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Toucher l’ancien présent et le futur déjà là

Par
Catherine Brun au CCIC, 2017
Catherine Brun au CCIC, 2017
- CCIC

"Je pensais alors que "du même pays" voulait dire splendeur côtière, immensité des paysages, couleur de terre forte, et il m’apparut que toutes les explications des déchirements et désastres et luttes historiques de l’Algérie avaient été grevées d’un grand oubli." N. Farès, Un Passager de l’Occident

Cette communication a été enregistrée dans le cadre du colloque intitulé L'Algérie, traversées qui s'est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 13 au 20 juillet 2017, sous la direction de Ghyslain LÉVY, Catherine MAZAURIC et Anne ROCHE.

L’Algérie a fait l’objet, ces dernières années, de nombreuses recherches (colloques, publications) axées notamment sur la guerre d’Indépendance. Ce colloque, tout en tenant compte des avancées scientifiques dans le domaine, repose sur un point de vue différent. À partir des divers dénis de la réalité historique, politique et anthropologique, à partir de passés incompris (et voués à se répéter), il entend interroger l’histoire collective et ses entrecroisements avec les histoires individuelles: à quels silences, mutismes, blancs de la mémoire, exils hors de soi, renvoient les souffrances hors langage que chaque histoire singulière (franco-judéo-algérienne) porte en elle ?

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Catherine Brun est professeur à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et membre de l’UMR THALIM. Ses thèmes de recherche concernent la littérature et l'histoire ; la littérature et la politique (écriture du trauma et de la guerre, notamment d'Algérie) ; les modalités contemporaines de l'écriture de l'événement - historique, politique, quotidien.

Toucher l’ancien présent et le futur déjà là, par Catherine Brun

40 min

Se demander si le passé algérien a un futur, et lequel, comme voudrait le faire ce colloque, c’est s’interroger sur les inaccomplis dont les accomplis sont gros. C’est donc d’abord revenir sur ces accomplis, sur les fluctuations qui caractérisent leur perception et leurs usages (historiques, politiques, mémoriels). C’est aussi rappeler le statut problématique du présent, grevé par le legs de passés à géométries variables, et hypothéqué par l’à-venir supposé l’orienter. C’est, ainsi, tenter de voir dans quelle mesure la littérature, non contente de nous mettre au contact des accomplis tus, tente de défaire les inaccomplis prévisibles.