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Zao Wou-Ki (1/5) : "Chaque couleur, chaque pinceau : il y a un effet dedans, il y a une nécessité, une explication"

Zao Wou-Ki pose le 06 novembre 2003 dans son atelier à Paris.
Zao Wou-Ki pose le 06 novembre 2003 dans son atelier à Paris.
© AFP - François Guillot

1986. Le peintre Zao Wou-Ki était l'invité de l'émission "Entretiens avec" en 1986 au cours d'une série de cinq entretiens intitulée "L'épopée de Zao Wou-Ki : Un peintre, deux cultures". Dans ce premier volet, il évoque sa Chine natale, ses apprentissages et sa volonté de sortir de la peinture chinoise.

Premier entretien d'une série de cinq émissions en compagnie du peintre d'origine chinoise Zao Wou-Ki. Il raconte son laborieux apprentissage au pinceau de la calligraphie dès l'âge de six ans qui se soldait souvent par "plein de noir sur la figure" mais il se dit aussi "enchanté" par cette discipline.

Entretiens avec Zao Wou-Ki (1/5) diffusé sur France Culture le 01/06/1986.

19 min

Zao Wou-Ki raconte son retour dans son ancienne école des Beaux-Arts de Hangzhou en 1983, école qu'il avait quittée dans les années 1940. Il explique avoir demandé à voir les œuvres des élèves : "J'ai vu les œuvres, j'étais très déçu et j'ai dit que c'était très mauvais. Pourquoi ? Vous n'avez pas de personnalité, tout le monde peint la même chose. Sans les signatures je pensais que c'était un seul peintre." Il déplore alors "les méthodes soviétiques" des professeurs d'art, la peinture chinoise socialiste "c'est une peinture sans intérêt" selon lui. C'est ainsi qu'il est resté un mois dans son ancienne école d'art plastique pour y donner des cours.

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Je dois rendre service à l'Ecole, c'est un peu mon devoir aussi. C'est symbolique. Et mon père m'a beaucoup aidé pour que je devienne peintre, alors vis-à-vis de mon père je trouve que j'ai un certain devoir à remplir aussi. Je suis quelqu'un de très moral.

Au sujet de la peinture chinoise d'inspiration soviétique, l'avis de Zao Wou-Ki est encore une fois sans appel.

Cette peinture sans invention, toujours copier, pour moi ce n'est pas la peinture. C'est comme réciter une leçon qu'on a apprise depuis 1949 jusqu'à maintenant et qui n'a pas changé.

Le peintre de l'abstrait s'explique sur son processus créatif :

J'ai essayé par tous les moyens de sortir, de ne pas faire une peinture comme tout le monde. Mon apprentissage a été de regarder la peinture des autres et de me dire que je ne ferai pas la même chose. C'est un peu mon intention.

  • "Entretiens avec" (1/5)
  • Première diffusion le 01/06/1986
  • Producteur : Alberte Grynpas N'Guyen
  • Réalisation : André Mathieu
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA - Radio France