Publicité

Teresa Shook, l'inconnue à l'origine de la "Women's March"

Par
Une manif anti-Trump à New York le 3 novembre 2016
Une manif anti-Trump à New York le 3 novembre 2016
© Getty - Drew Angerer

Alors que des marches sont prévues dans le monde entier ce samedi 21 janvier pour défendre les droits des femmes au lendemain de l’investiture de Trump, France Culture consacre une journée spéciale à la condition des femmes dans le monde. Comment est née l'idée de la "Women's March" de Washington ?

L’événement le plus remarqué et le plus décliné en réaction à l’investiture de Donald Trump est sans conteste la « Marche des femmes » (« Women’s March ») qui aura lieu samedi à Washington et dont la naissance est plus que singulière. Sur l’archipel d’Hawaï, Teresa Shook, une retraitée de 60 ans, tombe des nues lorsqu’elle apprend la victoire à la présidentielle de l’homme qui multiplie depuis de nombreuses années des propos dégradants à l'égard des femmes. Elle propose, sur un groupe Facebook pro-Hillary Clinton, de défiler en signe de contestation et crée un événement Facebook avant d’aller se coucher. Le lendemain matin, des milliers de personnes avaient rejoint l’événement.

A DÉCOUVRIR AUSSI : La longue marche des femmes (Journée spéciale de programmes)

Publicité

Face à un engouement d'une telle ampleur, Teresa Shook a préféré se mettre en retrait. Il est même difficile de trouver une photo de l'instigatrice de la marche sur Internet. Elle a cependant annoncé qu’elle se rendra dans la capitale américaine le 21 janvier. Depuis, le suivi de l’événement a été pris en main par des organisatrices chevronnées qui ont opté pour une stratégie de communication accrue sur les réseaux sociaux notamment sous le hashtag #WhyImarch.

Mais l'histoire ne s'arrête pas à la capitale. La marche sur Washington a insufflé un élan de contestation aussi bien dans le pays et à l’étranger. De Londres à Paris en passant par Los Angeles, plus de 600 marches appelées « Sister Marches » en anglais, ont été recensées.

Une marche des minorités plutôt qu'un mouvement anti-Trump

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

La marche est passée par des phases d’affinage quant à la clarté de son engagement et de son identité. Les critiques qui relevaient le manque de diversité au sein de l’équipe en charge du projet se sont tues avec l’arrivée au sein du comité de trois militantes des droits civiques : Tamika D. Mallory, Carmen Perez et Linda Sarsour. Le nom choisi à l’origine était "Million Woman March" soit la "Marche du million de femmes". Ce nom, qui rappelait une marche organisée à Philadelphie en 1997 par des femmes noires, a été abandonné. Bien que cette marche ait vu le jour à la suite des frasques et autres propos sexistes du président Trump, l’événement se veut une défense des droits humains ouvert à toutes les minorités. De plus, il refuse de se qualifier de manifestation anti-Trump.

"Cette marche n'est pas une marche féministe en tant que telle. Les femmes y jouent un rôle très important, mais c'est une marche des minorités. Avec la Women's March, les femmes sont les porte-drapeaux d'un mouvement beaucoup plus large de contestation." Sylvie Laurent, américaniste invitée de CulturesMonde.