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Transmettre le savoir

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Transmettre le savoir
Transmettre le savoir
© Getty - Saksit Kuson / EyeEm

"La véritable transmission c’est accepter de recevoir quelque chose qui me correspond, qui me rejoint quelque part, mais en même temps qui me vient d’un autre et qui va me modifier. C’est accepter d’être modifié par ce que je reçois."

Comment transmettre à l'heure où l’outil numérique semble tout remplacer ? Pourquoi transmettre dans un monde où seules l’innovation, l’instantanéité et l’expérimentation subjective semblent valorisées ? Que transmettre alors que toutes les informations sont aujourd’hui à portée de clics ? La perte des modes traditionnels de donation de sens n’est pas synonyme de vacuité ; derrière les discours de crise, la jeunesse se mobilise et nous interpelle. La transmission est-elle le dernier bastion de la tradition ou bien au contraire, un appel bienvenu à embrasser la modernité ?

La transmission c’est toujours un jeu entre le même et l’autre. […] la véritable transmission c’est accepter de recevoir quelque chose qui me correspond, qui me rejoint quelque part, mais en même temps qui me vient d’un autre et qui va me modifier. C’est accepter d’être modifié par ce que je reçois. Marguerite Léna

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Le modèle d’apprentissage de pratiques artisanales en dit très long sur ce qu’est la transmission. […] Quand on devient dépositaire de ce savoir qui s’est développé avec une espèce de filtre des ans, c’est-à-dire une accumulation d’expérimentations empiriques sur les chantiers, on se sait dépositaire et donc redevable envers l’ensemble du corps de métier qui a développé ces savoirs pendant des siècles. On se sent redevable de les transmettre à d’autres. […] On ne maîtrise pas ces savoirs seulement pour soi-même mais aussi pour les générations à venir. Donc le chantier, et les métiers de l’apprentissage en règle générale, sont des lieux où la notion de la crise de la transmission n’a pas vraiment de sens. Arthur Lochmann

Il y a une vraie envie de savoir et d’apprendre. Il faut juste trouver les bons moyens qui sont plus en adéquation avec nos nouvelles habitudes de lecture, avec le temps qu’on a, avec les moyens qui fonctionnent. […] Il faut réfléchir pour s’adapter, pour rentrer dans le quotidien des gens. […] Il faut essayer de toucher les gens autrement, c’est-à-dire là où ils sont, sur leur téléphone, via le numérique, dans leurs mails, pour continuer à transmettre et à diffuser le savoir, parce que c’est essentiel d’avoir une société la plus éclairée possible. Coline Debayle

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Un débat enregistré en mai 2019, organisé par des étudiants de Sciences Po Paris.

Coline Debayle, co-fondatrice d'Artips

Marguerite Léna, philosophe et théologienne

Arthur Lochmann, philosophe, traducteur et charpentier.

En savoir plus : La transmission dans tous ses états