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Tiago Rodrigues, la délicatesse faite homme

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La pièce Sopro mise en scène Tiago Rodrigues
La pièce Sopro mise en scène Tiago Rodrigues
- Christophe Raynaud de Lage

Avignon 2017. Avignon IN. SOPRO, le Souffle, écrit et mis en scène au théâtre des Carmes par le portugais Tiago Rodrigues sera proposé à Paris, au théâtre de la Bastille en 2018. Une chance pour ceux qui ne l’auront pas vu à Avignon car c’était l’un des grands rendez vous du festival.

L'avis de Joëlle Gayot sur Sopro, pièce mis en scène par Tiago Rodrigues

1 min

C’est l’un des plus beaux espaces qu’on ait vu dans le festival. Un plateau de bois ajouré, éclairé par une lumière venue d’en dessous qui le fait palpiter sous nos yeux. En surface, il y a des herbes folles qui poussent ici et là et une méridienne rouge. Tiago Rodrigues dévoile l’envers du décor. Il montre ce qui nourrit le théâtre, lui permet d’exister et que le public, d’habitude, ne voit pas. Dans Sopro, le Souffle, il a décidé de rendre hommage à la souffleuse du théâtre de Lisbonne, dont il est le directeur.

Un hommage au théâtre et à ceux qui le font

Christina, c’est son nom, est donc sur scène. Elle est vêtue de noir, elle tient entre ses mains le manuscrit de la pièce qui se joue. Ses yeux vont et viennent du texte aux acteurs à qui elle le chuchote. Elle les suit pas à pas. Elle veille sur eux comme une mère le ferait sur les premiers pas de son enfant. Eux, ils arpentent le plateau et se promènent dans les pièces avec une élégance folle. Ils passent d’auteurs en auteurs, s’attardent longuement chez Tchekhov dont ils revisitent quelques scènes. L’action se passe dans un théâtre. Alors ils jouent à jouer et répètent leur pièce. Un homme et une femme se séparent. Ils se disent des mots durs, se les disent et se les redisent encore jusqu’à trouver la note juste quand soudain la souffleuse, mécontente de la chute, décide de changer la fin de l’échange pour les réconcilier.

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Une délicatesse qui apaise

Devant ce spectacle, on sourit beaucoup. On sourit parce qu’on est heureux. On sourit parce qu’il y a, comme toujours chez Tiago Rodrigues, une délicatesse qui apaise, un charme fou, une douceur d’être qui tranquillise. Il dit vouloir faire entendre ce qui ne s’entend. Le murmure, le souffle, le bruit ténu que font ceux qui n’ont pas envie de crier. Il dit ne pas aimer le spectaculaire et lui préférer l’intime. On a envie de lui répondre : surtout, ne changez rien !

Au Théâtre des Carmes jusqu’au 13 juillet.