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Une histoire du pétrole

Une histoire du pétrole
Une histoire du pétrole
© Getty - Ashley Cooper

Quel sera l'avenir du pétrole ? Apparue dans les années 1970, cette question ne s'est jamais posée de façon aussi urgente qu'au XXIe siècle. Cette sélection d'émissions retrace l'histoire d'une énergie fossile devenue au XXe siècle le pivot du développement économique mondial.

En 1924, Pierre Mac Orlan écrit dans le scénario du film L’Inhumaine que si le désespoir avait une odeur, ce serait celle du pétrole. A l’époque, l’écrivain français déplorait les transformations sociales et les nouvelles aliénations liées à l’industrialisation. Un siècle plus tard, l’or noir est partout et son caractère délétère toujours dénoncé. Dans l’automobile, le transport routier, aérien, maritime, mais aussi dans l’industrie, 320 millions de tonnes sont consommées chaque année dans le monde. Une consommation effrénée incompatible avec l’extrême lenteur de la constitution de ses stocks. Depuis ses débuts en 1859, l’exploitation de cette matière première a connu un tel essor qu’elle est devenu la source d’énergie principale sur laquelle reposent les systèmes industriels, et par là, la croissance économique, des pays du monde entier. Mais l’extraction pétrolière - et dans son sillage la recherche de nouveaux gisements, les fuites, les marées noires - a impacté de façon très néfaste notre planète. Son hégémonie dans les "mix" énergétiques des Etats est de plus en plus remise en question pour ses effets dévastateurs sur notre environnement. Par conséquent, les appels à sortir d’une industrie carbonée se fondent aujourd’hui non sur la prévision d’un tarissement de la ressource, comme dans les années 1970, mais sur la responsabilité de cette énergie fossile dans le phénomène du réchauffement climatique.

A l’heure où la guerre en Ukraine a de nouveau fait bondir le coût de cette matière première, et où les experts du climat ne cessent d’en rappeler le coût sanitaire et écologique exorbitant, cette sélection d’émissions propose de retracer l’histoire du pétrole, et de la façon dont il a si profondément transformé les sociétés.

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Le pétrole, à l'origine d'une success story

Pétrole, naphte, bitume : longtemps présentée comme mirifique, l'or noir met aujourd’hui notre planète sous pression
Pétrole, naphte, bitume : longtemps présentée comme mirifique, l'or noir met aujourd’hui notre planète sous pression
© Getty - Kirill Gorskov / EyeEm

Si la course au pétrole ne débute qu'au XIXe siècle, l'utilisation de cette matière visqueuse et noire est pourtant avérée dès la haute Antiquité. Grâce à ses affleurements de surface, dont les archéologues ont retrouvé la trace en Mésopotamie notamment, les Égyptiens, les Grecs, les Romains connaissaient le bitume. Ils l'utilisaient pour calfater les bateaux, étanchéifier des bassins ou certaines poteries, et même parfois utilisé dans des rituels funéraires d’embaumement. A cette époque, l’idu n’est pas une énergie, plutôt un matériau de construction. Plus tard, les Perses et les Byzantins découvriront également le naphte (naft, en persan) matière plus liquide, qui sert pour l’éclairage, ou comme arme de guerre pour son caractère facilement inflammable, qui donnera naissance au feu grégeois, ancêtre du cocktail Molotov. ( Le Cours de l'histoire, 59 min)

Qu'est-ce que le pétrole ?

Le pétrole, une matière liquide formée d’hydrogène et de carbone, résulte de la décomposition sur une très longue période de micro-organismes. Plus précisément, des matières organiques - végétales ou animales - se sont déposées au fond des eaux. Puis du schiste argileux est venu les recouvrir, formant un couvercle imperméable. Des millions d’années ont passé. Ces accumulations organiques ont changé de nature : sous l’effet de la chimie naturelle, elles sont devenues liquides. Pétrole, bitume, ou encore naphte sont autant de noms donné à ce liquide. Mais quand l'a-t-on découvert ? ( Eurêka, 59 min)

  • Comment extrait-on le pétrole ?
Le 27 août 1859 en Pennsylvanie, Edwin Laurentine Drake (1819-1880), surnommé le colonel Drake, fore le premier puits de pétrole américain à 21 m de profondeur
Le 27 août 1859 en Pennsylvanie, Edwin Laurentine Drake (1819-1880), surnommé le colonel Drake, fore le premier puits de pétrole américain à 21 m de profondeur
© Getty - Olga Rolenko

Comme le prouve l'étymologie du mot - forgé à partir de petra, la pierre, et oleum, l’huile en latin - pour extraire le pétrole, il faut fracturer la pierre, c'est-à-dire forer. Les techniques d'extraction et de raffinage du pétrole - et dans leur sillage la recherche de nouveaux gisements, les fuites, la découverte des gaz de schiste - ont profondément affecté nos paysages ainsi que notre santé. Et l'or noir, ressource longtemps présentée comme mirifique, met aujourd'hui la planète sous pression, parce qu'elle est fortement émettrice de gaz à effet de serre. Dans cette émission, l'historien Renaud Bécot revient sur les débuts de cette pollution au XIXe siècle. ( Le Cours de l'histoire, 51 min)

51 min

Qu'appelle-t-on pétrocratie ?

