Une affiche "Mélenchon Premier ministre" exhibée par un militant LFI, à Paris le 29 avril 2022
Une affiche "Mélenchon Premier ministre" exhibée par un militant LFI, à Paris le 29 avril 2022
Une affiche "Mélenchon Premier ministre" exhibée par un militant LFI, à Paris le 29 avril 2022 - THOMAS COEX / AFP
Une affiche "Mélenchon Premier ministre" exhibée par un militant LFI, à Paris le 29 avril 2022 - THOMAS COEX / AFP
Une affiche "Mélenchon Premier ministre" exhibée par un militant LFI, à Paris le 29 avril 2022 - THOMAS COEX / AFP
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Résumé

Un accord a été conclu la nuit dernière entre les Insoumis et les écologistes en vue des législatives, les discussions se poursuivent avec les socialistes et les communistes.

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Le but de cette alliance est de remporter une majorité à l’Assemblée nationale. C'est en tout cas ce que clame Jean-Luc Mélenchon : le Premier ministre, c’est lui ! C’est ce que disent les affiches "Mélenchon Premier ministre !" placardées par les Insoumis. Officiellement, il s’agit donc de porter le chef de file de LFI à Matignon et d’imposer une cohabitation à Emmanuel Macron. Pour autant, même si l’accord à gauche se conclut dans les prochaines heures, la victoire aux législatives est encore lointaine.

En réalité, ce n'est pas le principal objectif de la gauche. L'écologiste Julien Bayou a d'ailleurs vendu la mèche en expliquant que les Insoumis soumettaient à la discussion commune une liste de… 165 circonscriptions jugées gagnables. 165, c’est loin de la majorité de 289 sièges.

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Le vrai but de la gauche est double : d’abord survivre, ensuite, préparer la reconstruction. Survivre, c’est-à-dire ne pas disparaître de l’Assemblée. Or, avec la règle des 12,5 % d’inscrits nécessaire pour se qualifier, et la faible participation attendue (51% d'abstention il y a cinq ans), la gauche éclatée en trois ou quatre candidats risque de ne même pas être présente au second tour. Il faudra environ 25% des voix pour y parvenir. Et depuis l’instauration du quinquennat, le camp qui perd la présidentielle voit une bonne partie de ses électeurs se démobiliser. Il y a cinq ans, Mélenchon avait obtenu 19 % des voix à la présidentielle et les Insoumis seulement 11 % aux législatives.

La gauche veut surtout préparer la suite

C'est le véritable enjeu de la révolution copernicienne en cours à gauche. Mélenchon a affirmé son leadership à la présidentielle et contrairement à 2017, il veut cette fois transformer l’essai aux législatives. Pour la première fois depuis le début des années 70, la force la plus radicale s’apprête à prendre les commandes de la gauche.

Le problème, c’est que dans cette configuration, la gauche n’a jamais gagné les élections. En 1936 comme en 1981, 1997 ou 2012, à chaque victoire, elle était conduite par les réformistes, les socialistes. Quand les communistes dominaient, elle perdait. Dans toute l’Europe, la gauche radicale n’a gagné qu’une seule fois : ce fut Syriza en Grèce, en 2015. Et pour gouverner, le Premier ministre grec Tsipras a aussitôt abandonné sa menace de quitter l’euro, ce qui lui a valu d’être qualifié de "traître" par Jean-Luc Mélenchon. Ce n’est pas un hasard si cette fois encore, l’Europe apparaît comme le principal point de blocage des discussions, les socialistes récusant la "désobéissance" à l’Union prônée par les Insoumis

Références

L'équipe

Renaud Dély
Journaliste