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Triste ou dépressif, turbulent ou hyperactif ? Pourquoi le normal devient pathologique

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Pourquoi le normal devient pathologique
Pourquoi le normal devient pathologique
© Getty - Jessica Neuwerth Photography

Des phénomènes considérés comme normaux finissent par se retrouver dans le registre du pathologique et être traités comme tels. Le deuil ou les colères enfantines en témoignent. La tristesse devient dépression, l’enfant turbulent souffre d’hyperactivité. Les bords flous du normal et du pathologique.

La ligne de démarcation entre normal et pathologique paraît facile à tracer lorsqu’elle repose sur des indications physiologiques. Mais dans le domaine psycho-cognitif où n’existent ni norme, ni mesure malgré le développement de multiples échelles, la ligne de démarcation est difficile à tracer ; il y a de nouvelles entités pathologiques et de nouveaux critères diagnostiques.

La frontière entre amélioration d’une part, restauration et traitement d’autre part, est floue et, de plus, elle fluctue au gré de celle qui est, à un moment donné, proposée pour différencier le normal du pathologique. Il ne peut non plus exister de frontière nette entre recherche thérapeutique chez le sujet malade et recherche cognitive chez le sujet non malade, même si les impératifs méthodologiques obligent à utiliser des critères très restrictifs pour tenter de définir le "sûrement malade" et le "probablement normal."

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Quand le normal devient pathologique

55 min

Une conférence enregistrée en 2016.

Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie arabe et de philosophie de la logique. Il enseigne actuellement à l’Université de Paris Est Créteil Val de Marne et à Sciences Po Paris. Spécialiste de logique et des œuvres de Frege, Russell et Whitehead, il organise par ailleurs des colloques au Maroc dans le cadre de la convention entre le Collège international de philosophie et la Fondation du roi Abdul Aziz pour les sciences humaines et les études islamiques.

3 min