Un faux filet de boeuf dans une boucherie.
Un faux filet de boeuf dans une boucherie. - JEAN-FRANCOIS FREY / MAXPPP
Un faux filet de boeuf dans une boucherie. - JEAN-FRANCOIS FREY / MAXPPP
Un faux filet de boeuf dans une boucherie. - JEAN-FRANCOIS FREY / MAXPPP
Publicité

La pratique était déjà interdite en Europe, mais pas pour la viande importée.

À partir de vendredi 22 avril, fini la viande produite avec des antibiotiques de croissance dans notre pays. On ne parle pas ici d’antibiotiques pour soigner mais d’antibiotiques qui sont utilisés dans les trois quarts des pays du monde pour favoriser la croissance des animaux d’élevage. Protégés par ces traitements contre les bactéries, ces volailles, bovin, porc, agneau, d’élevage dépensent moins d’énergie pour lutter contre les infections, explique Jean-Yves Madec, directeur scientifique antibio résistance à l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, l'Anses, ce qui leur permet de grossir plus vite.

Cette pratique est contestée : elle est d’ailleurs déjà interdite dans l'Union européenne depuis 2006. Les éleveurs français et européens n’utilisent déjà plus ces antibiotiques de croissance. L’importation de viande élevée avec cette méthode se poursuivait, ce qui créait une distorsion de concurrence et de qualité entre les élevages européens et les autres. Le problème surtout, c’est qu’utiliser des antibiotiques pour des animaux qui ne sont pas malades est un non sens environnemental.

Publicité

Lutter contre l'antibiorésistance

Ces antibiotiques de croissance sont néfastes parce que cela contribue à l’émergence d'antibiorésistance : plus on utilise d’antibiotiques, plus les bactéries  s’adaptent et mutent génétiquement pour survivre. Cela crée des générations de bactéries plus résistantes, et le risque est que l’on se retrouve à terme avec des traitements inefficaces face à certaines infections. Car l’armoire à pharmacie n’est pas illimitée. Il faut faire avec les traitements qui existent sur le marché et les innovations ne sont pas si fréquentes : en médecine vétérinaire, les traitements antibiotiques de dernière génération datent du début des années 2000. Ils ont déjà 20 ans.

En médecine humaine, c’est la même chose. Quand on répète que les antibiotiques ce n’est pas automatique c’est aussi pour préserver l’efficacité de nos médicaments
car avec des traitements moins performants, on risque de pouvoir moins bien soigner de maladies bactériennes, que l’on soignait jusqu’ici comme des pneumonies ou la tuberculose.  L’antibiorésistance pèse déjà très lourd. Les autorités européennes estiment que 25 000 personnes meurent chaque année en Europe à cause de ses conséquences. Depuis 2010 cette consommation d'antibiotiques en médecine humaine a tendance à baisser en France mais elle reste supérieure d’un tiers à celle de nos voisins européens.

L'équipe

Anne Le Gall
Production