Urinoirs mis en place par Fabien Esculier et le programme OCAPI, à l'École des Ponts ParisTech de Marne-la-Vallée, le 8 octobre 2019. - JULIE OLAGNOL / MAXPPP
Urinoirs mis en place par Fabien Esculier et le programme OCAPI, à l'École des Ponts ParisTech de Marne-la-Vallée, le 8 octobre 2019. - JULIE OLAGNOL / MAXPPP
Urinoirs mis en place par Fabien Esculier et le programme OCAPI, à l'École des Ponts ParisTech de Marne-la-Vallée, le 8 octobre 2019. - JULIE OLAGNOL / MAXPPP
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Résumé

Des chercheurs et des entreprises ont trouvé le moyen de récupérer l'urine pour en faire un engrais naturel. Une découverte pleine de promesses alors que le prix des fertilisants explose.

En savoir plus

La guerre en Ukraine a aussi des conséquences pour nos agriculteurs, le prix des engrais explose car on les importe en grande partie de la Russie. Or, il existe une alternative pour fertiliser nos semis : l'urine humaine, qui commence tout juste à être utilisée comme engrais naturel.

Contrairement aux idées reçues, notre urine contient plein de nutriments : de l'azote, du phosphore, du potassium. C'est le trio gagnant pour nourrir les plantes. Des nutriments et des minéraux que l'on ingère en mangeant et que l'on rejette en grande partie dans notre urine. Des chercheurs et des entreprises innovantes ont trouvé le moyen de récupérer le précieux liquide pour en faire un engrais naturel. Ce qui a l'énorme avantage de ne pas polluer les sols, contrairement aux engrais chimiques, et d’économiser l'eau potable et les cours d'eau pollués par nos déjections. Autre atout, l'urine est inépuisable et à portée de toilettes.

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Des urinoirs expérimentaux en France

Les contraintes techniques ne sont pas énormes, il existe déjà plusieurs modèles de toilettes avec une sorte de passoire ou un tapis mécanique à l'intérieur de la cuvette qui permettent de récupérer l’urine, souvent ce sont des toilettes sèches dans des cabines que l'on peut déplacer. On en trouve à Montpellier, Lyon ou à Paris. C'est encore expérimental, mais ça fonctionne. Sur certains modèles testés à Toulouse lors d'un festival, il fallait s'assoir pour faire pipi, les hommes ont eu un peu de mal à s'y faire. À Paris, ce sont des urinoirs qui ont été installés, là, on évite ce type de réticences. Il y aussi des cabines mixtes ou des urinoirs uniquement féminins comme à Lyon.

Une fois récoltée, il faut transformer l'urine pour éviter de transporter des hectolitres jusqu'aux champs à fertiliser, ce qui coûterait très cher. Une entreprise girondine, Toopi Organics a ajouté des bactéries à l'urine pour décupler ses pouvoirs fertilisants, cela donne une sorte de concentré ultra-puissant que les cultivateurs n'ont qu'à diluer sur place. Le coût du produit fini est imbattable : 30 centimes le litre d'engrais.

Une pratique ancienne

L'utilisation de l'urine pour fertiliser les sols remonte à l'antiquité romaine. Au début du 20e siècle, cet engrais naturel et économique était déjà utilisée en France. Aujourd’hui, si on arrivait à collecter les urines de tous les habitants de la région parisienne pour fertiliser du blé, on pourrait produire 25 millions de baguettes de pain par jour ! C'est Fabien Esculier ingénieur, coordinateur du programme de recherche OCAPI qui a fait ce calcul, il sont de plus en plus nombreux comme lui, chercheurs, responsables de collectivités, entrepreneurs à promouvoir l’urine comme engrais naturel.

Références

L'équipe

Anne Le Gall
Production