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Valentine Oberti : "L'objectif de Vincent Bolloré dans les médias n'est pas qu'économique"

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Le 19 janvier 2022, Vincent Bolloré a notamment affirmé à la commission d'enquête sénatoriale sur la concentration des médias : "Notre intérêt est uniquement économique".
Le 19 janvier 2022, Vincent Bolloré a notamment affirmé à la commission d'enquête sénatoriale sur la concentration des médias : "Notre intérêt est uniquement économique".
© AFP - Thomas Samson

Entretien. En France, neuf milliardaires détiennent plus de 90% des médias privés, d'après un documentaire sorti au cinéma ce mercredi et co-réalisé par la journaliste Valentine Oberti. "Media Crash - qui a tué le débat public ?" dénonce certaines de leurs méthodes, en particulier celles de Vincent Bolloré.

"Qui a tué le débat public ?", interrogent en salles depuis ce mercredi le journaliste Luc Hermann, de l'agence de presse et société de production Premières Lignes, qui produit notamment "Cash Investigation" pour France 2, et sa consœur de Mediapart Valentine Oberti. Leur documentaire de près d'une heure et demie Media Crash, réalisé en à peine quatre mois avec déjà une base de travail, se veut un documentaire "d'intervention". Présenté en avant-première sur la plateforme d'investigation, il a aussi fait l'objet dès mardi d'une trentaine de projections-débats à travers la France, animés par des journalistes des sociétés de ses maîtres d'oeuvre mais aussi d'autres publications indépendantes comme Politis, Arrêt sur Images, Médiacités, Le Poulpe ou le Ravi.

Dans le même temps et sans lien revendiqué, ce mercredi, le collectif Stop Bolloré a lancé un appel pour dénoncer la constitution par le milliardaire d'un "empire médiatique tentaculaire" accusé de servir une "idéologie réactionnaire". Ce collectif est composé de syndicats, notamment le SNJ - majoritaire chez les journalistes -, d'associations, de médias et de personnalités de gauche. 

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Reportage sur le collectif 'Stop Bolloré' par Maxime Tellier

1 min

Vincent Bolloré est présent dans l'audiovisuel (groupe Canal+ et ses chaînes C8 et CNews, radio Europe 1), dans la presse (Prisma Media, premier groupe de magazines en France, JDD, Paris-Match...), et dans la publicité/communication (Havas) ou l'édition (Editis). "Le Système B." a déjà été dénoncé par Reporters sans frontières pour ses méthodes, en particulier lors de la grève d'Itélé, et pour son "obsession pour les thèmes d'extrême droite" via sa chaîne CNews, souligne le collectif.

À la veille du bicentenaire de l'entreprise familiale Bolloré, ce jeudi, c'est aussi ce qu'explique le travail de Luc Hermann et de Valentine Oberti. En trois chapitres : "Les incendiaires", "Les barbouzes" et "Les complices". Bernard Arnault est également épinglé pour sa surveillance de François Ruffin et l'ancienne journaliste à "Quotidien" raconte pour la première fois comment elle n'a pas pu poursuivre une de ses enquêtes sur les ventes d'armes françaises. Valentine Oberti, qui se défend d'un documentaire militant. 

Pourquoi ce documentaire et pourquoi maintenant ?

Nous réfléchissons depuis longtemps avec Mediapart à travailler sur les médias et nous observons la concentration des médias devenir une hyper concentration des médias. Mediapart s'est d'ailleurs créé sur ce constat il y a un peu plus de treize ans et sur la nécessité d'avoir des médias indépendants pour assurer une information d'intérêt général et garantir le pluralisme. 

Et nous le proposons maintenant à cause du contexte particulier. En raison du contexte politique de campagne électorale et donc de notre intention de porter cette question dans le débat public. Et puis le contexte des médias requiert cette urgence. Cette concentration s'accentue encore, avec Vincent Bolloré et son OPA sur Lagardère ou la fusion TF1 - M6 en gestation. Il nous paraissait urgent d'intervenir. Ce n'est pas un film de cinéma, c'est un documentaire d'intervention qui, une fois terminé et que la salle se rallume, nous l'espérons, suscitera le débat et la discussion.  

Valentine Oberti, invitée de notre journal de 22h de ce mercredi 16 février.

6 min

Est-ce aussi un contrepoint à la commission sénatoriale sur le sujet qui poursuit en ce moment même ses auditions ?

C'est complémentaire, mais c'est un hasard puisque lorsque nous avons décidé de travailler là-dessus, cet été, la commission d'enquête n'était pas encore en place. Elle a démarré en novembre, elle n'avait même pas été annoncée. Mais quand nous avons vu cette commission d'enquête arriver, nous nous sommes réjouis parce qu'une commission d'enquête a des pouvoirs contraignants. Quand on y est convoqué, on est obligé de venir. Ce n'est pas une invitation, ni normalement une promenade de santé, même si dans ce cas cela ressemble plutôt à ça. Les sénateurs ne sont pas extrêmement pugnaces dans leurs questions. 

