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Zao Wou-Ki (4/5) : "Quand je peins, je ne pense jamais à la nature"

Assiettes peintes par Zao Wou-Ki exposées à Shanghai en octobre 2005.
Assiettes peintes par Zao Wou-Ki exposées à Shanghai en octobre 2005.
© AFP - Jiang Zhenxiong/ImagineChina

1986. Quatrième entretien avec le peintre Zao Wou-Ki qui raconte ici son aventure de la peinture vécue comme un corps à corps avec la toile, comme une histoire d'amour avec le pinceau et la couleur.

Le peintre Zao Wou-Ki livre un peu de son processus créatif dans cette série d'entretiens diffusés en 1986. Dans ce quatrième volet, il évoque le deuil de sa première femme et son retour à la création, peut-être grâce à sa pensée "un peu taoïste" :

C'est cruel de le dire, mais peut-être que le malheur ça vous apporte un nouveau souffle. Je crois que l'homme humainement est toujours paresseux. S'il n'y a pas quelque chose qui vous provoque, vous pousse ou vous blesse, alors l'homme reste toujours très las, facile. La vie devient trop facile. Peut-être que le drame, le malheur peuvent vous donner une impulsion de travail.

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Entretiens avec Zao Wou-Ki (4/5) diffusé sur France Culture le 22/06/1986.

19 min

Je trouve que la peinture c'est tout à fait physique, sur les grandes dimensions, c'est presque une bataille. On se bat tout le temps pour arriver. Au fond, dans la peinture actuelle, la peinture à l'huile ou l'encre de Chine, il y a un contact physique très important. Quand je fais une grande peinture, une grande surface, c'est très sensuel, c'est presque comme faire l'amour : on se donne beaucoup, on se projette complètement dedans. "Si c'est pas toi c'est moi", c'est un peu ça le contact de la toile avec le pinceau et la couleur.

Il lui semble, contre toute attente, que les grands formats sont plus près de "l'échelle humaine". "Le geste s'adapte mieux sur les grandes toiles, explique-t-il, sur les petites toiles on est vraiment obligé de limiter le geste." Cette implication du corps physique dans sa peinture l'interpelle d'ailleurs.

Depuis que je me suis cassé le coude, pendant un certain moment j'ai eu beaucoup de doutes sur ma capacité de travail. Je n'étais pas bien du tout. Heureusement ça ne s'est pas trop répercuté sur mon travail, maintenant je suis un peu rassuré.

  • "Entretiens avec" (4/5)
  • Première diffusion le 22/06/1986
  • Producteur : Alberte Grynpas N'Guyen
  • Réalisation : André Mathieu
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA - Radio France