Emmanuel Macron en campagne pour sa réélection, le 16 avril 2022 à Marseille.
Emmanuel Macron en campagne pour sa réélection, le 16 avril 2022 à Marseille.
Emmanuel Macron en campagne pour sa réélection, le 16 avril 2022 à Marseille. - LUDOVIC MARIN / AFP
Emmanuel Macron en campagne pour sa réélection, le 16 avril 2022 à Marseille. - LUDOVIC MARIN / AFP
Emmanuel Macron en campagne pour sa réélection, le 16 avril 2022 à Marseille. - LUDOVIC MARIN / AFP
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Résumé

Mise en garde des syndicats, tensions dans la majorité et nouvelle escalade entre la Russie et l’Europe : l'état de grâce n'aura même pas bénéficié quelques heures au président réélu. L'édito de Neïla Latrous.

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Le président réélu Emmanuel Macron n’aura pas même quelques heures bénéficié de l’état de grâce qui suit traditionnellement une élection. Dès le soir du second tour, dimanche, les oppositions lançaient la bataille pour les législatives, un peu comme si les deux rendez-vous du 10 et du 24 avril n’étaient qu’une étape parmi d’autres. La réélection d’Emmanuel Macron ? "Vu", comme disent les jeunes.

Et les oppositions ne sont pas seules responsables de ce drôle de climat politique. Le président sortant semble avoir lui-même acté une victoire sans gloire avec, dimanche soir, cette cérémonie un peu "triste" au pied de la Tour Eiffel, selon le terme de l’un de ses proches. La fête discrète ensuite, presque honteuse au QG d’En Marche où Emmanuel Macron a fini par passer mardi soir pour remercier ses équipes après 48 heures de huis clos à la résidence de La Lanterne, près de Versailles. Enfin, huis clos, pas tout à fait. Puisque l’on apprend que le chef de l’Etat a aussi déjeuné avec son entourage politique mardi, pour peaufiner son exécutif et sa future majorité, au risque de donner l’impression, depuis dimanche, de parler davantage aux siens qu’à la France.

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S'extraire de son camp

Le président doit reparler à la France et même plus, repartir en campagne. Au regard des failles accentuées et non pas résorbées par la présidentielle, rien de pire que de donner l’impression d’un "avec vous" – son slogan des dernières semaines – qui se transforme en "entre nous".

Une erreur fondamentale qu’il n’est pas le seul à commettre, soyons juste. La gauche ne se parle qu’à elle-même, dans cette quête d’une union hier impossible, aujourd’hui réalisable – quel miracle ! Pas mieux à droite, où les discussions de boutique sont d’un coup plus urgentes que le péril civilisationnel ou l’identité française menacée, qui étaient hier encore de toutes les prises de parole.

Emmanuel Macron, c’est vrai, n’est pas le seul à risquer de renouer avec l’entre soi. Mais sa responsabilité à lui est toute autre. Réélu au terme d’une campagne qui n’a pas réenchanté le rêve français, qui n’a pas purgé les "passions tristes" qu’il aime tant évoquer, lui a, plus que d’autres, le devoir de s’extraire de son camp, pour répondre à cette nation nerveuse, en colère, attentiste, résignée, et parfois tout cela à la fois.

Le président se rend mercredi 27 avril à Cergy, dans le Val-d’Oise, pour rencontrer des habitants, des commerçants et de jeunes entrepreneurs. C’est malin, et c’est l’un des signes qu’Emmanuel Macron a compris qu’il fallait agir vite. Le Val-d’Oise, c’est un département où l’abstention a été plus forte qu’au niveau national, 32,5%. Le défi maintenant, c’est la constance. Et c’est tout le paradoxe pour un président qui ne pourra pas concourir à un troisième mandat : les cinq années à venir, pour être utiles, devront être celles de la campagne permanente.

Références

L'équipe

Renaud Dély
Journaliste