Pascal Saint-Amans était l'invité éco du lundi 20 janvier 2020 (capture écran). - FRANCEINFO / RADIOFRANCE
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Résumé

Au sommet de Davos, les négociations vont être tendues. France et États-Unis s'opposent sur la création d'une taxe numérique mondiale. Pour Pascal Saint-Amans, l'artisan de cette taxe à l'OCDE, un compromis est la seule solution.

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Mercredi 22 janvier, la France et les États-Unis ont rendez-vous au sommet de Davos. Au cœur de cette rencontre, un sujet sensible : une taxation mondiale du numérique. La France plaide pour une solution internationale. Les États-Unis traînent des pieds, et menacent Paris de rétorsions commerciales.

Pascal Saint-Amans est le "monsieur fiscalité" de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économique. Il est l’artisan de cette taxation au niveau mondial. Il espère un accord entre les deux pays : "Il faut trouver, dit-il, un compromis pour que tout le monde y gagne". Et il veut y croire : "Ç__a va passer par des turbulences, comme en avion. Mais je pense qu’il n’y aura pas de crash."

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La menace d'une guerre commerciale

Selon Pascal Saint-Amans, "la France a envie d’apaisement". Mais est-elle prête à reculer ? Pour le responsable de l’OCDE, la seule solution est un accord multilatéral, sur une base simple : "P__ermettre à un pays de taxer une entreprise même si elle n’y est pas présente physiquement. Et donner plus de profits au pays où l’entreprise fait des profits sans y être présente physiquement (…) Il faut que les pays se répartissent mieux les droits d’imposer les profits de ces entreprises multinationales au niveau mondial".

Si on n’a pas d’accord, c’est pire, et pour tout le monde, parce que c’est une guerre commerciale, et c’est ça l’enjeu

En attendant, les États-Unis continuent de combattre la taxe numérique instaurée en France en 2019. Donald Trump menace de surtaxer des produits français emblématiques notamment le champagne, les sacs en cuir ou le roquefort. Et ce, pour un montant important de plus de deux milliards de dollars.

Mais que veulent-ils vraiment ? Selon Pascal Saint-Amans, ils "disent des choses qui sont parfois un peu contradictoires". Washington, estime-t-il est favorable à un accord, mais "maintenant que la discussion est bien avancée, il y a de la nervosité. Des entreprises aux États-Unis disent qu’elles ne sont plus très sûres de vouloir un accord. Cette nervosité est assez logique à la veille de progrès qui pourraient être significatifs".

Le responsable de l’OCDE est convaincu que "même le président Trump n’a pas intérêt à une guerre commerciale. C’est une année d’élection aux États-Unis."