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Violences policières, toutous et Jane Eyre : la Session de rattrapage

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La Session de rattrapage
La Session de rattrapage

Sélection. Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à réécouter.

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Bonjour à toutes et à tous,

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Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit au rythme des appels interprofessionnels à poursuivre le mouvement et battre le pavé, l’actualité de ces derniers jours a été marquée par de vives discussions concernant la dangerosité des techniques d’intervention des forces de l’ordre. Tirs de LBD à bout portant, usage fréquent de grenades de désencerclement lors des manifestations, mort de Cédric Chouviat à la suite d’une interpellation de police au cours de laquelle il a subi un “plaquage ventral”, une technique d’immobilisation décriée... La police est-elle devenue plus violente ? C’est dans ce contexte de remise en cause des méthodes de maintien de l’ordre que le patron de la police nationale a choisi de quitter ses fonctions. Une décision qui, au moins symboliquement, témoigne du malaise qui s’est installé entre la population et sa police, dont on peut interroger les motifs philosophiques. Plus généralement, cette actuelle mise en lumière des violences policières interroge sur la responsabilité politique de l’encadrement des forces de l’ordre. Bonnes écoutes. Pauline Petit

COMPRENDRE

Un manifestant lors d'un rassemblement de soutien aux zadistes devant la préfecture de Nantes en octobre 2018 Un manifestant lors d'un rassemblement de soutien aux zadistes devant la préfecture de Nantes, en octobre 2018
Un manifestant lors d'un rassemblement de soutien aux zadistes devant la préfecture de Nantes en octobre 2018 Un manifestant lors d'un rassemblement de soutien aux zadistes devant la préfecture de Nantes, en octobre 2018
© Getty - Sebastien Salom Gomis

Un matin à la ZAD. Depuis l'annonce de l'arrêt du projet d'aéroport en 2018, un nouvel horizon s'est ouvert pour les occupants de la ZAD : projets d’habitation ou d’agriculture, les occupants souhaitent désormais pérenniser les activités. Pour régulariser la situation des agriculteurs historiques et zadistes, des baux de fermage leur ont été proposés. Les Matins se sont rendus dans ce laboratoire pour une autre gouvernance. (L’Invité(e) des Matins, 43 min)

L’hôpital sonne l’alarme. Plus de 1000 médecins ont annoncé leur intention de démissionner collectivement de leurs fonctions administratives. Ils demandent à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, d’ouvrir au plus vite des négociations pour sauver l’hôpital public. Contrainte à “faire des choses non éthiques”, Agnès Hartemann, cheffe de service de diabétologie à La Pitié Salpêtrière à Paris et membre du collectif Inter-Hôpitaux, expliquait les raisons de sa démission. (La Question du jour, 7 min)

Justice écolo. Et si la justice était la meilleure auxiliaire de la lutte contre le changement climatique ? La professeure de droit privée Judith Rochfeld apporte son éclairage sur le traitement juridique des enjeux climatiques. Dressant le bilan des procès menés à travers le monde contre des gouvernements ou des grandes entreprises polluantes, elle considère que le droit est l’une des seules réponses véritablement contraignantes en matière d’écologie. (La Grande table idée, 33 min)

APPRENDRE 

Le cerveau du chien figure parmi les plus performants du règne animal, démontrant de très bonnes capacités cognitives avec des sens très développés
Le cerveau du chien figure parmi les plus performants du règne animal, démontrant de très bonnes capacités cognitives avec des sens très développés
© Getty - Zoom Pet Photography

Tout sur le toutou. Le musée du Mammouth à Iakoutsk a présenté la dépouille d’un jeune canidé retrouvée dans le pergélisol sibérien. Les analyses ont révélé que l’animal avait environ deux mois au moment de sa mort, il y a 18 000 ans. Était-ce un chien ou un loup ? Les études des chercheurs devraient permettre de le classer dans l’arbre phylogénétique encore controversé qui sépare le loup sauvage du chien domestique. Pour l’instant, on a appelé l’animal Dogor, ce qui signifie “ami” en langue iakoute mais aussi, en anglais, “chien, ou…”. (La Méthode Scientifique, 58 min)

