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Stéphane Hessel, « un médiateur né »

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Stéphane Hessel, en 2011
Stéphane Hessel, en 2011
© Maxppp - Joel Saget/dpa/picture-alliance/MaxPPP

Pour la documentariste Diane Kolnikoff, ce « médiateur né », ambassadeur de la diplomatie française, est toujours resté fidèle à trois mots clés : courage, chance et curiosité. Portrait de Stéphane Hessel dans cette archive diffusée en 1997 dans Le bon plaisir.

Une archive à écouter à l'occasion de la diffusion dans Sur Les Docks du documentaire Christiane Hessel et Amir Hassan : portraits croisés

Stéphane Hessel, né en 1917 raconte son enfance ballotée entre Berlin et Paris, ses parents, sa formation de l’école Alsacienne à l’Ecole Normale Supérieure, l’amitié de ses parents avec Pierre-Henri Rochet qui inspira Jules et Jim à François Truffaut.

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La Deuxième Guerre Mondiale, la résistance et la déportation, Stéphane Hessel n’a pourtant pas perdu sa foi en l’humain malgré l’horreur du camp de Buchenwald :

« Arrivant en France le 8 mai 1945, enfin libre et sous uniforme américain, j’avais vraiment l’impression d’avoir bénéficié à fond d’un ange gardien permanent. J’avais traversé toute cette période avec un sens de la veine, de la chance incroyable, d’avoir échappé non seulement à la torture mais aussi à la mort. C’est quelque chose qui vous marque pour toute la vie. J’assume volontiers de ne pas être quelqu’un qui vous décrira avec pathétique les horreurs auxquelles il n’a pas échappé, mais qui vous décrira plutôt avec un peu d’humour la chance qu’il a eu de passer à côté du pire. »

Dès 1945, Stéphane Hessel entre au Quai d’Orsay et mène une carrière de diplomate  qu’il consacre essentiellement à la défense et à la protection des Droits de l’Homme, en travaillant à l’ONU dès sa création. Il se définit comme un « médiateur », faisant allusion au personnage de Goethe, Mittler (qui signifie littéralement médiateur en allemand)  :

« J’en ai plutôt tiré la conclusion que, comme Mittler dans Les Affinités électives, j’échouerai vraisemblablement dans mes médiations. Et je crois que je continuerai tant que j’aurai un petit souffle à essayer cette médiation tout en la sachant probablement vouée à une succession d’échecs. Mais pour moi, la succession des échecs, c’est le commencement du succès. »

Stéphane Hessel évoque le réconfort que lui apporte la poésie et cette passion qu’il partage avec sa femme. Christiane Hessel dira volontiers que cet homme, fondamentalement optimiste, est "un être magique".

Stéphane Hessel, Le Bon Plaisir du 27.12.1997

1h 57

Avec : Stéphane Hessel ; ses enfants, Anne, Antoine et Michel ; Daniel Cordier ; Jean-Louis Crémieux-Brilhac ; Jorge Semprun ; Patrick Viveret ; le père Coindé ; Ababacar Diop ; Christiane Hessel

  • Réalisation : Nicole Villaume
  • Production : Diane Kolnikoff
  • Prise de son et mixage : Patrice Klun, Jean-Marie Charon, Pierre Garrigues, Sandrine Bréchot, Agnès Ournier, Mirelle François
  • Emission : Le bon plaisir
  • Diffusion le 27.12.1997 sur France Culture
  • Archive INA - Radio France