Wajdi Mouawad :"Dans la famille d'où je viens, le silence est une chose impossible, le calme est insupportable"

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Wajdi Mouawad :"Dans la famille d'où je viens, le silence est une chose impossible, le calme est insupportable"

"Incendie" de Wajdi Mouawad au Théâtre de la Colline en 2008
"Incendie" de Wajdi Mouawad au Théâtre de la Colline en 2008
- Florent Darrault via Flickr © C.C

2009. Premier volet d'une série "A voix nue" de 2009 avec l'auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad qui évoque son enfance dans son Liban natal, protégé de la guerre civile par sa famille. Il raconte comment il s'est lancé dans l'écriture théâtrale, envahi par l'idée du sublime.

Au cours de ce premier entretien de la série "A voix nue" avec le metteur en scène, comédien et auteur Wajdi Mouawad, on est plongé dans son Liban natal à la nature hospitalière, avec le sentiment d'être en vacances perpétuelles pour l'enfant qu'il était. Sa famille n'ayant pas été touchée personnellement, la guerre civile lui est apparue transposée par le biais du jeu avec ses camarades. Jusqu'à l'âge de 26 ans, il n'a pas eu conscience d'avoir vécu quatre années de guerre : "Je viens d'une famille pour qui Freud n'a pas vraiment existé." Le départ pour la France à l'âge de neuf ans a été tout autant joyeux pour l'enfant qu'il était.

L'auteur de théâtre se dit angoissé et étouffé par les répétitions de la fin de son cycle théâtral sur l'enfance, il reconnaît en avoir "la nausée". Il explique ensuite avoir été marqué par sa lecture de la vie des Saints ou de mystiques musulmans. Quand il a commencé à écrire pour le théâtre, il était alors tenté par le sublime : "A 24 ans, on a envie d'être accueilli, on a envie d'être sublime ou rien. On veut faire en sorte qu'après, le silence se fait." Après ses spectacles, il est surpris des réactions des spectateurs qui ne voient pas le sublime comme lui. Il confie même : "Je ne sais pas voir, je ne sais pas écouter ce qui est bien. Je ne sais pas du tout... C'est un coup de pot."

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Wajdi Mouawad "A voix nue" 1/5 le 06/07/2009

28 min

Je crois vraiment que je suis chanceux, parce que c'est vraiment de la chance. Parce que je crois que ça vient d'une maladresse et j'ai le sentiment que mes maladresses sont plus justes que mes adresses. Ce que je rate et que je n'ai pas conscience de rater, produit des choses beaucoup plus intéressantes que ce que consciemment je cherche à faire, que je pense avoir réussi.

  • "A voix nue" avec Wajdi Mouawad 1/5
  • Première diffusion le 06/07/2009
  • Producteur : Catherine Pont-Humbert
  • Réalisation : Bruno Sourcis
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France