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Zao Wou-Ki (5/5) : "Ma peinture, c'est un peu comme un journal pour moi"

Zao Wou-Ki dans son atelier en 1988.
Zao Wou-Ki dans son atelier en 1988.
© AFP - Ulf Andersen / Aurimages

1986. Cinquième et dernier entretien avec le peintre franco-chinois Zao Wou-Ki qui confie considérer sa peinture comme un mode de vie et accepte de nous expliquer ses méthodes de travail, son processus créatif toujours à la recherche de liberté.

Dans ce dernier entretien de la série "Entretiens avec" diffusée en 1986, Zao Wou-Ki raconte comment sa réflexion autour de la peinture a évolué avec les années. Au début sa peinture se résumait au "sujet" mais à partir de 1954, il explique avoir cherché à "faire autre chose avec des caractères archaïques mais inventés".

Pour moi, le sujet ne me suffit plus. Je trouve que la création picturale demande beaucoup plus que ça. C'est pourquoi j'ai abandonné petit à petit la figuration. Jusqu'en 1957 je donnais encore des titres, à partir de 1957 je trouve que les titres que je donnais étaient trop significatifs pour exprimer, pour expliquer quelque chose. Je trouve que ce n'est pas nécessaire. C'est pourquoi je donne une date seulement comme pour donner une carte d'identité.

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Entretiens avec Zao Wou-Ki (5/5) diffusé sur France Culture le 29/06/1986.

18 min

Au fond, ma peinture c'est un peu comme un journal pour moi. Ma vie a traversé pas mal d'histoires, pas mal de drames et ça a marqué mes tableaux.

Le peintre de l'abstrait explique que sa peinture n'aurait pas pu être la même s'il était resté en Chine. "Il y a une richesse de collections, beaucoup de contacts humains avec les autres artistes et en même temps on essaye de créer des choses différentes, explique Zao Wou-Ki, il y a une lutte et puis une complicité aussi. S'il n'y a pas ça, je crois que pour créer c'est très difficile." Il insiste sur les conditions essentielles de la création artistique : "La confrontation est nécessaire".

Dans l'atelier il n'y a jamais un tableau accroché, même pas une image... je ne veux pas de référence, rien. Le vide. A partir de là on peut essayer d'imaginer autre chose. Quand je travaille, il n'y a jamais d'esquisse, j'attaque directement le tableau. J'ai essayé une fois de travailler d'après une petite esquisse et c'était catastrophique. J'étais limité par des images déjà tracées. On perd la liberté.

  • "Entretiens avec" (5/5)
  • Première diffusion le 29/06/1986
  • Producteur : Alberte Grynpas N'Guyen
  • Réalisation : André Mathieu
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA - Radio France