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Visite d'un laboratoire de restauration

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Implantée au coeur d'Epinay-sur-Seine, la société Éclair, fondée en 1907 et autrefois site de production cinématographique, a délaissé ses studios pour se concentrer dès les années 60 sur ses activités de laboratoire.

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Table de conformation
Table de conformation

Dans les années 90, Éclair ouvre un nouveau laboratoire de tirage de copies de série 35 mm, puis élargit ses prestations à la restauration numérique de longs-métrages, à la conservation et au stockage des éléments.

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A la demande des studios de productions et des institutions de préservation du patrimoine cinématographique, comme la Cinémathèque ou les Archives françaises du film, les laboratoires Éclair sont amenés à restaurer des films des débuts du cinéma, comme des plus récents. Prestataires, les différents opérateurs, tous passionnés par la bobine, n’en sont pas moins animés par le souci de ne pas trahir l’œuvre originale. Parfois, ils essayent de freiner certains commanditaires trop enclins au nettoyage optimal d’un film.

Ces petites mains précises et minutieuses de la restauration dévoilent leur travail. Visite des laboratoires étape par étape.

Chaque film est réceptionné dans un premier laboratoire. Si la demande du commanditaire se limite à une restauration sur pellicule, il ne quittera pas les lieux. En revanche, si le client souhaite une restauration et une sauvegarde numériques alors, il poursuivra son chemin dans d’autres services.

L’arrivée et les étapes de restauration de la pellicule

Florence Paulin est chef de projet. Elle reçoit une fiche d’analyse établie par le client. Puis, elle entreprend une expertise technique. Pour un film dit « nitrate » ou « film flamme », en raison d’un composant hautement inflammable du support utilisé jusqu’au début des années 50, le négatif a souvent disparu. Florence Paulin travaille donc à partir du positif. Son travail sera de reconstituer un négatif, pour en faire ensuite un nouveau positif, élément prêt à projeter. Explication en images :

Florence Paulin donne ici des informations sur les positifs teintés et le code couleur autrefois utilisé :

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1 min

La restauration numérique

Numérisation de la pellicule
Numérisation de la pellicule

L'image

Le nouveau positif obtenu est ensuite numérisé. Il arrive à l’atelier de restauration numérique sous forme de fichiers. « Le film ne sera donc plus un film sous forme de pellicule, mais dans un sac de données numériques », explique Charlotte Quemy, responsable de cet atelier. Elle présente les étapes de la restauration :

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6 min

Restauration
Restauration

L'étalonnage

C'est l'étape de finalisation de la qualité visuelle du film. Audrey Birrien, responsable du pôle patrimoine des laboratoires Éclair :

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46 sec

Colorus
Colorus
© Radio France

Le son

Son
Son
© Radio France

Léon Rousseau est restaurateur son. Il intervient dans la chaîne de restauration dès que les restaurateurs image ont monté le film et savent qu’ils ne toucheront plus la synchronisation :

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4 min

Une fois toutes ces étapes réalisées, le film est restauré numériquement. Et il est aussi possible de le transférer à nouveau sur pellicule pour le conserver ou à fin de disposer d'une version positive pour une projection dans les salles de cinéma.