Pour nous, cela permet d'avoir les propriétaires de médias sous la main et de les entendre, ce qui est rare et compliqué quand on est simple journaliste, sauf à aller les pourchasser à la sortie de leur siège. 

Vous regrettez un "manque de pugnacité" des sénateurs et sénatrices.

Il y a eu quelques moments intéressants, quelques questions qui ont pu être révélatrices. Mais j'ai en tête les commissions sénatoriales anglo-saxonnes où, quand on a un Mark Zuckerberg, par exemple, devant des sénateurs, il n'en mène pas large et on insiste, on insiste, jusqu'à obtenir une réponse à la question posée. Là, on a parfois l'impression qu'ils ne sont pas beaucoup mis en difficulté. 

Après, cela reste extrêmement révélateur de la manière dont ces propriétaires de médias abordent leur actionnariat. Ce qui est frappant, c'est qu'aucun de ceux que j'ai pu entendre jusque là, Vincent Bolloré, Bernard Arnault et Patrick Drahi, aucun de ceux là ne revendiquent acheter des médias pour s'offrir une influence. Or, dans notre documentaire, nous démontrons justement le fait que posséder des médias et qu'ils soient puissants dans le secteur des médias leur permet de s'offrir une influence.  

Le slogan de votre documentaire interroge sur "Qui a tué le débat public ?". C'est très fort. Dans quelle mesure ?

Un titre a toujours besoin d'être fort et aussi pour interpeller. Nous posons la question et nous essayons d'apporter des pistes qui permettent de comprendre qu'il y a des mécanismes qui entravent le débat public, que des journalistes sont empêchés dans leurs rédactions d'enquêter et qu'il existe autour de cela un écosystème et des individualités et des contextes politiques, des institutions elles-aussi défaillantes et qui permettent de tuer le débat public. 

Je dirais qu'il y a eu "des coups de canif" dans le débat public, ça, c'est une certitude !

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La concentration des médias est très ancienne en France. En quoi cela change aujourd'hui ? Elle est plus que jamais préjudiciable selon vous ?

Elle était effectivement déjà présente, mais elle continue. Il me paraît donc important de continuer à expliquer que cela peut être nocif pour les informations et l'intérêt général. Et il me semble qu'il n'y a jamais eu une telle concentration. Quand on prend le cas de Vincent Bolloré, qui est déjà très puissant et qui possède déjà de nombreux titres et antennes. Et dans le cas de la fusion TF1 - M6, si TF1 rachète M6, il y aura trop de fréquences, il faudra en laisser. Cela démontre bien que nous vivons un moment où, finalement, ceux qui veulent acquérir des médias ne se préoccupent pas tellement des seuils fixés par la loi anti-concentration qui régit la structuration des médias.

Avec votre co-réalisateur Luc Hermann, vous débutez et vous consacrez une très grande partie de votre travail à Vincent Bolloré. En quoi représente-t-il selon vous un symbole ?

Vincent Bolloré est un cas à part parmi ces industriels qui possèdent des médias, parce qu'il poursuit un objectif idéologique. C'est ce que nous essayons de démontrer dans le documentaire et que d'autres ont documenté avant nous. Que ce soit des journalistes, je pense à une grande enquête du Monde parue récemment, ou encore aux travaux de Julia Cagé. On constate par exemple que c'est lui qui a convaincu Éric Zemmour de venir quotidiennement sur CNews. Éric Zemmour le dit dans son dernier livre, Vincent Bolloré ne l'a pas démenti devant la commission sénatoriale. Il y a aussi le fait que des programmes catholiques, la messe même, ont été diffusés sur les chaînes du groupe, ou encore un documentaire anti-avortement. Tout cela, c'est sous l'impulsion de Vincent Bolloré. 

Julia Cagé mène encore actuellement des travaux dont elle nous a parlé dans le documentaire et qu'elle poursuit avec un groupe de chercheurs. Elle analyse la couleur des invités politiques depuis une quinzaine d'années sur les chaînes d'information et elle a constaté qu'au moment du rachat d'Itélé par Vincent Bolloré il y a une inflexion de la couleur politique des invités, un changement net. Des invités de droite et d'extrême droite sont beaucoup plus présents à l'antenne. "Une couleur Vincent Bolloré" s'impose au moment de ce rachat, ce qui n'est pas par exemple constaté dans ces travaux quand Patrick Drahi a racheté le groupe Next avec BFM. 

