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Traitement médiatique des attentats : le CSA appelle à la retenue

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Opérations spéciales sur les chaînes de télévision après l'attentat de Nice
Opérations spéciales sur les chaînes de télévision après l'attentat de Nice
- capture d'écran de France 2

Les autorités multiplient les appels à ne pas relayer d'images des victimes sur les réseaux. Mais la nuit de l'attentat, ce sont les télévisions elles-mêmes qui ont diffusé des séquences particulièrement violentes. Un traitement très critiqué sur les réseaux sociaux.

«#CSAcoupeztout ». Le hashtag est apparu dans la nuit de jeudi à vendredi sur les réseaux sociaux. Une manière pour les internautes d’interpeller le gendarme de l'audiovisuel sur le traitement de l'attentat de Nice par les télévisions. Vivement critiquée, la diffusion d'images montrant le parcours meurtrier du camion, des morts et des blessés.
Une séquence particulièrement choquante a été diffusée par France 2 lors de son édition spéciale dès jeudi soir. Un homme, tout juste rescapé de l'attaque y est interviewé, assis par terre. A côté, sous un drap, le cadavre de sa femme.

Vendredi matin,  France Télévisions a présenté ses excuses à l'ensemble du public ainsi qu'à ses salariés. La direction parle d'une "erreur de jugement commise en raison de ces circonstances particulières. (...) " Et ajoute que "la diffusion de ce type d’images ne correspond pas à la conception de l’information des journalistes et de l’entreprise."

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Certaines chaînes d’information en continu, comme LCI, ont aussi repris des rumeurs, comme celle d’une prise d’otage. Dans un communiqué, le CSA a appelé les chaînes de radio et de télévision à la retenue.

« Le Conseil supérieur de l’audiovisuel appelle les télévisions et les radios à la prudence et à la retenue, protectrices de la dignité humaine et de la douleur des personnes, tout au long des reportages sur le terrible attentat dont notre pays a été victime hier soir. Il s’est d’ores et déjà saisi des images et des comptes rendus diffusés toute la nuit. »

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Le CSA a déjà reçu plus de 150 signalements via son site Internet. Et dès ce vendredi matin, une douzaine de personnes ont commencé à visionner plus de 200 heures de vidéos pour établir s'il y a eu des manquements aux obligations.

Le CSA a le pouvoir de sanctionner les médias de manière graduée. Après les attentats de janvier 2015, 21 médias avait été mis en demeure, alors que 500 heures de télévision mais aussi de radio avaient été examinées. La mise en demeure étant un dernier avertissement avant les sanctions financières, une suspension partielle de l'antenne voire une interdiction définitive d'émettre en cas de récidive manifeste. Et lors de la couverture des attentats du 13 novembre 2015, la nécessité de meilleures pratiques avait été soulignée.

Cette fois, les médias concernés pourraient donc être sanctionnés de manière plus lourde.

"La vue n'est pas l'explication"

Selon la sémiologue et analyste des médias Virginie Spiès, France 2 a pris l'antenne à un moment, en soirée, où elle n'était pas prête pour cela. (A une date où les effectifs des rédactions sont particulièrement allégés). Mais plus globalement, se pose la question du "remplissage" pour les chaînes de télévisions, lorsque le sujet ne s'y prête pas. Elle répond à Abdelhak el Idrissi :

"L'information en continu fait qu'il faut tout le temps alimenter, tout le temps montrer, tout le temps parler, alors que la particularité de ces événements c'est qu'on n'a pas l'information encore. Devoir alimenter tout le temps alors que certes on a peut-être des images, mais on en a pas tant que cela. Et d'abord on ne peut pas toutes les montrer, car cela peut être grave, dangereux, offensant, et on a surtout pas l'explication."

#Nice : "chaque chaîne essaie de tirer la couverture" (Virginie Spiès)

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