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Souvenirs du Débarquement du 6 juin 1944 par l'un des trois survivants du commando Kieffer

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Hubert Faure, vétéran du Commando Kieffer
Hubert Faure, vétéran du Commando Kieffer
© Getty - Xavier ROSSI

Les cérémonies de commémoration des 75 ans du Débarquement allié ont débuté. Hubert Faure, 105 ans, est l'un des trois derniers survivants français du commando Kieffer. Il a débarqué avec 176 autres Français à Sword Beach le 6 juin 1944. Entre sa capture et le jour J, il raconte ses souvenirs.

Les cérémonies de commémoration des 75 ans du Débarquement allié ont débuté ce mercredi à Portsmouth, dans le sud de l'Angleterre. Ce jour du 6 juin 1944, près de 30 000 Anglais partent pour Sword Beach, la plage la plus à l'est du Débarquement. Ils y arriveront à 7h23 très précisément. On dénombre également 177 Français, les seuls à participer en uniforme à cette opération de libération. Ils sont intégrés au Royal Marine, commando numéro 4 appelé aussi commando Kieffer, du nom du capitaine de corvette qui a formé ces volontaires en Ecosse. Aujourd'hui, il ne reste plus que trois survivants. Parmi eux, Hubert Faure a 105 ans et ne sera pas présent en Normandie pour des raisons de santé. Mais Nathalie Hernandez a pu le rencontrer il y a quelques jours pour évoquer ses souvenirs de ce 6 juin 1944.

Pour l’occasion, Hubert Faure a tenu à accrocher sa médaille de la France libre et à porter son béret vert de commando. A 105 ans, sa mémoire lui joue quelques fois des tours, mais l’ancien officier se souvient bien de sa capture par les Allemands et de son évasion en juin 1940 : « Au bout d’un mois, je me suis évadé car l’on savait que les prisonniers étaient emmenés en Allemagne. Les Allemands nous ont tiré dessus. Je me suis retrouvé tout seul. » Tout seul pour un long voyage à travers la France, l’Espagne et le Portugal. Arrivé en Grande-Bretagne, Hubert Faure intègre le commando dirigé par Philippe Kieffer.

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L’entraînement était dur. On s’est préparé durant un mois. J’étais parmi les meilleurs.

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Dans un camp à Portsmouth, les soldats sont informés 24 heures avant : « Le soir avant d’aller embarquer, Kieffer nous a réunis et nous a annoncé qu’il nous emmenait dans une grande bagarre. “Ceux qui souhaitent arrêter le disent, je ne leur en voudrai pas” », a-t il précisé. Tout le monde est venu.»

Objectif : Ouistreham

Le Jour J, vers 7h30, les portes de la barge 523 s'ouvrent enfin. Les hommes sautent de leur embarcation et montent à l'assaut de la plage de Colleville, à 4 km à l'ouest de Ouistreham. Ils sont les premiers à poser le pied dans le secteur.

On est descendus, on a voulu aller prendre nos positions qui avaient été désignées. C’est alors que l’on s’est aperçus que les Allemands tenaient tout le secteur. Il fallait donc les déloger pour prendre leur place. On a fini par réussir.

Hubert Faure sera touché lors des combats par un éclat d'obus. Sa blessure s'infecte et il est alors rapatrié vers l'Angleterre le 7 juillet 1944, comme bon nombre de ses frères d'armes. Il repart au combat en Normandie le 15 août.

De la campagne de Normandie aux opérations menées en Hollande, le commando Kieffer va se couvrir de gloire et voir ses effectifs diminuer au fur et mesure des combats. Ils ne seront qu'une quarantaine à échapper à la mort ou à une blessure grave.

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