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Tom Wolfe : "Ce que j'aime chez Balzac et Zola, c'est que leur amour de la vérité a surmonté leur sentiment politique"

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Tom Wolfe à paris en 1988
Tom Wolfe à paris en 1988
© Getty - William STEVENS/Gamma-Rapho via Getty Images

Disparition. Le dandy habillé de blanc, auteur du célèbre "Bûcher des vanités", est mort aux Etats-Unis à l'âge de 88 ans. Ecoutez-le en 2006, invité des Matins de France Culture à l'occasion de la parution de son roman "Moi, Charlotte Simmons", livrer un nouveau portrait affûté de la société américaine.

L'écrivain américain Tom Wolfe est mort ce lundi 14 mai à New York à l'âge de 88 ans. Après de longues années dans le journalisme, promoteur notamment d'un "new journalism" qui se focalisait sur la description des faits, il avait connu la gloire aux Etats-Unis et dans le monde occidental au cours des années 1980 avec son deuxième roman Le Bûcher des vanités. Un texte marquant qui faisait des années Reagan un monde de cupidité et d'ambitions dévorantes. 

Le roman avait été porté au cinéma en 1991, par Brian de Palma, tout comme le précédent ouvrage de Tom Wolfe, L'Etoffe des héros, récit de la conquête spatiale dont un film avait été tiré en 1983. 

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Cinq romans

Au total, entre 1979 et 2013, Tom Wolfe n'a publié que cinq gros romans ou récits, mais c'est sans compter ses nombreux articles de presse et essais, tout au long de sa carrière, qui l'ont à de nombreuses reprises fait apparaître sous un jour pour le moins conservateur.

En 2006, il était l'invité exceptionnel des Matins de France Culture présenté par Nicolas Demorand, à l'occasion de la parution en français de son roman Moi, Charlotte Simmons. Ce texte sur la vie d'une jeune femme à l'université fut pour lui l'occasion de livrer son analyse sur les études supérieures aux Etats-Unis, le politiquement correct et la libération des mœurs. Il revenait sur sa propre jeunesse à lui, faite de couvre-feux et de "concierges sexuels", ajoutant "je ne peux pas vous décrire à quel point c'était différent : ce n'était pas mixte à l'époque".

Dans son souci d'écrivain à toucher la vérité, la décrire avec précision, il parlait aussi du talent des deux auteurs pour lesquels il avait le plus d'admiration, Balzac et Zola.

Tom Wolfe dans les Matins - 1ère partie

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Tom Wolfe dans les Matins - 2e partie

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Je me suis toujours considéré comme une personne totalement objective. Ce n'est pas à la mode d'être objectif.

Ce que j'aime au sujet de Balzac et Zola, c'est que leur amour de la vérité a surmonté leur sentiment politique. Balzac était un monarchiste, mais ce qu'il a écrit a fait plus pour faire advenir la Révolution de 1848 que quiconque d'autre en France.

J'aime voir des écrivains dont l'ego est suffisant pour qu'ils se fichent des partis politiques mais qu'ils décrivent ce qu'ils voient.

Ce mardi 15 mai, dans le Journal de 18h, l'écrivain Philippe Labro rendait hommage à celui qu'il considérait comme un très grand écrivain.

"C'est un immense écrivain qui s'en va", considère Philippe Labro dans ce portrait signé Cécile de Kervasdoué

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