Un élevage de poussins à Tennie (Sarthe). - VINCENT ISORE / MAXPPP
Un élevage de poussins à Tennie (Sarthe). - VINCENT ISORE / MAXPPP
Un élevage de poussins à Tennie (Sarthe). - VINCENT ISORE / MAXPPP
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Résumé

Le gouvernement laisse aux élevages jusqu'à fin 2022 pour changer leurs pratiques.

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À partir de ce mercredi 1er juin, les éleveurs de poussins doivent prouver qu’ils ont commencé à installer des machines pour détecter le sexe des poussins à naitre à travers la coquille d’œuf. Ils ont jusqu'à la fin de l’année pour réaliser les travaux.

L’objectif est d’en finir avec le broyage des poussins d’ici fin 2022 car jusqu’ici 50 millions de poussins mâles étaient éliminés chaque année, après leur naissance. Éliminés parce que dans les filières de production d'œufs, il faut des poules, des pondeuses, uniquement des femelles donc. "C’est un surcoût de 46 millions d’euros par an pour la filière", rappelle Maxime Chaumet, secrétaire général du comité national pour la production de l'œuf  "mais les professionnels sont en bonne voie pour tenir le calendrier." 
 
Il existe plusieurs techniques pour détecter le sexe du poussin à travers la coquille :
soit on prélève l'équivalent du liquide amniotique dans l'œuf, pour doser les hormones ou les métabolites mais ce n’est pas la méthode privilégiée, car il faut faire un petit trou dans la coquille,ce qui fragilise l'œuf. Soit on utilise des machines plus sophistiquées, qui gardent la coquille intacte et dans ce cas c’est
soit une analyse par IRM (Imagerie par résonance magnétique) soit un faisceau lumineux capable de détecter à partir du 13e jour, les différences de début de coloration des plumes, qui permettent de distinguer les mâles des femelles. C’est cette technologie AAT, dite de lumière hyperspectrale, qui est majoritairement choisie en France, pour des raisons de fiabilité.

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Soit de la viande, soit des œufs

Il n’est pas possible de garder les mâles pour la viande et les femelles pour pondre des œufs. Sur le papier, ça semble être la solution la plus logique et c’est un argument souvent avancé par les associations de défense du bien être animal.
Les scientifiques étudient cette possibilité, mais pour cela il faudrait créer une nouvelle souche de poule permettant à la fois la production d'œufs de qualité par les femelles, et la production de viande de qualité par les mâles.

Or, aujourd’hui, il n’existe pas de souche de poule mixte permettant pas d’avoir les deux en même temps. C’est soit de la viande, soit des œufs, explique Joël Gautron, directeur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). Cette possibilité reste donc ouverte, mais elle n’est pas envisageable en l'état actuel de la recherche.

Références

L'équipe

Anne Le Gall
Production