Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale, le 7 février 2022 sur franceinfo. - FRANCEINFO / RADIO FRANCE
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Résumé

Le président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale s'interroge sur les motivations de Vladimir Poutine et se demande si le président russe ne veut pas "plutôt déstabiliser tout ce qui ressemble à une démocratie à ses portes."

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Si [la Russie envahit l'Ukraine](https://www.francetvinfo.fr/monde/russie/vladimir-poutine/crise-en-ukraine-que-peut-obtenir-emmanuel-macron-lors-de-son-tete-a-tete-avec-poutine_4947567.html), "nous reconstruirons une force européenne et occidentale", prédit lundi 7 février sur franceinfo le président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale Jean-Louis Bourlanges. "La situation n'avait pas été aussi tendue depuis une période qui date d'avant la guerre froide." Alors qu'Emmanuel Macron rencontre Vladimir Poutine lundi, le député MoDem estime que la désescalade peut être compliquée. "Tout dépend des objectifs" du président russe. "Veut-il des garanties de sécurité ou reconstituer l'URSS ?"

franceinfo : La guerre d'Ukraine aura-t-elle lieu ?

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Jean-Louis Bourlanges : Ce qui est certain, c'est que monsieur Poutine a affirmé depuis des mois des ambitions extrêmement importantes et qu'il y a mis les moyens en concentrant des forces militaires. La situation n'avait pas été aussi tendue depuis une période qui date d'avant la guerre froide, parce que je pense que pendant les années 80, il y avait une grammaire de la dissuasion, des usages, et chacun savait ce qu'il faisait. Aujourd'hui, nous parlons tous une langue inconnue.

Vladimir Poutine fait-il ce qu'il veut ?

Il fait ce qu'il veut, dans les limites où nous lui laissons le jeu. Mais c'est quand même très curieux parce que Poutine aurait intérêt à désarmer l'Otan et à amener les Européens et les Américains à se démobiliser. Or, c'est très exactement l'inverse qui se produit. L'Otan est sorti de la mort cérébrale. Des pays traditionnellement neutres comme la Suède et la Finlande envisagent désormais très sérieusement d'adhérer à l'Otan. Vladimir Poutine reconstitue un front hostile et un nationalisme ukrainien dont il n'avait absolument pas besoin.

Emmanuel Macron a-t-il une chance d'être entendu ?

Si monsieur Poutine veut une garantie de sécurité, on peut très bien veiller à ce que l'Ukraine n'entre pas dans l'Otan, à condition d'avoir des garanties multilatérales de l'autre côté. Mais est-ce que Poutine ne veut pas plutôt déstabiliser tout ce qui ressemble à une démocratie à ses portes parce qu'il craint la concurrence ? Ou alors ne veut-il pas tout simplement reconstituer tout ou partie de l'empire soviétique, de l'URSS, qu'il regrette ? Tout dépend de ses objectifs.

Que devrons-nous faire si les 100 000 soldats russes franchissent la frontière ukrainienne ?

Il y a très peu d'options militaires satisfaisantes. Nous n'avons pas d'accord de défense avec l'Ukraine. Nous prendrons évidemment des sanctions et nous reconstruirons une force européenne et occidentale face à la Russie, de manière à rééquilibrer les choses, mais ce n'est évidemment pas du tout satisfaisant. L'intérêt serait de s'engager les uns et les autres dans un grand accord de sécurité collective.

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