L'ancien ministre Philippe Douste-Blazy, le 18 mai 2016.  - THOMAS PADILLA / MAXPPP
L'ancien ministre Philippe Douste-Blazy, le 18 mai 2016.  - THOMAS PADILLA / MAXPPP
L'ancien ministre Philippe Douste-Blazy, le 18 mai 2016.  - THOMAS PADILLA / MAXPPP
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Résumé

L'ancien ministre se réjouit de "volonté de doter l'Europe de compétences très concrètes en matière de santé" affichée par Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel, lundi 18 mai.

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Après une [rencontre en visioconférence](https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/direct-deconfinement-150-000-collegiens-reprennent-les-cours-dans-les-departements-en-zone-verte_3969633.html), lundi 18 mai, entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, le président français a affiché la "volonté de doter l'Europe de compétences très concrètes en matière de santé. Avec des stocks communs de masques et de tests, des capacités d'achats communes et coordonnées pour les traitements et les vaccins".

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Invité sur franceinfo, Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la Santé, a affiché sa satisfaction après cette décision annoncée par le chef de l'État : "Là où on croyait que l'Union européenne allait être disloquée, elle en ressort ragaillardie, je suis un Européen convaincu. On ne peut rien faire sans le pilier franco-allemand, je pense que c'est un succès pour l'Europe", a-t-il indiqué.

Pour lui, "cette crise a montré notre perte de souveraineté européenne en termes de médicaments, je rappelle que 70% de nos médicaments, de nos principes actifs, sont fabriqués en Inde ou en Chine. Je suis ravi de cette décision ce soir", a martelé Philippe Douste-Blazy.

Développer "une thérapie accessible universelle"

L'ex-président d'Unitaid, a signé une tribune dans le Journal du Dimanche ce dimanche 17 mai pour demander à l'industrie pharmaceutique de s'engager formellement en faveur de la mise en commun des molécules et des brevets, "pour une thérapie accessible universelle" contre le Covid-19.

"Ce n'est pas une utopie, car il faut bien comprendre que si on n'arrive pas à permettre à tous les êtres humains y compris les plus pauvres, d'avoir traitements, vaccin et tests, on aura une deuxième voire une troisième vague, c'est donc une priorité mondiale", a-t-il insisté.

Il faut faire pour le Covid-19 ce que nous sommes arrivés à faire pour le sida, la tuberculose, c'est-à-dire demander aux laboratoires pharmaceutiques de vendre leurs produits, leurs médicaments, leurs vaccins à des prix donnés dans les pays riches, mais de diminuer ces prix de 95% pour les pays pauvres.

"Nous y sommes arrivés à Unitaid pour le sida, la tuberculose, le paludisme et l'hépatite. Il faut y arriver pour le Covid, c'est sur la table. Demain, les 195 pays du monde vont avoir à voter pour savoir si ces médicaments anti-Covid rentrent dans la communauté de brevets que j'ai réussi à imposer en 2009", a-t-il ajouté.

Un manque de solidarité

"Il ne s'agit de travailler dans la gratuité pour les pays qui peuvent payer, il s'agit tout simplement de considérer que tout être humain égale un autre être humain et que la santé mondiale c'est aussi important que la nourriture, que l'éducation, que l'assainissement ou l'électricité, c'est un bien public mondial, aujourd'hui, on manque de solidarité", assure Philippe Douste-Blazy.

"Cette crise a montré qu'on manquait de solidarité européenne, de solidarité internationale. La mondialisation de la communication s'est faite. La mondialisation de la solidarité ne s'est toujours pas faite. Si les plus pauvres continuent à avoir du Covid, vous comprenez bien qu'on ne va pas arrêter les avions pendant longtemps dans le monde, on va avoir un retour très dur", a-t-il prévenu.

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