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Turquie : coup d'État avorté

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Des civils sur un char sur le pont du Bosphore à Istanbul samedi 16 juillet
Des civils sur un char sur le pont du Bosphore à Istanbul samedi 16 juillet
© AFP - Bulent Kilic

265 morts, 1 440 blessés et plus de 2 800 arrestations dans le pays selon le gouvernement. Des militaires putschistes ont tenté de prendre le pouvoir ce vendredi pour "restaurer la liberté et la démocratie". Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un "soulèvement d'une minorité au sein de l'armée".

Dernière actualisation : ce samedi à 22h. Suivez l'évolution des événements dans nos journaux

Retour progressif à "la normale" ce samedi matin en Turquie. Selon le Premier ministre, le coup d'Etat avorté a fait 265 tués et 1.440 blessés parmi les forces loyalistes et les civils. 104 putschistes ont été tués et plus de 2 800 militaires ont été arrêtés (selon le chef de l'armée).
Le président islamo-conservateur turc promet le "nettoyage" de l'armée turque. Recep Tayyip Erdogan appelle aussi de nouveau la population à le soutenir dans la rue, via notamment des SMS, et accuse son ennemi, le très influent imam Fethullah Gülen, en exil aux États-Unis, d'avoir fomenté ce putsch. Ancien allié du président, Gülen a condamné dans un communiqué cette tentative de coup d'Etat : "Pour quelqu'un qui a souffert de nombreux coups d'Etat au cours des cinq dernières décennies, il est tout à fait insultant d'être accusé d'avoir un lien quelconque avec une telle tentative. Je réfute catégoriquement de telles accusations."

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Ecoutez la correspondance depuis Istanbul d'Alexandre Billette :

La situation en Turquie ce samedi à 18h

1 min

Turquie : au lendemain du coup d'Etat avorté
Turquie : au lendemain du coup d'Etat avorté
© Radio France - VisActu

L'économiste et politologue turc Ahmet Insel, qui enseigne à l’université Galatasaray d'Istanbul, craint désormais une accentuation de la dérive autoritaire du pouvoir, en particulier du président :

"Je pense que maintenant un immense boulevard est ouvert à Recep Tayyip Erdogan qui pourrait se draper du titre de héros de la démocratie."

1 min

Devant des journalistes ce samedi, François Hollande a estimé que l'"on va avoir une période à la fois de grande accalmie, mais enfin, il y aura sans doute des répressions qui vont avoir lieu, j'imagine qu'il va y avoir un certain nombre de militaires qui vont devoir répondre de ce qu'ils ont fait ou de ce qu'ils n'ont pas fait".

Une nuit de chaos

Des ponts d'Istanbul bloqués, l'aéroport d'Istanbul-Atatürk fermé sous contrôle de l'armée, des coups de feu autour du siège de la police, des avions de chasse et hélicoptères au dessus d'Ankara, le Parlement bombardé et en partie en feu dans la capitale, la chaîne publique TRT qui cesse d'émettre, l'accès à Facebook, Twitter et Youtube restreint… Les événements s'étaient accélérés depuis ce vendredi en toute fin de soirée.

Le bilan des événements en Turquie ce samedi à 13h
Le bilan des événements en Turquie ce samedi à 13h
© Radio France - VisActu

Tout avait commencé par une déclaration du Premier ministre turc vers 23h. Binali Yildirim annonce une tentative de coup d’État émanant d'un « groupe au sein de l'armée ».

Un communiqué de l'armée confirme très vite ces propos. Des militaires, dont on ignore précisément l'identité, disent avoir pris le pouvoir pour « restaurer l'ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l'homme, la suprématie du droit et la sécurité ». Ils ont formé un "conseil de paix" et ajoutent que toutes les relations internationales sont maintenues et que l'état de droit doit rester une priorité. Alors que le chef d’État major serait retenu en otage.

Recep Tayyip Erdogan, jusqu'ici en vacances à Bodrum et placé "en lieu sûr" selon la présidence turque, a dénonce un "soulèvement d'une minorité au sein de l'armée", accusant à mi mots le mouvement de Fethullah Gülen. Il appelle les Turcs à descendre dans la rue et à se rassembler sur les places. Et il y a confrontation ( regardez ici la vidéo) :

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A 2 heures, le Premier ministre déclare que cette tentative de coup d'Etat est "largement sous contrôle" et les services de renseignement annoncent un "retour à la normale". Mais peu après, plusieurs médias sont investis par les "putschistes", dont CNNTurk.

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Plusieurs réactions internationales n'ont pas tardé. Le gouvernement grec "suit la situation" avec "attention et sang-froid". La Maison blanche a rapidement tweeté et Barack Obama a appelé à soutenir le président "démocratiquement élu". Angela Merkel fera de même plus tard.

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La Russie s'est dite extrêmement inquiète de la situation, par la voix du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, précisant que le président Vladimir Poutine était tenu constamment informé de l'évolution de la situation. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a appelé à éviter tout affrontement meurtrier, estimant que les problèmes de la Turquie doivent être résolus dans le respect de la Constitution.

Enfin, le quai d'Orsay a recommandé aux Français sur place de rester chez eux, avant de réagir ce samedi matin.

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L'ambassade de France à Ankara et le consulat général à Istanbul avaient annoncé mercredi que les festivités du 14-Juillet étaient annulées "pour des raisons de sécurité".

Pourquoi un tel coup de force ?

"L'armée a vécu ces dernières années une situation très difficile.", analyse Jean Marcou, enseignant-chercheur à Sciences Po Grenoble spécialiste de la Turquie. "D'abord l'élection du président de la République. Élection à un poste qui était traditionnellement occupé par un laïc d'un président de l'AKP, qui était Abdullah Gül, et qui a été une première défaite. Ensuite, il y a eu les grands procès qui ont mis sous les verrous près de 10% des généraux turcs." Ecoutez la suite dans cet entretien réalisé par Camille Revel :

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A écouter demain dimanche à 12h40 > Une semaine dans le monde : Coup d’État manqué en Turquie : derniers feux ou nouvelle ère pour l'autoritarisme ?