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Théâtre, exposition, disque... 5 idées pour votre week-end

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5 idées pour votre week-end
5 idées pour votre week-end
- SCG

Chaque vendredi, Arnaud Laporte et les critiques de La Dispute vous proposent une sélection de rendez-vous culturels pour votre week-end.

Toute cette semaine, les critiques de La Dispute ont une fois encore débattu pour vous du meilleur de l'actualité culturelle. Résultat de ces échanges en 5 récréations, une pièce de théâtre, un disque,  une exposition, un roman et un film . Bonnes découvertes !

Un spectacle : "Songs" de Samuel Achache - "une pièce qui touche parfois au sublime"

Songs
Songs
- Jean-Louis Fernandez

Samuel Achache a signé ou co-signé la conception et la mise en scène du Crocodile trompeur / Didon et Enée ou de Fugue, spectacles qui ont connu de grands succès, et qui ont beaucoup tourné. Sébastien Daucé dirige Correspondances, l’un des meilleurs ensembles français de musique baroque. Les deux artistes unissent leurs talents et leurs curiosités en créant Songs, à partir de musiques anglaises du XVIIe siècle.

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Sur scène, des instrumentistes, deux comédiennes et deux chanteurs. La musique se mêle au théâtre, en épousant les états d’âme d’une jeune femme qui fuit sa noce juste avant de dire “oui”, et entreprend de remonter le fil de ses souvenirs pour y chercher des raisons de vivre. La musique sublime et l’humour volontiers absurde font ici très bon ménage, et offrent aux spectateurs autant de raisons de pleurer que de rire.

L'avis des critiques :

C’est une pièce musicale qui traite de la mélancolie, de la tristesse et du rapport que les personnages entretiennent avec leurs sentiments. C’est une construction assez simple, assez didactique, mais élégamment complexifiée par l’écriture et par l’humour. La scénographie est très belle. Je trouve la musique au départ bien imbriquée avec le propos et la dramaturgie, ensuite c’est moins le cas. Jean-Christophe Brianchon

Pour moi, il y a mille interprétations possibles de ces histoires. Ce n’est pas du tout simple comme dispositif, le sens est très ouvert dès le départ et c’est une des qualités de la pièce. La première scène avec les deux sœurs est très riche. Elles jouent à remonter dans les souvenirs de leur enfance avec une complicité immédiate. Anna Sigalevitch

J’avais beaucoup aimé « Fugue » à la grande profondeur et à l’humour foutraque. J’aime beaucoup l’absurde dans les spectacles de Samuel Achache. Parfois, la façon dont musique et théâtre sont cousus m’a ici parue un peu forcée. Pour moi, la plus grande part de la réussite du spectacle repose sur Margot Alexandre. Arnaud Laporte

Je trouve ce travail assez éblouissant, il touche même parfois au sublime. Je me suis oublié dans cette pièce qui symbolise à la fois l’expérience et le ressenti. J’ai trouvé brillante l’organisation par Samuel Achache d’un espace mental qui va nous permettre de traverser plein de stades de la dépression. Il y a une suspension assez époustouflante. Cette pièce est comme un fruit à plusieurs saveurs. Thomas Corlin

  • Songs__, mise en scène Samuel Achache, direction musicale et orgue Sébastien Daucé du 5 au 20 janvier 2019aux Bouffes du Nord

Un disque : "Love in the time of Lexapro" de Oneohtrix Point Never

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Le musicien Daniel Lopatin, chantre d’une certaine musique drone-ambient, nous avait livré au printemps son album le plus accessible, Age of, toujours essentiellement instrumental, mais s’approchant parfois du format de la chanson classique. Ce nouvel EP confirme cette tendance, avec une envie renouvelée d’amener de l’humanité dans cette musique de machines.

  • Love in the time of Lexapro de Oneohtrix Point Never (Warp)

Une exposition : "Rodin: dessiner, découper" - "Cette exposition est assez surprenante, parce qu’on croit connaître Rodin et pourtant on ne connait pas ces œuvres-là"

Ariane
Ariane
- © musée Rodin, Jean de Calan

Rodin disait de ses dessins qu’ils étaient “la clé de (son) oeuvre”, et pour la première fois, le musée Rodin présente l’intégralité des figures découpées de l’artiste. Cette technique qui était à l’époque d’avant-garde lui permet de tester dans l’espace des dessins de nus aquarellés, ou d’assembler ses figures découpées pour en faire de nouvelles compositions.  

