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Véronique Cayla : une femme de cinéma à la présidence des Césars

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La future présidente de l'Académie des Césars connaît le cinéma par "tous les bouts" : Véronique Cayla, le 29 octobre 2010, dans son bureau du CNC, deux jours après l'annonce de sa nomination à la tête d'Arte.
La future présidente de l'Académie des Césars connaît le cinéma par "tous les bouts" : Véronique Cayla, le 29 octobre 2010, dans son bureau du CNC, deux jours après l'annonce de sa nomination à la tête d'Arte.
© AFP - Miguel Medina

D'Arte au CNC, de MK2 au Festival de Cannes, Véronique Cayla, en passant par tous les postes, est devenue une figure respectée dans le monde du cinéma. A 70 ans et en tandem avec le réalisateur Eric Toledano, son nouveau rôle est de sortir l'Académie des Césars de sa crise historique.

La culture est très tôt entrée dans sa vie professionnelle, dès 1973, quand la toute jeune diplômée de Sciences Po, âgée alors de 23 ans, débute comme chargée de mission rue de Valois où elle occupe à partir de 1978 et jusqu'à la fin du septennat de Valéry Giscard d'Estaing, un poste de conseillère technique chargée du cinéma. 

A l'origine en 1982 de la vidéothèque de Paris, futur Forum des images aux Halles, Véronique Cayla devient productrice, dans les années 1990, en occupant le poste de numéro 2 du groupe MK2, aux côtés de Marin Karmitz. 

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Et après sa nomination au CSA, Conseil supérieur de l'audiovisuel, en 1999, elle intègre fin 2000 le trio à la tête du Festival de Cannes, comme directrice général, en tandem (déjà) avec Thierry Frémaux, délégué artistique, sous la présidence de Gilles Jacob. 

Femme de culture et d'expérience, reconnue pour ses qualités dirigeantes, Véronique Cayla prend ensuite la tête du CNC (Centre national du cinéma) en 2005 puis celle d'Arte de 2011 jusqu'à juillet 2020, jusqu'à ce qu'elle soit contrainte par la limite d'âge de quitter ses fonctions à la présidence de la chaine franco-allemande.

A 70 ans, seule candidate à la présidence de l'Académie des César, en binôme avec le réalisateur Eric Toledeno, dans le respect des nouvelles règles de parité dans l'institution, elle doit succéder ce mardi à Alain Terzian, après des mois de polémiques, lors d'une assemblée générale organisée en visioconférence, en raison du contexte sanitaire.

Véronique Cayla, cette femme qui défend tous les cinémas devrait pouvoir faire oublier le sexisme et l'entre-soi de l'Académie des Césars. 

Sa nomination est très bien accueillie dans le monde du 7e art par le réalisateur et scénariste Hugo Gélin et l'ancien patron du Festival de Cannes notamment. Pour Gilles Jacob, "elle a cet avantage d'être à la fois gestionnaire et amoureuse des talents. Véronique Cayla, c'est ce qu'il fallait pour les Césars !"

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Une relation forte avec les artistes

Depuis ses débuts au ministère de la Culture, depuis les années 1970, Véronique Cayla a conservé la même ambition : 

"Toute ma vie professionnelle, je l'ai faite pour être en contact avec la création et ceux qui ont besoin de s'exprimer, besoin vital !" soulignait-elle dans un entretien à L'Instant M sur France inter, le 18 juin dernier. Avant d'ajouter qu'en tant que femme, dans un monde d'hommes, il a fallu pour elle "se remuer" pour pouvoir trouver sa place  et "être deux fois plus pertinent, deux fois plus efficace que les autres, pour pouvoir s'imposer progressivement !

Et pour Véronique Cayla, qui affiche un désir profond de démocratisation de la culture face au snobisme, les cinéastes ont la grande force d'être des artistes et des artistes populaires ou grand public. 

Selon elle dans le 7e art, "personne n'est catégorisé et on a le droit de trouver des publics distincts et différents qui viennent s'exprimer, grâce au cinéma".

Véronique Cayla affichant sa fierté, avant de quitter la présidence d'Arte, que la chaîne réputée "élitiste" ou "intello" finalise une série avec les réalisateurs des films à grand succès "Intouchables", et "Le sens de la fête". Olivier Nakache et Eric Toledano, avec lequel, on le sait maintenant, elle va diriger l'Académie des Césars, pour mettre fin au sexisme et à l'entre-soi qui ont conduit l'institution dans une grave crise.

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Pour la diversité du cinéma

"Ce qui marche très bien à Arte, c'est le cinéma !", s'exclamait Véronique Cayla, peu après sa nomination à la tête de la chaîne franco-allemande, dans Les Matins de France Culture, le 13 mai 2011

En plein Festival de Cannes, elle évoque alors face à la "planète entertainment" pilotée par Hollywood", "la planète du cinéma à vocation artistique" qui tourne autour de la France, en soulignant que la notion de nationalité "n'a plus de sens", dans les coproductions européennes..."

Et à propos des "films du milieu", ceux qui ne font pas beaucoup d'entrées, pas plus de 20 000 spectateurs, Véronique Cayla, en comparant le monde du cinéma au monde du livre, assure que :

C'est notre richesse en France d'avoir cette diversité du cinéma et d'avoir énormément de jeunes talents qui peuvent montrer leur bout du nez, même s'ils n'arrivent au cours du premier ou du deuxième film qu'à montrer leur bout du nez.... Le plus important, c'est d'avoir une relève et il faut arroser ce terreau pour avoir des films comme La Guerre est déclarée, le deuxième film de Valérie Donzelli qui a été adulé, en 2011 !

Véronique Cayla qui a suivi le dossier de la numérisation des salles lorsqu'elle était à la tête du CNC, avant de renforcer la position d'Arte sur le numérique et de remporter une forte adhésion des jeunes, estime dans cet entretien, en 2011 que : 

Le numérique change tout. Il permet de faire des films qui coûtent encore plus cher qu'avant, avec des effets spéciaux, de la 3D... et à tout un chacun de faire son film. Et ça, c'est une vrai révolution parce que dans le cinéma, contrairement à la musique au théâtre et dans beaucoup de formes d'art, on n'avait pas l'habitude des pratiques amateures; cela bouscule tout une série de professionnels qui ont des conventions collectives ou des accords entre eux et qui voient arriver des films sauvages parfois tout à fait intéressants !