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Tirs de missile, nucléaire : la course à l'armement de la Corée du Nord

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© Visactu

La Corée du Nord a annoncé avoir testé avec succès une bombe à hydrogène. Cette nouvelle étape dans les velléités de Pyongyang inquiète la communauté internationale, qui fait face depuis une trentaine d'années à un programme militaire de plus en plus développé, en particulier sous Kim Jong-un.

Ce dimanche, la Corée du Nord a affirmé avoir procédé à un essai nucléaire pour tester sa nouvelle bombe H. Une bombe thermonucléaire à hydrogène d'une puissance estimée à 50 kilotonnes, soit cinq fois plus que le précédent test nord-coréen, et plus de trois fois plus que la bombe américaine qui a ravagé Hiroshima en 1945, selon des responsables sud-coréens. Pyongyang et son dirigeant Kim Jong-un ont été vivement condamnés par la communauté internationale, comme il y a à peine quelques jours après le tir d'un missile qui avait survolé pendant deux minutes l'île de Hokkaido, au nord du Japon, avant de s’abîmer dans le Pacifique. L'émoi est grand dans la communauté internationale, qui fait face à l'accélération d'une histoire qui a débuté il y a une trentaine d'années.

Fin des années 1970

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La Corée du Nord de Kim Il-sung commence à travailler sur une version du missile soviétique Scud-B avec une portée de 300 kilomètres. Un test a lieu en 1984.

1987-1992

Les développements se poursuivent pour des versions du Scud-C (500 km), du Rodong-1 (1.300km), du Taepodong-1 (2.500 km), du Musudan-1 (3.000 km) et du Taepodong-2 (6.700 km). Alors qu'en 1989 des photos satellite américaines révèlent un centre nucléaire à Yongbyon, au nord de Pyongyang.

1993

Après s'être soumise à plusieurs inspections de l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique sous l'égide de l'ONU, la Corée du Nord refuse que soient visitées des bases secrètes. En mai, elle teste un missile à capacité nucléaire d'une portée de 1.000 kilomètres.

1994

Accord entre Washington (Bill Clinton) et Pyongyang (Kim Jong-il désormais), qui s'engage à geler et démanteler son programme nucléaire militaire en échange de réacteurs civils. Le projet de centrale à eau légère n'aboutira pas.

1998

Tentative de lancement du Taepodong-1 au dessus du Japon. Pyongyang dit avoir voulu mettre un satellite en orbite. Les Etats-Unis affirment qu'il s'agit d'un missile.

1999

La Corée du Nord déclare en septembre un moratoire sur les essais de missiles à longue portée, avec en toile de fond l'amélioration des relations avec Washington, qui allège ses sanctions.

2000

Les négociations américano-nord-coréennes sur les missiles échouent en juillet. Pyongyang avait réclamé un milliard de dollars par an pour cesser les exportations de ces engins.

2002

En janvier, le président George W. Bush cite la Corée du Nord parmi les pays de "l'axe du mal", aux côtés de l'Iran et de l'Irak.

En octobre, l'émissaire américain James Kelly annonce que Pyongyang a admis développer un programme d'enrichissement d'uranium violant l'accord de 1994.

2003

En août, premiers pourparlers à Six à Pékin (Chine, deux Corées, Etats-Unis, Japon, Russie) : Pyongyang menace d'effectuer un essai nucléaire et se déclare puissance atomique.

2005

Pyongyang met fin, en mars, au moratoire sur les essais de missiles longue portée, mettant en avant la politique "hostile" de l'administration Bush.

2006

Essais début juillet en mer du Japon de sept missiles, dont un Taepodong-2 (longue portée), qui explose en vol après 40 secondes.

Le Japon saisit le Conseil de sécurité de l'ONU, et la résolution 1695 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l'unanimité, interdit la mise en vente de tout matériel qui permettrait potentiellement à la Corée du Nord de renforcer son programme d'armement en missiles balistiques.

