La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, en campagne pour les élections législatives à Hénin-Beaumont (Hauts-de-France) le 8 mai 2022
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, en campagne pour les élections législatives à Hénin-Beaumont (Hauts-de-France) le 8 mai 2022
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, en campagne pour les élections législatives à Hénin-Beaumont (Hauts-de-France) le 8 mai 2022 - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, en campagne pour les élections législatives à Hénin-Beaumont (Hauts-de-France) le 8 mai 2022 - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, en campagne pour les élections législatives à Hénin-Beaumont (Hauts-de-France) le 8 mai 2022 - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
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Résumé

Absente depuis sa défaite à l'élection présidentielle, Marine Le Pen est sortie du silence mardi 10 mai sur TF1 pour lancer la campagne des législatives du Rassemblement national.

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Avec un message : la première opposante, c’est moi ! Pas question de se laisser déposséder de son statut de challenger officiel d’Emmanuel Macron. Pour le conforter, Marine Le Pen accuse Jean-Luc Mélenchon d’avoir fait réélire le chef de l’Etat en répétant : "Pas une voix pour l’extrême droite !" Mais le problème, c’est que depuis deux semaines, l’Insoumis occupe le devant de la scène et répète avec assurance qu’il sera Premier ministre. Hier, il a même affirmé qu’Emmanuel Macron va désigner en cette fin de semaine son "prédécesseur" à Matignon, puisque les Français vont l’élire, lui, chef du gouvernement en juin, aux législatives. C'est en tout cas son objectif.

La logique des institutions veut que le chef de l’Etat dispose d’une majorité à l’Assemblée, dit-elle. C’est le cas à chaque fois, depuis vingt ans qu’avec le quinquennat les législatives suivent la présidentielle. Et il est vrai que les sondages laissent peu d’espoir à la gauche. Le rapport de forces penche nettement en faveur d’Emmanuel Macron. Marine Le Pen prétend donc "dire la vérité aux Français" et faire campagne pour incarner la principale opposition au chef de l’Etat.

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Stratégie à risques

C'est une stratégie risquée parce que ce défaitisme peut démobiliser un peu plus ses électeurs. Il y a cinq ans, les candidats du Front National avaient perdu huit points par rapport au score de leur cheffe à la présidentielle, 13 % contre 21 %.

Le véritable objectif de Marine Le Pen est, d’abord, d'obtenir un groupe. Il lui faut 15 députés, elle n’en avait fait élire que huit il y a cinq ans. Et cela fait 34 ans que l’extrême droite n’a plus de groupe à l’Assemblée Nationale, depuis la suppression du mode de scrutin proportionnel en 1988. Son autre objectif est d’écraser Eric Zemmour et ses troupes. Pas question de laisser survivre une concurrence potentielle qui lui a fait tellement peur au début de la campagne présidentielle. D’où le refus de toute main tendue aux candidats de Reconquête.

La défaite au second tour de la présidentielle a été bien plus lourde que prévu. Marine le Pen visait au moins 45 % des voix, elle n’en a recueilli que 41 %. Mais contrairement à 2017, elle ne craint pas de contestation interne car elle a déjà fait le ménage au sein du RN. C’est à l’extérieur qu’il faut éteindre toute rébellion potentielle. Pour envisager, pourquoi pas, une quatrième candidature à l’Elysée dans cinq ans. Après tout, le record familial détenu par son père, cinq candidatures, n’est plus si loin…

Références

L'équipe

Renaud Dély
Journaliste