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Un campement de Roms à Evry sous le coup d'un démantèlement

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*Dossier réalisé par Tara Schlegel *

A Evry, dans l'Essonne, les Roms ont reçu hier vendredi 24 août un référé d'expulsion.

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**A ce référé le maire socialiste, Francis Chouat vient d'ajouter - ce samedi 25 août - un arrêté municipal d'expulsion. Ce dernier document leur donne 24 heures pour quitter les lieux. Ce qui veut dire que le démantèlement du camp se fera la veille du procès. **

**De quoi étonner, après les dernières décisions du gouvernement qui assure qu'il faut expulser quand la justice l'ordonne ... **

Mais remontons dans le temps, vendredi 24 août - jour où le proriétaire du terrain d'Evry a engagé des poursuites judiciaires : Les 80 personnes qui se sont installés près du RER D, à Evry, au printemps dernier se sont vu distribuer un document : une requête aux fins d'assignation d'heure à heure. Un document de plusieurs pages qui les convoque au Tribunal de Grande instance - mardi 28 août. La justice dira alors s'il doit être procédé à leur expulsion.

La maman de Virgil, place des petites cabanes.
La maman de Virgil, place des petites cabanes.
© Radio France

Le 17 août dernier, le maire d'Evry, dans l'Essonne disait découvrir ce "nouvel" emplacement de familles roms sur sa commune. Françis Chouat tweetait ainsi :** "Nouveau campement rom installé à Evry hier soir avec 25 enfants ... étonnant, non ?".**

Interviewé le mardi 21 août, l'élu socialiste admet ne pas avoir découvert le bidonville, qui est là depuis le printemps. Mais il réaffirme

sa volonté de procéder à une expulsion.

Mais avant d'écouter le maire d'Evry - prôner l'option du relogement, Serge Guichard, militant et président de l'association qui aide les Roms de l'Essonne - décrit dans quelles conditions il a trouvé ce mardi matin la petite fille de Dragomir, qui est logée dans un hôtel meublé, et dont la chambre est prise en charge par le Conseil Général. Serge Guichard :

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Ecoutez le maire d'Evry -** Francis Chouat** - qui fut pendant des années le premier adjoint de Manuel Valls à Evry - (vous pourrez noter que les interviews sont à peine montées, j'ai gardé volontairement la parole des élus et des Roms sans pratiquement y toucher).

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Monsieur le maire explique en quoi ce bidonville est "dangereux" :

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Pour cet élu, il faut proposer un relogement. Seulement dans le département le 115 est débordé et vient de refuser justement d'héberger deux familles Roms avec enfants.

Pourtant, Francis Chouat maintient le cap :

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Les enfants du campement d'Evry, fiers de leurs bébé chats
Les enfants du campement d'Evry, fiers de leurs bébé chats
© Radio France

Dans le 91, des bénévoles aident les familles roms. L'Association de Solidarité en Essonne avec les familles Roumaines et Roms.

**Son président, Serge Guichard, ** répond - par micro interposé - au maire d'Evry :

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3 min

A Rys Orangis, la mairie a déposé des gravats devant le campement, dit Serge Guichard
A Rys Orangis, la mairie a déposé des gravats devant le campement, dit Serge Guichard
© Radio France

Autre parole d'un élu de poids dans l'Essonne : le** Président du conseil général Jérôme Guedj,** par ailleurs député socialiste de la circonscription de Massy-Palaiseau.

Les associations demandent depuis 7 ans et demi une "table ronde" - en vain.

Jérôme Guedj s'explique :

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5 min

Tous les responsables locaux n'ont pas le même discours.

A Viry-Chatillon, la mairie et la communauté d'agglomération ont un regard bien différent sur les populations Roms.

roms Le campement de Viry-Châtillon
roms Le campement de Viry-Châtillon
© Radio France

Pour Gabriel Amard, élu du Parti de gauche -proche de Jean-Luc Mélenchon - et président de l'agglomération des Lacs de l'Essonne, qui regroupe Viry-Châtillon et Grigny, il faut organiser leur insertion - notamment par le travail.