La liberté à l’épreuve de la pollution. Depuis le XVIIIe siècle, nous avons eu tendance à associer l’autonomie de l’individu à l’abondance matérielle : être libre, c’est d’abord ne manquer de rien. Pour le philosophe Pierre Charbonnier, ce couplage touche à sa limite. Dans son essai Abondance et liberté, il prend le temps long du détour historique pour saisir l'urgence écologique et plaide pour une politisation radicale des questions environnementales. (La Suite dans les idées, 44 min)

Anthropologie de la nature. Comment l’anthropologie peut-elle s’affranchir d’une approche qui sépare la nature et l’homme en Occident ? Professeur au Collège de France et  titulaire de la chaire "Anthropologie de la nature" de 2000 à 2019, l’anthropologue Philippe Descola livre sa leçon inaugurale, avant de donner son ultime cours intitulé “Qu’est-ce que comparer ?, à (ré)écouter également sur le site France Culture. (Les Cours du Collège de France, 58 min)

(RE)DÉCOUVRIR 

Illustration du roman "Jane Eyre", par le peintre Frederick Walker.
Illustration du roman "Jane Eyre", par le peintre Frederick Walker.
© Getty - Culture Club

Jane Eyre, british héroïne. Âgée de dix ans, Jane Eyre est envoyée en internat à Lowood. Elle s’y fait une amie sincère, Helen Burns, qui meurt de la tuberculose due aux très mauvaises conditions sanitaires de l’internat... Charlotte Brontë n'a jamais caché s'être inspirée de sa propre vie pour écrire Jane Eyre, en 1847. Le roman connaît un succès immédiat dans l’Angleterre victorienne, alors même que son héroïne se montre insoumise, revendique son indépendance et remet en question les normes et les préjugés de son époque. Un feuilleton en dix épisodes à découvrir. (Fictions / Le Feuilleton, 24 min)

Folles années Foujita. Il aimait à se présenter comme "le plus japonais des Parisiens et le plus parisien des Japonais". Le peintre Tsugouharu Foujita (1886-1968), par son style hybride, a su se démarquer et devenir un artiste influent du Paris des Années folles. (La Compagnie des oeuvres, 58 min)

Sous les draps. Défi en matière de représentation, le drapé n’a cessé de stimuler l’imagination des peintres, sculpteurs, ou récemment, des photographes. A l’occasion de l’exposition consacré au drapé au musée des Beaux-Arts de Lyon, Jean de Loisy explore plis et froissés en compagnie du conservateur du patrimoine Éric Pagliano. (L’Art est la matière, 59 min)

Mélodies de Polynésie. Depuis que l’Occident et ses premières caravelles sont venues toucher les îles de Polynésie, Européens et Américains, fascinés par ces milliers de confettis jetés dans le Pacifique n’ont pu s’empêcher d’en remodeler le quotidien, l’essence culturelle, environnementale et musicale. (Juke-box, 59 min)

LA CITATION

L'historien Ian Kershaw, en Allemagne en mai 2018.
L'historien Ian Kershaw, en Allemagne en mai 2018.
© Getty - Oliver Berg

Cette semaine la citation nous vient du grand historien britannique du nazisme et Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Sheffield Ian Kershaw, auteur en cet rentrée de L'Âge global : l’Europe, de 1950 à nos jours (Seuil, 2020), second volume de son diptyque consacré à l’histoire de l’Europe au XXe siècle. Invité de La Grande table idées, il expliquait comment la perception européenne de la Seconde Guerre mondiale a évolué : 

“L’une des principales surprises au cours de mon travail sur l’Europe, a été de voir à quel point la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste qui était au cœur de cette guerre, jouait peu sur dans la conscience sociale dans les décennies qui ont suivies immédiatement la guerre. Ces événements sont devenus beaucoup plus importants dans notre manière de pensée à la fin du XXe siècle. Nous voyons plus clairement aujourd’hui que dans les années 1950 ou 1960, à quel point la Seconde Guerre mondial était le moment crucial de l’histoire du XXe siècle.Ian Kershaw

Pour finir cette session, nous invitons à découvrir une autre facette de l’histoire de la prohibition aux États-Unis pendant les “Roaring Tweeties” : l’essor des cocktails. Alors que l'alcool est interdit, ces breuvages se développent pour mieux dissimuler le goût de l'alcool frelaté utilisé dans leur composition. On crée ainsi de nombreux mélanges à base de gin comme le Bee's Knees, composé de miel et de citron, ou le Last Word, à base de chartreuse verte et de liqueur de marasquin… 

A la semaine prochaine !