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Syrie : l'Union Européenne réclame la saisie du Conseil de Sécurité

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Depuis dimanche, l'armée pilonne la ville de Hama, au centre-ouest de la Syrie, et ses 150 000 habitants. Au moins 160 personnes sont mortes dans tout le pays, d'après les organisations de défense des droits de l'homme.

Des chars et des tireurs d'élite ont ouvert le feu sur des habitants, non armés, qui avaient érigé des barricades dans le centre-ville pour ralentir la progression de l'armée. Lundi, jour du début du ramadan, l'armée a tué 24 autres personnes, dont 10 à Hama, où elle a intensifié ses tirs dans des quartiers résidentiels, après la prière du soir.

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 Manifestation devant l’ambassade de Syrie à Amman, en Jordanie, le 11 juillet 2011. Les drapeaux indiquent « Dieu, la Syrie, ju
Manifestation devant l’ambassade de Syrie à Amman, en Jordanie, le 11 juillet 2011. Les drapeaux indiquent « Dieu, la Syrie, ju
© Reuters - Ali Jarekji

Manifestation devant l’ambassade de Syrie à Amman, en Jordanie, le 11 juillet 2011. Sur les drapeaux : "Dieu, la Syrie, juste la liberté" Ali Jarekji © Reuters

Ecoutez le témoignage de Farad Masli . Ce journaliste syrien vit en Egypte. Il a pu joindre ses amis à Hama (interview d'Axelle Labbé) :


Impunité internationale Au-delà des condamnations d'usage, Bachar Al-Assad bénéficie toujours de l'impunité internationale. La Grande-Bretagne s'indigne ce lundi, dans les mots, mais rejette toute intervention militaire. Ce mardi, l'Union européenne a renforcé ses sanctions contre la Syrie. Elle a gelé les avoirs de cinq hauts dignitaires du régime, dont ceux du ministre syrien de la Défense, Ali Habib. Le chef des services de renseignements à Hama est lui aussi visé par cette sanction. Mais est-elle suffisante pour cesser de faire couler le sang des manifestants syriens ? Rien n'est moins sûr.

En tout cas, la Suisse a gelé les éventuels biens du président syrien en mai dernier. En France, deux ONG - Sherpa et Transparency International France - ont annoncé le 26 juillet leur futur dépôt de plainte contre Bachar Al-Assad et son entourage, pour que ses avoirs soient identifiés et gelés.

La Russie, membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui a toujours fait valoir son veto pour empêcher une intervention militaire en Syrie, appelle ce lundi 1er août à la fin des violences et de la répression. L'Allemagne réclame la tenue d'une réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies ce lundi. Paris condamne "fermement" cette répression, du moins dans les mots, en la personne de Romain Nadal, l'un des porte-paroles du Quai d'Orsay :


La Russie et la Chine mais aussi le Brésil, l'Inde, le Liban ou encore l'Afrique du Sud : tous sont hostiles à une résolution ouvrant la voie à une intervention militaire en Syrie. Même la Turquie, qui pourrait pourtant ouvrir un corridor humanitaire, comme nous l'explique Fabrice Balanche . Pour ce spécialiste de la Syrie et professeur à Lyon II , ce massacre de masse n'incitera pas plus la communauté internationale à sortir de l'indifférence , et de l'impuissance dont elle témoigne depuis quatre mois *(interview Bénédicte Dupont) * :


Seule l'Italie a pour le moment rappelé son ambassadeur à Damas, pour "consultations".

La Syrie joue un rôle central au proche-Orient. Certes toujours en conflit ouvert avec Israël sur le plateau du Golan, Damas est le principal allié de l'Iran, et soutient le Hezbollah libanais. Une intervention en Syrie pourrait donc mettre le feu aux poudres dans la région.

Manifestants dans  la province Deir al-Zor,à l'est de la Syrie, le 22 juillet 2011
Manifestants dans la province Deir al-Zor,à l'est de la Syrie, le 22 juillet 2011
© Reuters - Ho New

Manifestants dans la province Deir al-Zor,à l'est de la Syrie, le 22 juillet 2011 Ho New©Reuters

**Aucune concession ** Hama, à 210 km de la capitale Damas, est une ville-symbole: en 1982, Hafez al-Assad, le père de l'actuel président syrien y avait déjà maté une rébellion des Frères musulmans. Bilan : 20 000 morts, au moins. Bachar Al-Assad a félicité ce lundi 1er août, au lendemain de l'assaut, le "patriotisme" de l'armée arabe syrienne.

"Je suis absolument certain que nous sommes capables, avec la clairvoyance de notre peuple et notre unité nationale, de faire échouer ce nouvel épisode du complot bien ourdi, qui vise à morceler la Syrie, en prélude à la division de la région entière en petits États qui se battent entre eux."

Car pour Bachar Al-Assad, cette intervention est nécessaire pour empêcher les "groupes armés" et les "terroristes" de répandre le chaos dans le pays. Ces derniers s'infiltreraient dans les manifestations et agiraient avec violence. La Syrie "refuse les complots et les comploteurs ", a encore assuré ce lundi 1er août Bachar Al-Assad.

---> Retrouvez ICI la revue de presse internationale d'Anthony Bellanger de ce mardi 2 août consacrée aux manifestations, notamment en Syrie.

La site du SHRC, le comité syrien des droits de l'Homme, en anglais et en arabe

Principale source d'information, cette ONG syrienne basée à Londres se tient informée grâce à ses militants en Syrie, et via les registres d'entrée des hôpitaux, où figurent les noms des manifestants tués.

La page Facebook de la révolution syrienne

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