Gabriel Amard :

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L'insertion par le travail
A Viry-Chatillon justement, un campement est installé sur un terrain appartenant à l'Etat.

Douze familles vivent sur cet emplacement, à côté d'autres immeubles d'habitation. Plusieurs Roms ont obtenu ici un permis de travail - ce qui est assez exceptionnel.

Ecoutez le récit de Muresan Covaciu, qui est aujourd'hui chef d'équipe dans une entreprise privée.

Il se présente et raconte son parcours :

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Comme quatre autres Roms, Robi travaille aussi - mais il vient de terminer son CDD.

Son récipissé, délivré par la Préfecture expire dans deux mois.

Robi et ses amis à Viry-Châtillon
Robi et ses amis à Viry-Châtillon
© Radio France

Robi discute avec Serge Guichard de son ancien poste, et de son avenir professionnel :

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Ce mercredi 22 août, le gouvernement a pris des décisions en matière d'emploi . Elles devraient modifier l'accès des Roms au marché du travail, notamment en raison de la suppression de la taxte - environ 800 euros - que devait jusqu'à présent verser l'employeur.

Mais le problème de l'accès au logement reste entier.
A Viry-Châtillon, toujours, le président de l'agglomération de commune confie que le chemin vers le logement social est assez compliqué.

**Gabriel Amard : **

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Pour les familles Roms, la volonté de quitter les bidonvilles est évidente - mais vers où aller ?

Le Président de l'Association de Solidarité estime que la destruction des campements (programmée à Evry par exemple) ne règle rien.

**Serge Guichard avec Muresan : **

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Petit retour à Evry, où le maire porte un regard plutôt critique sur l'expérience qui est en cours au campement du Bellay, sur la commune de Viry-Châtillon.

Interview de Francis Chouat :

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Les habitants du Bellay à Viry
Les habitants du Bellay à Viry
© Radio France

Jérôme Guedj, Président du Conseil général de l'Essonne , donne lui aussi son point de vue sur le terrain du Bellay à Viry-Châtillon. Il revient également sur la situation à Ormoy-Villabé-Corbeille - où le Conseil Général tolère, à titre transitoire mais depuis plusieurs mois, la présence de dizaines de familles Roms :

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Quand des Roms sont expulsés de leur terrain que deviennent-ils ?
Théoriquement, une solution de relogement leur est proposée par les autorités locales, mais dans la réalité elles sont souvent impuissantes.

Ainsi, Virgil et sa famille viennent-ils de se retrouver à la rue. Ils étaient jusque là logés dans un hôtel payé par le Conseil Général de l'Essonne. Un hôtel situé à Athis-Mons d'où ses enfants pouvaient encore aller à l'école.

Le 16 août dernier, le financement du Conseil Général s'est achevé.

Ecoutez **Colette Olczyk puis Nicole Brulais de l'Association ASEFRR, ** elles expliquent ce que le 115 a répondu à la famille de Virgil, sa femme et ses deux enfants :

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Interrogés, les responsables du 115 n'ont pas accepté de nous répondre.
Dans l'Essonne, le 115 est géré par la Croix Rouge, mais en cette période de vacances il me fut impossible de remonter jusqu'à un interlocuteur acceptant de parler.

Mais nous avons posé deux questions à **Jérôme Guedj, le président du Conseil Général de l'Essonne ** - pourquoi le financement public des Hôtels meublés s'est-il arrêté pour les deux familles ?

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  • Et que penser de la réponse du 115 ? Réponse de** Jérôme Guedj :**

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**L'hôtel social coûtait 100 euros par jours au Conseil Général ** - depuis le mois de janvier dernier. C'est une somme considérable reconnaissent les familles Roms, l'association et les pouvoirs publics.

L'épouse de Virgil et ses enfants.
L'épouse de Virgil et ses enfants.
© Radio France

D'autant plus que** les conditions d'hébergement sont indignes.**

Serge Guichard de l'AESFRR raconte ce qui est arrivé à la petite fille d'une autre famille, logée aussi en hôtel :

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