À réécouter : L’empire médiatique de Vincent Bolloré ne cesse de croître

Vous faites aussi témoigner une chercheuse du CNRS, Claire Sécail, dont les travaux ont fait parler il y a peu,  à propos cette fois de Cyril Hanouna. 

Nous l'avions déjà interviewée sur Mediapart en octobre et j'avais été frappée par ces travaux de constater que l'émission de Cyril Hanouna Touche pas à mon poste est une sorte de tremplin pour la candidature d'Éric Zemmour. Franchement, je pense qu'on ne s'y attend pas. On ne se dit pas que Cyril Hanouna roule pour Éric Zemmour, ni pour qui que ce soit d'ailleurs. Il traite de la politique, de sujets de société avec une partie de divertissement dans son émission. Mais les travaux de Claire Sécail sont éloquents. Elle a regardé toutes les émissions et la politique y représente près de 20 % du temps. Sur ces 20%, la moitié des sujets sont consacrés à l'extrême droite et Éric Zemmour et ses soutiens apparaissent à 44 % parmi les invités. C'est énorme. Elle a même souligné - ce que nous montrons - que des vidéos exclusives pour TPMP sont produites par Éric Zemmour et diffusées comme telles, sans contradictoire dans l'émission, en période de pré campagne, mais aussi en période de campagne depuis janvier, alors que les règles ont changé. 

Selon vous, il n'y a donc pas de doute sur le fait que Vincent Bolloré se serve de ses médias pour promouvoir le destin présidentiel d'Éric Zemmour ?

Je ne sais pas s'il n'y a pas de doute, mais en tout cas un faisceau d'indices concordants démontre que son intérêt n'est pas uniquement économique, comme il l'a dit à la commission d'enquête sénatoriale.

Au-delà de ses propres médias, vous expliquez comment le groupe Bolloré via le géant de la publicité Havas peut toucher la presse. Avec un témoignage très fort de Louis Dreyfus, rien de moins que le président du directoire du groupe Le Monde.

Cette histoire avait été racontée par des confrères, dans des livres, et par Le Canard enchaîné. Le problème est que Vincent Bolloré possède non seulement des médias, mais il possède une arme de dissuasion économique contre des médias : l'Agence Havas, une des premières agences de publicité et de communication au monde, très puissante, et qui a pour mission notamment de placer des publicités dans les médias pour des annonceurs. Et nous racontons qu'à la suite d'articles qui racontaient certaines activités en Afrique de Vincent Bolloré, il n'a pas été content et Havas a privé Le Monde de campagnes publicitaires. Et en effet, que Louis Dreyfus, le président du directoire du Monde, le confirme face caméra, montre à quel point cela n'a pas été simple pour le quotidien. Il raconte qu'ils ont dû rappeler les annonceurs un à un. On constate qu'avec Havas, il dispose d'un levier important pour la presse qui dépend et qui vit grâce à la publicité.

Louis-Dreyfus qui évoque un manque à gagner de 10 à 12 millions d'euros sur deux ans. 

Oui, c'était assez substantiel. Ce n'était pas comme ce qu'il avait déjà pu connaître : une marque pas contente et qui supprime ses publicités. Là, Louis Dreyfus confirme un boycott volontaire, orchestré. 

Un collectif "Stop Bolloré" a manifesté ce mercredi. Le SNJ, principal syndicat de journalistes, en fait partie. Vous soutenez ce collectif, vous en faites partie ? 

À titre personnel et en tant que journaliste de Mediapart, je n'en fais pas partie. Je signale que la Société des journalistes de Mediapart a signé cet appel. Je pense que c'est bien que les organisations syndicales, les associations, soutiennent cet appel. À titre personnel, je réserve mon engagement à mon travail journalistique. 

Et quand le syndicat national des journalistes affirme que "l’empire Bolloré vise à asservir l’information, en vue d’acquérir le pouvoir politique et d’instaurer une hégémonie liberticide et antidémocratique". Vous êtes d’accord ?  

Je dois admettre que c'est une charge très lourde. Moi, je m'en tiens à ce que j'ai dit et je dis que l'objectif de Vincent Bolloré n'est pas qu'économique. Ce que nous documentons et c'est ce que documentent d'autres confrères. Il faut être vigilant parce que l'information dans notre documentaire et ce que fait ce collectif, ce n'est pas "défendre les journalistes". Cela n'intéresse personne. En revanche, il est important de défendre le droit des citoyens et citoyennes à être informés. Ça, c'est un droit fondamental. Il doit être garanti, préservé. Les institutions, le pouvoir politique doit être le garant de ce droit fondamental. Cet appel et notre travail sont des alertes lancées pour dire attention, une bonne information et une information préservée, c'est le gage d'une démocratie en bonne santé. 

À réécouter : L'Empire, comment Vincent Bolloré a mangé Canal +

Avez-vous subi des pressions ? 

