Vue extérieure de la Sagrada familia, à Barcelone.
Vue extérieure de la Sagrada familia, à Barcelone.
Vue extérieure de la Sagrada familia, à Barcelone. - MIQUEL LLOP / NURPHOTO / AFP
Vue extérieure de la Sagrada familia, à Barcelone. - MIQUEL LLOP / NURPHOTO / AFP
Vue extérieure de la Sagrada familia, à Barcelone. - MIQUEL LLOP / NURPHOTO / AFP
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Résumé

Si la religion catholique a toujours eu une présence très forte dans l'histoire en Espagne, pourtant, la société ibérique est de moins en moins religieuse, selon un rapport publié récemment par la Fondation Francesc Ferrer i Guàrdia.

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Cela fait dix ans que la fondation Francesc Ferrer i Guàrdia, un think tank spécialisé dans l’éducation et les libertés civiles, analyse l’évolution de la société espagnole en matière de religion, à partir notamment des données fournies par les baromètres du Centre d’études sociologiques. Et les résultats sont édifiants : la religion catholique est en perte de vitesse en Espagne depuis de nombreuses années, comme l’explique Hungría Panadero, directrice de projets à la Fondation Ferrer i Guardia : "En 1978, 9% de la population espagnole se déclarait non religieuse, souligne-t-elle. En 2019, nous avions déjà 27% d’Espagnols qui se déclaraient non-croyants. Mais le nombre d’agnostiques et d’athées a augmenté de 10% en seulement deux ans, pour passer à 37% : la pandémie a entraîné une accélération du processus de sécularisation."

La pandémie n’a donc fait qu’accroître la perte progressive de l’importance de la religion dans la vie de la population dans ce pays. D’ailleurs, seuls 18,3% des Espagnols se déclarent désormais catholiques pratiquants. Quant aux mariages religieux, ils ont aussi drastiquement chuté en Espagne. En 2008, la moitié des mariages étaient civils, alors qu’ils représentent désormais neuf mariages sur dix. Des chiffres qui varient beaucoup d’une région à une autre. C’est en Catalogne, en Navarre, au Pays basque et aux Iles Baléares qu’il y a plus d’athées et agnostiques.

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Oui, mais ce sont surtout les jeunes entre 18 et 24 ans qui sont concernés. Actuellement 63,5% d’entre eux se disent agnostiques ou athées. Chez les moins de 34 ans, ils sont 56,2%, alors que seulement 21% des plus de 65 ans se disent non-croyants. Mais même dans cette tranche d’âge, la religion catholique est en perte de vitesse. Un sentiment que décrit Francisco. À 79 ans, il est de plus en plus sceptique : ”Dans le passé, j'ai été très catholique. J’allais à l’église tous les dimanches. Mais cela fait un certain temps que je doute de plus en plus, à cause de ce qui m’entoure : mes enfants ne vont pas à la messe, mes amis non plus, il y a eu les affaires de pédophilie dans l’Eglise, beaucoup de problèmes autour de nous, les guerres... et que fait Dieu? Ça fait 2 000 ans qu’on ne l’a pas vu ici !"

"Avec la pandémie, des milliers de personnes continuent de mourir, mais que fait Dieu ? Ce n’est pas que je sois devenu complètement athée, mais je suis un peu comme Saint Thomas, je m’interroge sur l’existence de Dieu."

En Espagne, l’Eglise doit faire face à une société en pleine mutation. Une sécularisation rapide est à l’oeuvre, comme en témoigne aussi la baisse du nombre d’élèves qui suivent les cours de religion à l’école. Malgré cela, l’Eglise catholique bénéficie toujours dans ce pays de privilèges uniques, notamment en matière fiscale.