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Transparence, comédies musicales, écologie et Jean Racine : la Session de rattrapage

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La Session de rattrapage
La Session de rattrapage

Sélection . Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à réécouter.

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Bonjour à toutes et à tous,

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Cette semaine, 1 000 scientifiques ont publié une tribune dans le journal Le Monde visant à alerter le grand public et les décideurs politiques sur la crise écologique en cours. Il y a quelques mois, c'étaient 11 000 scientifiques internationaux qui déploraient “l’échec de l’humanité” à agir. Les appels se suivent et se ressemblent ? Peut-être. Mais cette fois, les signataires plaident pour une action plus radicale, enjoignant les citoyens à participer à des actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologiques, tel Extinction Rebellion. Les incendies qui ont asphyxié São Paulo, Singapour ou encore Sydney, continuent d’enflammer les consciences. Alors que le peuple des Gwich'in, au nord de l'Alaska, vit très concrètement le réchauffement climatique, des femmes et des hommes, un peu partout dans le monde, ressentent une forme de solastalgie, une détresse éprouvée face à la dégradation de l’environnement. La planète bénéficiera-t-elle de l’affrontement entre la Chine et États-Unis ou faut-il créer d’autres lois de protection de la nature, comme il en existe depuis le VIIe siècle ? Le changement des pratiques semble “inévitable”. 

Bonnes écoutes. Pauline Petit

COMPRENDRE

Comment tracer la frontière entre information d'intérêt général et respect de la vie privée ?
Comment tracer la frontière entre information d'intérêt général et respect de la vie privée ?
© Getty

La transparence, à quel prix ?Il n’y a plus rien à faire, il va falloir serrer les dents” : c'est le premier conseil qu'on donne à Gaspard, analyste financier, quand il apprend que sa boîte mail a été piratée et son intimité, brisée, au début du second roman de Quentin Lafay. Une fiction qui trouve écho dans le réel, puisque l'écrivain, ancien conseiller d'Emmanuel Macron, avait vu ses correspondances privées dévoilées lors des “Macronleaks”, fuite de plus de 20 000 courriers électroniques liés à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, en 2017. (L'Invité(e) des matins, 26 min)

Nuits blanches. Il y a dix ans, une pétition intitulée “Paris : quand la nuit meurt en silence” dressait le portrait d’une capitale désertée par les noctambules. Les boîtes de nuit disparaissent les unes après les autres, et c’est un nouveau monde de la nuit qui se fait jour… (Entendez-vous l’éco, 58 min)

Commerces et convivialité. À quelques semaines des élections municipales, la question de la disparition des commerces de centre-ville, notamment dénoncée par les gilets jaunes, est revenue dans le débat public. Le premier ministre Édouard Philippe était jeudi dernier dans les Vosges pour évoquer la ruralité et la perte de dynamisme des centres urbains. Les magasins sont-ils des lieux d'intérêt public ? (Le Temps du débat, 39 min)

Coup de froid. Finis les 37 degrés ! Notre température a changé. D’après une étude menée par des chercheurs de l’université de Stanford et publiée dans la revue eLife, depuis le XIXe siècle, la température corporelle des femmes a baissé de 0,3 degré et celle des hommes de 0,6 degré. Comment l'expliquer ? (La Question du jour, 7 min)

APPRENDRE

Mary Poppins, de Robert Stevenson, 1964
Mary Poppins, de Robert Stevenson, 1964
© Getty - Silver Screen Collection/Hulton Archive

Supercalifragilisticexpidélilicieux. Vous avez sûrement chanté et dansé en regardant les aventures de Mary Poppins, l’adaptation en comédie musicale du roman de Pamela L. Travers. Mais, dans un univers réaliste teinté de magie, cette "histoire de conversion à la joie de vivre" recèle des messages plus philosophiques qu'il y paraît, tout comme West Side Story ou Chantons sous la pluie. (Les Chemins de la philosophie, 58 min)

Histoire agitée du maintien de l’ordre. En 1667, Colbert crée la lieutenance générale : la police s’institutionnalise, elle s’efforce de se faire aimer de la population comme des élites du royaume. Depuis, la police française n’a eu de cesse de se réinventer, tout en se confrontant toujours aux mêmes problématiques : faut-il réprimer pour protéger ? Quel est le prix de la liberté individuelle face à celui de la sécurité collective ? (Le Cours de l’histoire, 52 min)