Non, pas particulièrement, pas de pression. Nous sommes dans une forme de liberté pas totale, évidemment, mais quand même assez poussée en étant à Mediapart. La seule pression a été celle du temps qui passe vite et celle des refus d'apparaître de la part de nombreux confrères. C'est tout le paradoxe. Nous sommes des journalistes, nous avons vocation à faire parler des gens qui peuvent nous raconter des choses. Et là, lorsqu'il s'est agi de faire parler des confrères, cela a été très compliqué. Ce que je comprends tout à fait puisque dans les rédactions, y compris au sein des sociétés des journalistes, on n'a pas de statut particulier, on n'est pas protégé. Cela a été très difficile. Par exemple, nous n'avons pas réussi à avoir de témoignages face caméra d'un journaliste de CNews ou de BFM. 

C'est risqué de parler d'un média dans lequel on travaille si on n'a pas la garantie qu'on n'aura pas de représailles derrière, qu'on ne sera pas placardisé ou tout simplement licencié pour faute ou autre. C'est très compliqué. Moi même, je n'ai pas parlé de ce qui m'était arrivé à "Quotidien" avant d'avoir quitté cette émission. Il est très compliqué de parler de sa propre rédaction. Cela ne devrait pas l'être. On devrait pouvoir raconter ce qui se passe, les manquements à la déontologie, les questions que l'on se pose. Faire oeuvre de transparence, de pédagogie, d'explication au public, c'est un bon début pour renouer le lien qui s'est distendu avec nos auditeurs, auditrices, spectateurs, spectatrices, lecteurs et lectrices. C'est une bonne manière de retendre ce lien qui s'est distendu et de contrer la défiance qui s'installe envers les journalistes. 

Vous n’avancez pas de solution dans votre documentaire pour remédier à la concentration des médias en France. Il n’y en a pas ? Vous vous sentez démunie ? Ce n'était pas l'objet ?

Ce n'était pas forcément le propos pour nous d'amener des solutions, on n'a pas vocation à ça. Mais il en existe et j'espère que l'on aura l'occasion d'en discuter avec les personnes qui viendront voir le film. Par exemple, donner aux journalistes qui sont dans les sociétés de journalistes un statut juridique qui leur permette d'agir en justice quand il y a des manquements à la déontologie. Rendre publiques les actionnaires directs et indirects d'un média se prête à une autre solution. On pourrait aussi imaginer que les industriels qui vivent de la commande publique ne possèdent pas de médias, pour ne pas avoir de levier d'influence en contrepartie. Ce sont des propositions faites par le Fonds pour une presse libre et aussi par Informer n'est pas un délit. Mais on pourrait aussi imaginer créer un délit de trafic d'influence en matière de presse et un délit de censure. Ce sont des pistes qui ne sont pas particulièrement radicales, qui ne coûtent pas d'argent et qui pourraient être mises en place sans trop de difficultés.  

Vous trouvez les politiques et en particulier les candidats et candidates à la présidentielle trop timides à ce propos ? 

Plus que timides, je pense que ce n'est pas leur sujet et que cela ne les intéresse pas. La plupart des candidats à la présidentielle sont trop occupés à parler de sécurité, d'immigration et de théories fumeuses qui inspirent des attentats racistes et suprémacistes. Le droit à l'information ne les intéresse pas particulièrement, mais parce que ce n'est pas porteur auprès des citoyens. 

Quand on a un président de la République qui, lorsqu'une affaire touche un de ses proches collaborateurs, en l'occurrence Alexandre Benalla, dit "On a une presse qui ne cherche plus la vérité", ce n'est pas porteur de défendre la presse. En tout cas, il n'a pas brillé par sa volonté de défendre l'indépendance éditoriale des médias, contrairement à ce qui était inscrit dans son programme de candidat.

Et peut-être que les politiques n'ont pas forcément toujours intérêt à ce que la presse - qui est un contre pouvoir - exerce son rôle.

Et avez-vous déjà reçu des témoignages de citoyens, de personnes qui vous encouragent dans votre démarche ? Quand bien même elles pourraient critiquer certains aspects du documentaire ? 

Pour l'instant, il n'a été projeté que dans quelques salles hier soir en avant-première, et il était sur Mediapart pour les abonnés. Nous sommes peut-être déjà face à un public de convaincus, mais en tout cas, c'est très encourageant. Et les gens avec qui j'ai pu discuter virtuellement ou de visu lors de l'avant-première apprennent des choses, ont envie d'y réfléchir et ils se posent des questions. Donc c'est plutôt encourageant pour la suite. 

Avec la collaboration de Caroline Bennetot

À réécouter : Influence médiatique, médias sous influences. Avec Luc Boltanski, Arnaud Esquerre et Julia Cagé

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