L'avis des critiques :

Cette exposition est assez surprenante, parce qu’on croit connaître Rodin et pourtant on ne connait pas ces œuvres-là. C’est une pratique qu’il a eu tout au long de sa vie, il y a quelque chose de très intime. C’est un Rodin beaucoup plus joueur qu’on ne le voit habituellement. Ce sont des découpages de corps qui pour la plupart ont été trouvés en vrac dans l’atelier. On sent que ces feuilles de papier sont des objets et que Rodin les manipule. Elles ont une matérialité tout à fait sensuelle. Anaël Pigeat

Toute l’exposition est composée de variations, de séries de découpages. On retrouve des figures aériennes, volantes, aquatiques, qui vont revenir au cours de l’exposition. Il y a une égalité entre la ligne et la découpe. Il y cherche une ondulation, comme il peut y avoir quelque chose de très ondulatoire dans le volume. Rodin a une manière de composer aussi vieille que la Renaissance et pourtant il y a une capacité interne à l’œuvre à la recombiner sans arrêt. Corinne Rondeau

Ces gestes de découpe sont effectivement assez beaux. Le geste du sculpteur, ce n’est pas seulement lui devant son bloc de pierre ou de marbre, il démarre dès le dessin sur papier. Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est de voir combien cela fait partie du processus de travail. On a l’impression que Rodin joue avec ces œuvres, qu’il cherche un mouvement et une composition, or ici on fige les choses. Sally Bonn

  • Rodin : dessiner, découper du 6 novembre 2018 au 24 février 2019 au Musée Rodin

Un roman : "Crac" de Jean Rolin, un livre d'une richesse incroyable

Crac - Jean Rolin
Crac - Jean Rolin
- © P.O.L

Faut-il vraiment dire pourquoi la lecture de Jean Rolin est toujours indispensable ? Disons alors qu’après Le Ravissement de Britney Spears, c’est cette fois sur les traces de Lawrence d’Arabie que Rolin s’engage. Une telle sûreté et un tel éclectisme dans le goût ne peuvent être que l’apanage d’un grand !

L'avis des critiques :

On dirait que c’est un livre qui a été écrit en souriant. Il créé un parallèle un peu risible, complètement surréaliste, en faisant une exo fiction sur lui. Pour moi c’est l’anti-Houellebecq, tout l’intéresse. Même les incises sont drôles, c’est un effort de style qu’il faut remarquer. C’est vraiment un livre qui montre ce qu’on peut faire de la littérature quand on y croit sans se prendre au sérieux. Laurent Nunez

« Crac » pourrait presque former un diptyque avec « Le traquet kurde ». Jean Rolin est faussement désinvolte car jamais dupe. On pourrait lui reprocher de rester en retrait par rapport à ce qu’il se passe, or il a le mérite de ne jamais raconter n’importe quoi. L’air de rien il fait passer énormément de connaissances, de fait, d’images. Elisabeth Philippe

C’est un livre d’une richesse assez incroyable. On part de Dinard pour arriver en Jordanie. C’est une incroyable divagation, un vagabondage. Rolin établit un lien un peu insolite entre ses promenades, ses rencontres et le contexte politique.  Il a l’art de parler de choses très importantes à travers des choses secondaires, presque dérisoires. Etienne de Montéty_Crac_ de Jean Rolin aux éditions P.O.L

Un film : "In my room" le monde post-apocalyptique d'Ulrich Köhler 

Comme sa compagne Maren Ade - réalisatrice de Toni Erdmann-, Ulrich Köhler réinvente avec brio le cinéma d’Outre-Rhin. Dans ce nouveau film, il brouille les pistes en suivant au départ le quotidien éprouvant d’un loser quadra, mais qui va devoir se muer en Robinson dans un survival inattendu. En dire plus serait gâcher le plaisir qui vous attend.

  • In my room d’Ulrich Köhler (date de sortie : 9 janvier)