay, assassiné en 1944 par des miliciens français. Germaine Tillion, ethnologue française à l'âme inaltérable, a passé son existence à lutter contre toutes formes d'oppression : le nazisme, le colonialisme (guerre d'Algérie), la torture, le terrorisme, l'asservissement de la femme... En 1947, le prix Pulitzer venait récompenser la bravoure dont elle fit preuve durant la Seconde Guerre mondiale.

Née en 1907, Germaine Tillion se forge très tôt, dès 1914, une conscience aiguë de la monstruosité "sans visage " de la guerre et de l'ennemi : "La nuit je rêvais de m'engager comme chien de guerre ", écrit-elle ainsi dans Fragments de vie (Le Seuil, 2013).

Après avoir suivi diverses études, toutes relatives à l’Histoire, celle qui recherchait avidement "la rencontre avec les hommes " décide de se consacrer à l’ethnologie en 1928, s’inscrivant à l’EHESS sous la houlette de Marcel Mauss, le "père de l'anthropologie française ".

Profondément choquée et meutrie par la capitulation de Philippe Pétain en juin 1940, elle rejoint avec sa mère, Emilie Tillion, le Réseau du musée de l'Homme, l'un des premiers bastions de la Résistance française, formé autour d'un jeune anthropologue, Boris Vildé. Elle contribue alors à orchestrer des évasions vers la zone libre et l'Afrique du Nord, jusqu'à son arrestation le 13 août 1942 suite à une dénonciation de l'agent double Robert Alesch.

Dans cet entretien avec Georges Walter diffusé en 1987 dans "Mémoires du siècle" sur France Culture, après avoir mentionné sa première rencontre avec des étudiants nazis lors d'un voyage à Königsberg fin 1932 - début 1933, elle évoquait ses souvenirs de résistante, son arrestation, sa captivité en camp de concentration...

L'humanité se compose de deux minuscules minorités : celle des brutes féroces, des traîtres, des sadiques systématiques d'une part, et de l'autre celle des hommes de grand courage et de grand désintéressement qui mettent leur pouvoir, s'ils en ont, au service du bien. Entre ces deux extrêmes, l'immense majorité d'entre nous est composée de gens ordinaires, inoffensifs en temps de paix et de prospérité, se révélant dangereux à la moindre crise. *Germaine Tillion, Le diable est-il libéral ? * (1944)

Exposition L'Aurès au musée de l'Homme, 1943
Exposition L'Aurès au musée de l'Homme, 1943

Pendant les dix ans qui suivent sa libération, Germaine Tillion ne cesse d’enquêter sur les criminels nazis et travaille sur le double mécanisme d’extermination et de rentabilité, sur le goulag. Autre grand cheval de bataille de l'ethnologue, la paix en Algérie, et notamment sa lutte pour que s'y appliquent les lois de la démocratie : en novembre 1954, l'un de ses professeurs, Louis Massignon, l’alerte sur la situation désastreuse des populations paysannes de l’Aurès, région montagneuse d'Algérie où elle était partie en mission six ans durant, de 1934 à 1940, avec une autre ethnologue, Thérèse Rivière .

Tous deux interpellent le ministre de l’intérieur de l’époque, François Mitterrand, qui accorde à Germaine Tillion une mission de trois mois dans l’Aurès, quatorze ans donc, après qu’elle l’a quitté. A l'époque, la guerre y est encore très larvée : les attaques du FLN portent invariablement sur les poteaux télégraphiques.

Dans cette même émission de 1987, Germaine Tillion se remémorait cette hargne contenue de la population algérienne résistante, contre la France, mais aussi sa lutte contre la généralisation de la torture et sa rencontre avec des "terroristes" algériens.

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12 min

> Retrouvez l'intégralité de notre dossier "Révisez le bac avec France Culture"
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