Marine Le Pen au Pavillon d'Armenonville, dimanche 24 avril 20222, après l'annonce des résultats de la présidentielle.
Marine Le Pen au Pavillon d'Armenonville, dimanche 24 avril 20222, après l'annonce des résultats de la présidentielle.
Marine Le Pen au Pavillon d'Armenonville, dimanche 24 avril 20222, après l'annonce des résultats de la présidentielle. - THOMAS SAMSON / AFP
Marine Le Pen au Pavillon d'Armenonville, dimanche 24 avril 20222, après l'annonce des résultats de la présidentielle. - THOMAS SAMSON / AFP
Marine Le Pen au Pavillon d'Armenonville, dimanche 24 avril 20222, après l'annonce des résultats de la présidentielle. - THOMAS SAMSON / AFP
Publicité
Résumé

Marine Le Pen a estimé que son score au deuxième tour de la présidentielle est "une victoire éclatante". Elle échoue cependant une nouvelle fois, comme si la dernière marche était trop haute pour la candidate du Rassemblement national.

En savoir plus

L'extrême droite atteint donc son plus haut niveau historique, avec 41,46% au deuxième tour de la présidentielle 2022. Un score dans lequel Marine Le Pen a vu dimanche soir "une victoire éclatante". Une "victoire éclatante" qui ressemble quand même plutôt à une défaite étincelante, la troisième consécutive, et beaucoup plus nette que prévu. L'objectif de Marine Le Pen, c'était la victoire, bien sûr, ou, à défaut, la défaite la plus étroite possible. Rappelons qu'au soir du premier tour, certains sondages lui octroyait 48% d'intentions de vote. Elle finit donc beaucoup plus bas. En fait, Marine Le Pen n'a cessé de reculer pendant l'entre-deux-tours, avant comme après son débat télévisé raté.

>>  Présidentielle 2022 : suivez les réactions au lendemain de la réélection d'Emmanuel Macron

Publicité

A mesure que le scrutin approchait, les reports de voix des électeurs, des candidats éliminés du premier tour –et sans doute d'abord ceux des insoumis– se sont améliorés pour Emmanuel Macron. Comme si, finalement le barrage contre l'extrême droite se mettait en place presque naturellement. Comment l'expliquer? D'abord, Marine Le Pen n'était plus protégée par le paratonnerre Zemmour. Elle avait jusque-là mené la campagne la plus dépolitisée, la plus inoffensive possible, pour se grimer en candidate des chats et du pouvoir d'achat. Au lendemain du premier tour, elle s'est retrouvée en première ligne. Et le caractère d'extrême droite de son projet sur l'immigration, l'Europe, l'alliance avec la Russie de Vladimir Poutine ou encore les libertés publiques, est réapparu au grand jour.

Un nom comme un repoussoir

Et puis le nom même de Le Pen a agi encore une fois comme un repoussoir. La candidate avait essayé de le cacher tout au long de sa campagne. Sur ses tracts, ses affiches, sa profession de foi, dans ses meetings, il n'était plus question que de Marine. D'ailleurs, depuis des années, elle change les mots pour "ripoliner" la façade de son parti. Le Front national, est devenu Rassemblement national. La préférence nationale est devenue priorité nationale. Mais Le Pen est restée Le Pen. Et ce nom, qui figure sur ses bulletins de vote, continue de la plomber dans l'isoloir.

Dès dimanche soir, Marine Le Pen a annoncé qu'elle allait continuer le combat politique. C'est sans doute d'ailleurs une façon de couper l'herbe sous le pied de ceux qui, comme en 2017, seraient tentés de contester son autorité. Mais il faut dire aussi que la plupart l'ont déjà quittée pour Éric Zemmour. Bien sûr, l'extrême droite est forte, très forte, et Marine Le Pen a gagné huit points en cinq ans. Mais il est sans doute plus facile de passer de 33 à 41% des voix que de 49 à 51%. Et on peut douter que le nom de Le Pen, battu hier pour la huitième fois à la présidentielle en 48 ans, permette un jour de franchir ce seuil.

Références

L'équipe

Renaud Dély
Journaliste