"Nous renoncerons à notre programme nucléaire le jour où nous aurons trouvé un mode de coexistence avec les États-Unis", déclare en septembre le vice-ministre des affaires étrangères.

Et le 9 octobre, le premier essai nucléaire souterrain est justifié pour renforcer son "autodéfense" face aux États-Unis.

Missile Taepodong lors d'un défilé en juillet 2013 à Pyongyang
Missile Taepodong lors d'un défilé en juillet 2013 à Pyongyang
© AFP - Ed Jones

2008

Les Etats-Unis retirent en octobre la Corée du Nord de leur liste des Etats soutenant le terrorisme ("axe du mal") en échange du contrôle de "toutes les installations nucléaires" du régime communiste.

2009

Le 5 avril, une fusée longue portée survole le Japon et tombe dans le Pacifique, lors d'une tentative, selon Pyongyang, de mettre en orbite un satellite. Pour les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud, il s'agit d'un test déguisé du missile Taepodong-2.

Le 25 mai, un deuxième essai nucléaire souterrain a lieu, beaucoup plus puissant que le premier.

2012

Alors que Kim Jong-un vient de remplacer son père défunt Kim Jong-il à la tête du pays, une fusée est tirée mi avril depuis la base de Tongchang-ri (site de Sohae). Le lanceur se désintègre quelques minutes après le décollage. Le jeune dictateur de moins de 30 ans déclare notamment dans son premier discours public à la Nation que "La supériorité militaire et technologique n'est plus uniquement aux mains des impérialistes. Le temps où l'ennemi nous menaçait et faisait du chantage avec des bombes atomiques est bel et bien terminé."

Le 12 décembre, une fusée est lancée avec succès pour officiellement mettre en orbite un satellite civil d'observation terrestre. L'acte est largement considéré comme un nouvel essai de missile balistique.

2013

Troisième essai nucléaire souterrain en février.

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2016

Un quatrième essai nucléaire souterrain a lieu le 6 janvier. Pyongyang affirme avoir testé une bombe à hydrogène, ce qui est largement mis en doute par les spécialistes.

Un mois plus tard, Pyongyang affirme avoir réussi son deuxième tir de fusée spatiale et avoir mis un satellite en orbite.

Début mars, Kim Jong-un soutient que Pyongyang a réussi à miniaturiser une tête thermonucléaire.

Tentative de tir de missile depuis un sous-marin le 23 avril.

Le 8 juillet, Washington et Séoul annoncent leur projet de déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain THAAD. Quelques jours plus tard, dix membres du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que l’Australie et la Corée du Sud demandent au Comité des sanctions de l’ONU d’"étudier soigneusement les détails connus" sur les lancements par la Corée du Nord de trois missiles balistiques Scud le 18 juillet.

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Le 3 août, pour la première fois, la Corée du Nord tire directement un missile balistique dans la zone économique maritime du Japon.

Le 9 septembre, un cinquième essai nucléaire émane du nord-est de la Corée du Nord, sur le site de Punggye-ri (comté de Kilju). "Le plus puissant à ce jour", d'après des sources gouvernementales et militaires sud-coréennes.

2017

Le 6 mars, le Nord tire quatre missiles balistiques pour simuler, dit-il, une attaque des bases américaines au Japon. Le lendemain, les Etats-Unis débutent le déploiement du bouclier antimissile THAAD.

Le 14 mai, un missile nord coréen parcourt 700 km avant de tomber en mer du Japon. Les experts pensent que ce projectile a une portée potentielle de 4.500 km et peut atteindre les bases américaines de l'île de Guam.

Le 4 juillet, nouveau tir pour une portée estimée à 6.700 km, avec l'Alaska à sa portée, selon les experts. Pyongyang annonce l'essai "historique" du Hwasong-14 présenté comme un missile intercontinental (ICBM).

