Les négociateurs américaine (g.) et russe (d.) à Genève pour discuter de sécurité européenne ©AFP - Alexey Vitvitsky / Sputnik
Les négociateurs américaine (g.) et russe (d.) à Genève pour discuter de sécurité européenne ©AFP - Alexey Vitvitsky / Sputnik
Les négociateurs américaine (g.) et russe (d.) à Genève pour discuter de sécurité européenne ©AFP - Alexey Vitvitsky / Sputnik
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Résumé

Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg prévient que l'Ukraine a le droit de se défendre et que si la Russie décide de recourir à la force, elle devra en payer le prix.

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Une déclaration faite lundi matin au moment où s'ouvraient à Genève les pourparlers directs entre les Etats-Unis et la Russie à propos de l'Ukraine a fait mouche :

L'Ukraine a le droit de se défendre et si la Russie décide de recourir à la force, elle devra en payer un coût important

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Des discussions dans un climat tendu par les déclarations agressives qui se sont multipliées ces dernières heures.

Autour de la table des négociations : les vice-ministres des Affaires étrangères des deux super-puissances.

Le négociateur russe évoque des discussions "compliquées"

D'abord parce que les exigences des uns et des autres sont clairement incompatibles.

Pour résumer, Moscou présente trois demandes :

- La signature d'un traité interdisant à l'Ukraine de devenir membre de l'OTAN

- L'arrêt des livraisons d'armes et de matériel fournis par les Etats-Unis à l'armée ukrainienne

- Le retrait des militaires américains stationnés dans les pays les plus à l'est de l'Alliance atlantique

Sur ce dernier point, les quelque milliers de soldats envoyés ces dernières années par Washington dans les pays baltes par exemple ne représentent rien en comparaison des 100 000 hommes regroupés à la frontière ukrainienne par Vladimir Poutine.

Les Etats-Unis ne peuvent évidemment céder sur aucun de ces sujets car ce serait envoyer un signal de faiblesse à la Russie qui s'empresserait de formuler d'autres exigences.

Cet engrenage est souvent vérifié dans l'histoire des relations internationales avec des régimes autoritaires.

Les Américains demandent que la Russie cesse de menacer l'intégrité territoriale de l'Ukraine et surtout Washington veut mettre sur la table la question des missiles pointés de part et d'autre en Europe.

La situation sur la ligne de front à l'est de l'Ukraine est potentiellement explosive

Mais les Ukrainiens eux-mêmes et les Européens impliqués ces dernières années dans la résolution de la crise sont laissés de côté.

Ni la réunion OTAN-Russie prévue mercredi à Bruxelles/ ni celle de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe jeudi à Vienne/ ne donneront voix au chapitre à l'Union Européenne en tant que telle.

Même si de nombreux pays européens appartiennent à la fois à l'une et l'autre organisation.

Cette façon de contourner les 27 est déjà un succès diplomatique pour Vladimir Poutine qui (il est vrai) n'a pas eu besoin d'insister beaucoup auprès de Joe Biden pour marginaliser les Européens.

Washington comme Moscou était demandeur d'un dialogue direct/ sans la France ni l'Allemagne pourtant très impliqués dans ce dossier.

Quant aux Ukrainiens/ les principaux intéressés/ tout se passe comme si ils s'en remettaient entièrement aux Etats-Unis pour défendre leurs intérêts vitaux.

Sans doute n'avaient-ils pas le choix.

La suite des évènements dira si l'Ukraine a raison de faire confiance à Washington/ qui reste ambigu sur le soutien militaire apporté aux Ukrainiens en cas d'invasion russe.

Le premier round de négociations russo-américaines à Genève sera suivi mercredi par une réunion Russie-Otan à Bruxelles.

Références

L'équipe

Bertrand Gallicher
Journaliste