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Zakya Daoud redonne vie à Zaynab, reine de Marrakech

Zakya Daoud en 2005 à Paris
Zakya Daoud en 2005 à Paris
© AFP - BOYAN TOPALOFF

2008. L'écrivain naturalisée marocaine Zakya Daou, était l'invitée de Tewfik Hakem le 26 août 2008. Elle venait parler de son roman "Les petits enfants de Zaynab", et plus globalement du Maroc, de son évolution, et de celle de la ville de Marrakech, très présente dans son livre.

Connue comme journaliste, féministe et écrivain, Zakya Daoud était reçue sur France Culture pour discuter, avec Tewkik Hakem, d'un roman qu'elle venait de faire paraître : Les Petits enfants de Zaynab (L'Aube), suite de Zaynab, reine de Marrakech, paru en 2006. C'était dans l'émission A plus d'un titre, le 26 août 2008.

Zakya Daoud dans "A plus d'un titre", août 2008

28 min

Durée : 30 min

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De son vrai nom Jacqueline Loghlam, Zakya Daoud épouse un Marocain à la fin des années 1950, et se fait naturaliser marocaine. Elle ne maîtrise pas l'arabe pour autant, comme le lui fait remarquer Tewfik Hakem dans cette archive... le temps lui ayant manqué pour l'apprendre : "Je n'ai pas arrêté de travailler ! Et puis surtout, j'ai fait une revue [Lamalif, NDLR]". Aujourd'hui, Zakya Daoud partage sa vie entre Paris et Marrakech. Elle a écrit des livres historiques (un sur l'homme d'Etat algérien Ferhat Abbas, cosigné avec Benjamin Stora, un autre sur la vie de Ben Barka, écrit avec Maâti Monjiba...) avant de basculer dans la fiction, notamment inspirée par Amin Maalouf, confie-t-elle, et son Léon l'Africain. Car..."ça vous reste dans l'imaginaire".

Dans cette émission, elle décrivait Zaynab, personnage historique, comme une "sauvageonne qui, avec son quatrième mari [Youssef Ibn Tachfin, fondateur de la dynastie almoravide, NDLR] va fonder une forteresse qui va devenir la ville marocaine la plus prisée par les Français [Marrakech, NDLR]."

Tout ce que j'avais inventé sur Zaynab, les gens le considéraient comme vrai. Au début je construisais mon argumentaire en disant 'Voilà ce qui est la réalité historique, et voilà ce que j'ai dû inventer'... et là je ne savais plus quoi dire, parce que tout ce que j'ai inventé est devenu vrai... Il y a même des gens qui trouvent son tombeau, alors qu'on ne sait pas du tout où elle a été enterrée.

A travers sa série de livres sur Zaynab, c'est une véritable épopée qu'elle construit, où les protagonistes voyagent de l'Andalousie jusqu'à Alexandrie, en passant par le Caire... l'écrivain s'est appuyée sur des cartes anciennes pour son travail d'écriture. Dans ce dernier volume, elle voulait notamment dénoncer l'intolérance d'un mouvement religieux, les Almohades, plus que "parler du Maroc d'aujourd'hui" ("Je ne sais pas si les gens qui lisent un livre comme ça font un raccord avec le présent."). Mais aussi souligner le fait que "le Sahara est important, que le Maghreb existe".

Tous ces personnages-là, que j'ai inventés sans les inventer, ils ont quand même tourné dans tout le pays, et ils couraient d'un endroit à l'autre, parce que ces gens n'avaient pas de voiture, pas d'avion, ils couraient sans arrêt, ils marchaient sans arrêt, et ils sont allés combattre...

A la fin de l'émission, Tewfik Hakem interroge Zakya Daoud, qui vécut les années de plomb et fut militante à l’époque d'Hassan II, sur l'évolution du pays : "La transition démographique fait que les problèmes vont être assez difficiles sur le plan social jusque 2012-2013, après ça devrait s'arranger." Mais aussi celle de Marrakech, où l'argent circule énormément, en passe de devenir exclusivement une ville touristique.

Il y a des questions démocratiques qui peuvent être posées par voie de presse, donc il y a une liberté d'expression, mais la démocratie exige plus que ça. C'est une transition si vous voulez.

  • "A plus d'un titre"
  • Première diffusion le 26/08/2008
  • Producteur : Tewfik Hakem
  • Réalisation : Malika Mezghach
  • Indexation web : Hélène Combis