Le 28 juillet, Pyongyang lance cette fois un missile d'une portée théorique de 10.000 kilomètres, soit une bonne partie du continent américain menacée, mais aussi la France.

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Le 7 août, après un renforcement des sanctions économiques à son encontre, via une résolution des Nations unies votée à l'unanimité (y compris par la Chine), Pyongyang déclare dans un communiqué :

"Nous ne mettrons pas notre (programme de) dissuasion nucléaire sur la table de négociations" tant que le Nord est menacé par Washington. Pyongyang "ne reculera pas d'un seul pas s'agissant du renforcement de (sa) puissance nucléaire". Et de menacer les Etats-Unis de leur "faire payer le prix de leur crime (...) un millier de fois".

Le président américain réplique depuis son golf de Bedminster où il passe ses vacances :

La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis. Elles se heurteront au feu et à la colère, a ajouté Donald Trump, promettant une réaction d'une ampleur "que le monde n'a jamais vue jusqu'ici".

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L'escalade verbale se poursuivra les jours suivants faisant craindre le déclenchement d'un conflit majeur. La Corée du Nord affirme ainsi le 9 août qu'elle envisage de tirer des missiles balistiques à portée intermédiaire vers les bases américaines de l'île de Guam, dans le Pacifique.

Le 26 août, nouveau tir de trois missiles balistiques à courte portée.

Trois jours plus tard, nouveau tir d'un missile qui survole le Japon avant de s'abîmer dans le Pacifique, à 1 180 km à l'est. Selon les spécialistes, c'est un missile de portée intermédiaire de type Hwasong-12. Les sirènes ont retenti dans le nord du Japon et des millions d'habitants ont reçu par texto un message d'alerte du gouvernement leur demandant de se mettre à l'abri. Le trafic ferroviaire a été temporairement suspendu. "Toutes les lignes sont perturbées. Motif : tir de missile balistique", pouvait-on ainsi lire à Sapporo, principale cité de l'île d'Hokkaido, dans le nord de l'archipel. Selon Séoul, il a parcouru 2.700 kilomètres à une altitude maximum d'environ 550 kilomètres. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe dénonce "une menace grave et sans précédent". Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné « fermement » mardi 29 août ce tir qui a survolé le Japon. La déclaration de l’exécutif onusien a été approuvée à l’unanimité par ses 15 membres, après trois heures de réunion. Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence à la demande de Tokyo et Washington, condamnant "fermement" le tir de missile, et a demandé à " tous les Etats membres d’appliquer strictement et pleinement" les résolutions de la communauté internationale, dont celles imposant des sanctions économiques à Pyongyang.

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Le 3 septembre, la Corée du Nord annonce un sixième essai nucléaire, onze ans après le premier en 2006. Un test pour une nouvelle bombe H, bombe thermonucléaire à hydrogène, dont la puissance estimée est de 50 kilotonnes : soit cinq fois plus que le précédent test nord-coréen, et plus de trois fois plus que la bombe américaine qui a ravagé Hiroshima en 1945, selon des responsables sud-coréens. Les sismologues ont mesuré une secousse d'une magnitude de 6,3 près du principal site de tests atomiques nord-coréens, Punggye-ri.

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Les Etats-Unis menacent le soir même le régime de Pyongyang d'une "réponse militaire massive" au cas où il menacerait leur territoire ou celui de leurs alliés. Donald Trump s'en prend aussi à tous ceux qui commercent avec la Corée du Nord.

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Séoul annonce de son côté que la Corée du Sud et les Etats-Unis vont déployer davantage de défenses antimissiles. Et le Conseil de sécurité de l'ONU va de nouveau se réunir en urgence, alors la Chine a annoncé ce lundi avoir protesté officiellement auprès de la Corée du Nord.

L'arsenal existant et possiblement à venir de la Corée du Nord. Précisions d'Eric Biegala

48 sec

Avec AFP

58 min
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