Bureaux de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Vienne (Autriche)
Bureaux de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Vienne (Autriche)
© Getty - Omar Marques/SOPA Images/LightRocket

Au lendemain du premier choc pétrolier de 1973, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) provoque la première flambée des prix du baril de brut. Le cartel des pays du Golfe a ainsi commencé à faire la pluie et le beau temps sur le marché de cette matière première, et sur le porte-monnaie des automobilistes du monde entier. Depuis, on dit souvent que cette "pétrocratie" tient le monde entre ses mains. Pourquoi ? Pour ne donner qu'un exemple, 70% du modèle énergétique européen est encore carboné en énergies primaires. Et pourtant, l’Europe apparaît comme l'espace géographique le plus avancé au monde en termes de décarbonation. Mais la hausse du prix du pétrole survenue en 2022 a fait prendre conscience qu'il restait encore du chemin à parcourir pour s'affranchir de notre dépendance vis-à-vis de l'or noir. ( L'Invité des Matins, 42 min)

A l'été 2022, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) annonce une baisse de production du pétrole. Si elle s'avère insignifiante en termes de volume, l'annonce est symbolique : elle envoie aux pays occidentaux le message qu'ils n'auront plus tout ce qu'ils veulent. Cette émission de géopolitique analyse la façon les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient sont redevenus des interlocuteurs incontournables, notamment pour la diplomatie américaine, et comment leur mainmise sur les volumes de production de pétrole ont des répercussions majeures dans le monde entier. ( Cultures monde, 58 min)

Pétrole et conflits

Inépuisable source de tensions, le pétrole est au cœur de nombreux conflits. Il a notamment été l'un des moteurs des deux guerres mondiales. Comment l’usage intensif du pétrole a-t-il orienté les intérêts géopolitiques lors des conflits mondiaux du XXe siècle ? Cette émission d'histoire revient sur la place de l'essence dans les deux guerres mondiales. ( Le Cours de l'histoire, 51 min)

  • 1973, 1979 : deux chocs pétroliers

Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont fait du pétrole un objet hautement géopolitique, au cœur de nombreuses tensions internationales. Ils ont surtout entraîné en France une grave crise économique qui marque la fin des "Trente Glorieuses", ces trois décennies d'après-guerre marquées par la prospérité, la croissance et le plein-emploi. Cette émission d'économie analyse la façon dont les chocs pétroliers ont ébranlé l'hégémonie des principes keynésiens en Europe et permis l'essor de doctrines néo-libérales et de programmes d’austérité. ( Entendez-vous l'éco, 58 min)

  • Pourquoi parle-t-on de malédiction de l'or noir ?

En raison d'une économie peu diversifiée, assise sur la seule exportation d’hydrocarbures, certains pays sont devenus des colosses aux pieds d’argile. Cette émission de géopolitique décrypte les termes de malédiction pétrolière (oil curse) et de maladie hollandaise (Dutch disease) fréquemment employés à propos de pays arabo-musulmans comme l’Algérie ou l’Arabie Saoudite pour exprimer cette nocivité paradoxale. ( Cultures monde, 58 min)

58 min
  • Pétrole et catastrophes écologiques. Les marées noires, de Torrey Canyon à l'Erika
L'expression marée noire a été inventée par un journaliste du Télégramme de Brest à l'occasion du naufrage du Torrey Canyon en 1967.
L'expression marée noire a été inventée par un journaliste du Télégramme de Brest à l'occasion du naufrage du Torrey Canyon en 1967.
© Getty - Natalie Fobes

En 1967, le Torrey Canyon déverse 121 000 tonnes de mazout dans la mer. En 1978, le naufrage de l'Amoco-Cadiz libère 223 000 tonnes de mazout qui occasionnent une pollution sans précédent sur les côtes bretonnes. En 1989, le scénario catastrophe se reproduit avec l'Exxon Valdez qui s'échoue sur les côtes de l'Alaska. En 1999, le naufrage de l'Erika allonge encore la liste des marées noires. Cette émission de géopolitique examine les leçons tirées de ces catastrophes. ( Cultures monde, 58 min)

58 min

La fin du pétrole, une question lancinante

Face à l’amenuisement de la ressource et à son impact écologique délétère, le pétrole est-il arrivé à la fin de son histoire ?
Face à l’amenuisement de la ressource et à son impact écologique délétère, le pétrole est-il arrivé à la fin de son histoire ?
© Getty - Armstrong Roberts/Classicstock/

Dans les années 1970, la fin du pétrole était une perspective envisagée sous l'angle de l'épuisement de la ressource.  La théorie du Peak oil désignait ce moment où la production, ayant atteint son niveau maximum, commencerait à baisser inexorablement. Aujourd'hui, la question de la fin du pétrole se pose à nouveaux frais. De nouveaux gisements ont été découverts, et surtout les Etats-Unis et le Canada entre autres ont commencé à produire de nouveaux types d'hydrocarbures à partir de pétrole de schiste et de sables bitumineux. Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si nous allons manquer de pétrole, mais comment réussir à nous en passer, la fin du pétrole étant devenue une nécessité, tant le recours massif à cette énergie ayant produit le phénomène du réchauffement climatique. ( Et maintenant, 34 min)