Bandes à part... Quel est le point commun entre une colonie de fourmis occupée à construire une fourmilière, des cellules biologiques qui forment un squelette cellulaire, ou les supporters d’un stade qui font une ola ? Ce sont tous ce qu’on appelle des “systèmes complexes”. Au même titre qu’un banc de poissons ou une nuée d’oiseaux, il s’agit d’un système sans coordination centrale qui mène spontanément à l’émergence d’une structure complexe stable. (La Méthode scientifique, 58 min)

L’énigme du massacre de Katyn. En 1940, le NKVD, organe de la police secrète soviétique, fait exécuter plus de 22 000 prisonniers de guerre polonais, dont 4 500 dans la forêt de Katyn. Les Soviétiques admettront la responsabilité de ce massacre seulement sous la présidence de Mikhaïl Gorbatchev en 1990… (Le Journal de l’histoire, 3 min)

DÉCOUVRIR

La Comédie Française interprète Andromaque de Jean Racine, dirigé par Muriel Mayette à Paris, France le 15 octobre 2010.
La Comédie Française interprète Andromaque de Jean Racine, dirigé par Muriel Mayette à Paris, France le 15 octobre 2010.
© Getty - Raphael GAILLARDE

L’amour à la Racine. Les passions ambiguës, la transgression, l’abandon ou encore la trahison… L'amour que peint si finement le dramaturge classique Jean Racine dans ses tragédies, comment le vit-il en tant qu'homme ? A la découverte de Jean Racine personnage romanesque. (La Compagnie des œuvres, 59 min)

Folie dansante. L’hôpital de la Salpêtrière, qui n’accueillait que des femmes jusqu’en 1968, organisait fin XIXe siècle un bal de la mi-carême appelé “le bal des folles". Y était conviée la bonne société parisienne, venue frissonner à la vue de ces femmes épileptiques, que l’on appelait alors les “hystériques”. L'une d'entre elle triomphera plus tard au Moulin-Rouge. (Une Histoire particulière, 28 min)

Des vagues d’images. "Je ne pense pas que l’image soit une drogue, je pense qu'elle est une production." Peter Szendy, penseur de l'"iconomie" (un concept qu’il utilise pour désigner l’économie propre aux images), poursuit son entreprise d'analyse du flux de représentations qui sature notre environnement dans une exposition avec 48 artistes et une grande diversité de supports et de genres. (La Grande table culture, 27 min)

LA CITATION

Maboula Soumahoro
Maboula Soumahoro
© Getty - Eric Fougere/VIP Images/Corbis via Getty Images

Cette semaine, la citation nous vient de Maboula Soumahoro, spécialiste en études africaines-américaines et de la diaspora noire-africaine. Invitée de la Grande table idées, Maboula Soumahoro expliquait comment l’esclavage colonial s’est “inscrit dans le corps” tel “un nouvel ordre sociopolitique” :

L’esclavage colonial, cette ère moderne de grandes découvertes menées par les Européens à partir de 1492, pour être schématique, correspond au moment de l'histoire humaine où les identités noires et blanches ont émergé. Avant cette période, les êtres humains et les sociétés humaines ne se définissait pas sur la base de la couleur de peau. Il y a eu une invention et elle perdure aujourd'hui encore, c'est-à-dire que les corps ont été construits, perçus d'une certaine façon, qui fait qu'aujourd'hui, vous êtes un homme qui peut être perçu comme Blanc dans l'espace public, et je suis une femme perçue comme Noire dans l'espace public. Maboula Soumahoro

Pour finir cette session, rendons hommage aux baleines, dont c'était la "journée internationale", jeudi dernier. L'occasion de découvrir l’un des talents, plus ou moins cachés, de ces grands mammifères marins : le chant. Car oui, les baleines chantent. On dit même des baleines boréales qu'elles chantent du jazz ! Contrairement à l’idée que l’on s’en fait parfois, les fonds marins ne sont donc pas de paisibles espaces de silence. "Les poissons font des sons, les crevettes font des sons, même le corail fait du son, explique même le bio-acousticien Olivier Adam. À la semaine prochaine !